Cigare

Cohiba Double-Corona – you know nothing Vitologist

On dit que Robin des bois est généreux. Il prend aux riches pour donner aux pauvres. Mwais… Je préfère son guide spirituel, Frère Tuck. Un frère, non pas au sens bigot, un Frère de passion, un Frère d’arme, un Frère qui partage sa spiritualité tout en fumée bleue. Il prend dans son cœur et vous enrichit.

Ce Frère, il n’embaume pas sa chapelle d’encens, mais exhale des volutes(.co) de partage partout où il va. Frère Tuck, c’est la bonne nouvelle du cigare.

Chez lui, le Saint-Esprit porte un autre nom : « Shââbeat ». Le Shââbeat n’est pas flamme mais terre, et il vous bénit par son embrasement.

 

La compréhension du Shââbeat se fait en plusieurs étapes. Le premier obus vous viole la mâchoire, il n’a pas de nom. C’est l’outrance révélée. Le second vous berce d’une douceur maravilleuse et sans fin. Ensuite ils sont tantôt O’reilly, reilly, REILLY good, tantôt bien plus que du vulgaire siglo six.

Le Shââbeat ne porte pas d’icônes. Il est nu, entier et seul l’esprit peut comprendre sa vraie nature. Le Shââbeat se vit.

 

Je dis souvent qu’il ne suffit pas d’être obscur pour être profond. Pourtant là ça marche. Un Frère laisse la vérité se dévoiler d’un voile obscur d’ignorance vers la compréhension ultime. Du meilleur de ce qu’apporte la terre pour le bien de l’esprit.

 

Là j’ai dégusté le Zohar. Celui dont on connaît l’existence dès le début, mais qu’on aborde qu’à la fin. Ce n’est pas le premier, c’est le numéro Zéro. Et quel Zéro ! LE dernier Zéro du Frère. Un Zéro promis alors que je ne l’avais même pas encore rencontré le Frère. Un Zéro ressurgit, d’une promesse lointaine mais qui m’attendait toujours.

Et il reposa sur mes étagères encore plus de deux années avant que je ne l’aborde.

Sans titre

 

A cru c’est déjà riche. Subtiles épices, miel fleuri et cacao ; je jubile. Calmons-toi. J’ai trop fumé ces derniers temps, là je veux m’empreindre, me graver, me tatouer de ce Graal.

19h28.

Démarrage et pas des moindres : toujours un monstre de puissance – WOOOW ! On commence par la fin d’un lusi enchaîné au divin d’un Siglo 4. je ne vous parle pas du tirage qui est juste d’une précision suisse.

Putain ! J’avais oublié ce que c’est de déguster. Je fume, beaucoup, j’apprécie, beaucoup, mais je ne déguste plus comme le Cigare le mérite. Être seul, prendre une feuille et y coucher la lettre des volutes.

Et ça se déroule : étable, sucre, violette et poivre gris. C’est un Cohiba pour sûr. On est dès l’entame dans le must de chez siglo. Pas dans le medio tempo du BHK, pas dans la fougue du Piramides, ni dans le jardin d’un Lancero. Simplement, limidement, jubilatoirement tout ce que j’aime chez Siglo. Les épaisses volutes bleues respirent le caramel. La cendre blanche est pourvue de stries mesurées et alignées par Monk lui-même.

Ah tient, 1cm. Et je retrouve un peu de la subtilité du Lancero. Quelques onces de verdure sur un lit de miel.

Better than living up to my expectation, it outruns them!

Le pied sent le chocolat chaud. Ces instants font naître en moi une envie d’éternité, d’everlasting pure pleasure and plénitude.

Ouep j’écris franglais. N’en déplaise à ceux pour qui ça fait kéké, cette symphonie aromatique n’a aussi peu de sens que la cohérence de mon texte ! C’est dingue comme écrire peut transcender l’expérience de dégustation. J’ai juste envie de profiter et pourtant je sens que cette exégèse participe à ce Nirvana.

Finalement je ne suis pas seul. Je fume avec une plume. Je fume avec une plume et son encre fume avec vous.

Je n’ose même pas le dégazer. Je veux tout savoir de lui, dans sa vérité la plus nue. je.ne  l’accompagne d’ailleurs que d’un thé glacé, sans sucre et sans ajout d’arômes. Un maté. Living a once in a lifetime experiment to the fullest.

Il tapisse généreusement le palais et au crépuscule du foin, un besoin de puissance se fait sentir.

Je passe alors à une rétro totale : tout par le nez. Là je l’ai ma puissance ! Ce cigare exige d’un savoir fumer : lentement et dans la variation des canaux de perception. J’ai bien fait d’attendre apprendre.

Bouche – après-bouche – nez par rétro – nez et fumée au pied – nez et fumée ambiante avec bouche – … Autant de tics inconscients que je redécouvre.

Pile à la moitié, et alors que la routine s’installait, le con s’éteint. « Petit nœud » (d’aucuns diraient « un Francky ») ! Je lui torche le cul pied et le salaud me nargue… Putain il reprend du peps illico – comme un simulacre de la vie qui elle non plus n’est pas un long fleuve tranquille. Poivre franc, étable, chlorophylle, paf, purin de Piramides Extra ! Et comme avec cet alter ego, il me rassasie avant l’heure. So long for la nonchalance !

Je prononce non sans honte une victoire par double-KO sous peine de malaise Cohibal. Autre leçon, il faut savoir écouter son corps.

Et comme à un fuck à la notion de sacrilège, je le laisse s’éteindre.

J’oubliais, une dernière leçon : les règles, c’est pour les tantouzes. Oui, Le Vitologiste ne s’arrête pas là. Le sacrilège, c’est pour les péteux, les fumeurs de bague, les présomptueux, les je-sais-tout, les gens du cercle, les bien-pensant, les juristes (je dis ça j’en suis un…), les Schizos, liste non-exhaustive. Je l’ai rallumé le lendemain. Et sa mère c’était bon !

 

Durée du plaisir bonheur, 879mn + souvenir ∑∞

 

Merci

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Escepcion – Selecto Finos, le plaisir et le bonheur

IMG_1621[1]

C’est un soir simple, ou comme dirait mon accompagnateur, encore une soirée de merde. C’est une jolie soirée dont je retiens une phrase simple, tellement évidente qu’elle peut faire sourire. Le plaisir n’est pas le bonheur. Cette simple phrase qui dissocie le moment de l’état, et qui invite à réfléchir autour d’un cigare.

Je passais un excellent moment avec connosieur d’Upmann, qui m’avait baladé dans les fruits secs avant de m’offrir un joli pain d’épice pour le goûter. C’est précisément là que vient l’envie : celle de fumer un cigare que j’aime, un cigare qui en plus d’être un excellent cigare à mes yeux et aussi une petite leçon de vie. – J’ai le temps, l’envie de faire durer le moment et d’avoir un petit instantané de bonheur. Et il me fait de l’œil depuis mon Xicar.

Ce cigare c’est le selecto finos de la escepcion. Une marque oubliée, un module qui ne fait franchement l’unanimité chez les fumeurs de rocky fucking patel  et une édition limitée de haut vol.

C’est beau, tendu ; la classe d’un ancien cigare, la sobriété d’un module cubain bien roulé. A cru il dégage cette typicité cubaine, indescriptible. A cru on sent qu’il va arrêter le temps, le suspendre, arrêter le bruit. Il sent la grosse claque dans ta gueule de biatche. J’en suis ému. Ca sent le cuir, l’épice.

Mais revenons en arrière.

Pourquoi me suis-je retrouvé dans cette pénurie d’un grand cigare ? Très simple. J’ai passé une soirée dégustation de ce cigare dans un club. A l’époque j’en avais commandé une boite. Je me souviens qu’outre l’accueil spartiate des membres fondateurs du dit club, les réflexions plus ou moins très peu intelligentes de la blonde du fond, les blagues lourdes des cons qui se voient fins jouteurs et la crasse rudesse du mec qui voit sa vie sociale dans un cigare, on avait avec mon pote passé un moment détestable. Au mieux on riait des autres, au pire on se faisait chier. Le tout arrosé d’un cocktail pas vraiment mémorable. J’en avais fini par classer ce cigare dans la case ‘Pas glop’ et j’avais annulé la commande sans vraiment de gros remords.

Et quelque temps plus tard un jeune vitologiste me fit avoir un orgasme de la bouche avec le même cigare. Va comprendre ? Va comprendre surtout qu’il n’y a pas de temps ou d’instant plus valable qu’un autre pour fumer. On ne peut pas s’assoir avec un cigare prévu deux semaines à l’avance et se dire qu’on va le fumer en 42 minutes. Au mieux on va pouvoir rapidement remplir des pages de blog avec. Sauf que l’on est dans tout sauf le cigare. Le cigare est une petite communion des esprits dans un petit moment de bonheur. – Même un villa zamorano dans une après-midi pêche avec des potes…..Naaaaan j’déconne. !

Bref ce cigare, c’est une grande pièce. Comme un bout d’histoire cubaine. Pas un de ces jeunots acides et revus ; une vieille dame avec de la classe. Il démarre sur un torréfié léger, très légèrement végétal, pas très distant d’ailleurs d’un fundadores vintage qui aurait baisé toute la nuit avec un ramon allones 8-9-8. Il est délicat et en même temps la puissance est présente mais sans agressivité. Comme ces vieux cubains, plus sur le tabac.

A l’évolution du cigare, on entre dans du bois ciré, du tertiaire et l’impression de croquer dans une tartine de pain grillée au petit, le végtal verse presque dans le fenouil. Oui on verse dans l’onirique. C’est là que je me suis mis nu et que je me suis roulé par terre avec torsion des tétons dans la rue en gémissant le cigare à la bouche. Dans un mouvement d’une classe rare.

Dans sa fin de vie, il me baffe. Il est puissant le bougre sur sa fin. Mais là on beaucoup de cubains tombent dans arômes un peu lourds – Zino lui-même ne disait-il pas que le dernier tiers était inintéressant et revenait à chiquer du tabac ? – C’est comme un expresso à jeun. C’est hyper torréfié, légèrement poivré, et c’est rassasiant.

L’impression que me laisse ce cigare est forte. Déjà il est offert par un passionné avec une envie profonde faire plaisir, ce qui lui donne une petite charge émotionnelle supplémentaire. Il est chargé du souvenir d’un moment fabuleux en Alsace avec des moules et un vitologiste et au final le mec avec qui j’avais peu aimé ce cigare est passé du pote à l’ami, et c’est un bonheur de lui envoyer une photo en l’imaginant me dire ‘ça c’est bon mon pépère’.

Ce cigare est comme moi et comme les fumeurs que j’aime, comme mes amis du cigare, il est d’une simple, terrien et gourmand. Il est rustique et pourtant il sait être fin.

Ce soir-là j’ai aussi découvert un mec qui partage ces valeurs. La simplicité, l’humain et les plaisirs terriens. Alors oui, ok, aujourd’hui c’est un cigare de collection. Cher, cherché, tradé, stocké, sur lequel on fait des enchères. Effectivement il y aura toujours un fumeur de bagues pour l’exhiber comme un trophée, et il y en aura toujours pour tout ramener à l’argent. Là ici sur ce cigare, c’est vulgaire. C’est comme une œuvre d’art vendue à un mec qui le voit comme un placement. Sans poésie et sans beauté, avec cette manie actuelle de tout monétiser.

Moi je dis fumeurs, unissons-nous et retirons du marché ce cigare. Il mérite les hommages des fumeurs de cigare. Il mérite que la boite ou la jarre soit ouverte entre copains, au chaud de quelques fous rires et discussions animées, et surtout il mérite la minute de silence que ce groupe lui offrira aux premières bouffées, en nous extirpant du temps.