Amalia respire profondémment

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je ne vais pas parler cigare.

Je vais faire la promotion d’une artiste que j’ai vu en représentation hier soir et qui m’a ému.

Cette pièce ‘Amalia respire profondémment’, est un monologue, avec une mise en scène minimaliste, et dont le thème principal est la vie d’une enfant, au début, et son évolution dans la roumanie communiste.

Le sujet peut sembler de prime abord manquer de légèreté, être grave, voir indigeste : après tout, dans nos pays de confort, bien peu d’entre nous s’intéressent à la souffrance d’autrui.

C’est avec une classe incroyable que l’actrice nous transporte dans un voyage fait d’émotions. On se voudrait protecteur pour la petite Amalia, puis tour à tour complice, défenseur, médecin, compagnon.

Chaque partie de cette pièce qui représentent une partie de la vie d’Amalia traite des sujets pourtant graves, et malheureusement vrais mais avec une finesse inouïe.

On rit, on veut pleurer, on se sent touché, et on ne sort pas indemne. Derrière la candeur de l’enfant ou l’ivresse de la mère, un humour léger et de bon ton présente parfois l’horreur, souvent l’absurdité.

C’est un moment fort, servi par une actrice investie.
Alors vous fumerez après, ou avant, mais allez-y !

CAO – La Traviata

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Je suis dans ma période de relecture intense de l’oeuvre de Saser-Masoch, et comme je suis interpellé par la recherche quasi morbide de la souffrance comme chemin au plaisir ultime qu’est arrivée une idée (stupide) : peut-être qu’en fumant un mélange de ce que j’aime de moins en moins, je trouverai le plaisir ultime du cigare ou alors je serai plongé dans une mélancolie que même un sport largos r&j pourrait guérir.

Bref, j’ai choisi de me transformer en fumeur de cigare croisé libriste alsaco, sauf que j’ai pas le toscano monté en série (faut quand même pas déconner !)
J’ai extirpé de mon humidaube ce cigare à la bague odieuse, ou plutôt j’ai extirpé un cigare emballé sous cellophane, comme si le contact des doigts poisseux des vendeurs était pire que celui des torcedors, ou alors qu’un flip flap nettoyé à l’anti fongique.
Déjà, rien que ça, ce cellophane, espèce de préservatif protégeant des moments de plaisirs transmissibles me dérange.

Bref.

Le cigare est assez banal, pas super beau, mais correct. Faut dire à sa décharge que je l’ai jeté dans la cave après achat il y a facilement plus d’un an et que l’envie ne m’a jamais saisi. Pire, pour être honnête, du jour où je l’ai acheté, je m’attendais à ce qu’il rejoigne ce stock d’infumables, composé de faux, des cadeaux des copains qui ont un copain qui, de camacho et mis à distance respectable des caves et armoires. Rien qu’à l’odeur (du tabac brun) je sens que je suis sur le fils caché du cortes et de la goldo.
Aujourd’hui, je me rends compte que dans ces goût qui peuvent sembler un peu obtus, finalement, il y a du bon sens. Ce cigare a le goût du tabac brun, pas une once de finesse, et force est de dire qu’il ne donne guère envie d’y passer du temps ou du plaisir. Cela aurait pu être magnifique : un cigare par un temps agréable, dehors après la pluie.
Non, il me laisse dans la bouche ces relents de tabac que j’ai connu dans ma période de fumeur de clopes, un goût qui hésite entre le terreux et le tabac brun, proche de l’Aja 17 fort. (Les connaisseurs comprendront)

Ils ont fait apparemment plusieurs modules, et c’est pas cher. En même temps, à ce tarif là, je connais des Por Laranaga bien meilleurs. Et plutôt que de se tartiner du casse noisette, autant aller chercher un peu de pain d’épice et de torréfié dans des vrais bons cigares. Un super partagas, un monte carlo, un majestic, un palma….

Probablement des plus indulgents le diront « sans prétention », « bon rapport qualité prix ». Ils peuvent et ce serait vrai. De là à dire qu’il est bon, ils ne peuvent pas : ce n’est pas vrai.

Disons que vu le prix, on a juste moins de remords de l’abandonner.  

Sur ce, je pars dans un fumoir me réconcilier avec l’alcool et le cigare !