Avo Uvezian Domaine – 10 (Robusto)

avo10

Fumé ce soir en terrasse, en profitant du calme, de l’air et d’un bon cappucino, voilà un robusto sympa et plein de belles surprises.

De consitution similaire au Fuente Rosado, à savoir une tripe dominicaine et une cape équateur sun grown, il fut une expérience complêtement différente.

Une allure discrète et agréable, avec une belle bague, relativement sobre, une belle cape tendu et nervurée qui ne montre aucun défaut. Il sent l’étable à plein nez, je l’ai vite décapité et à cru, j’ai pris des arômes boisés…Bref ! MIAM !

L’allumage se fait sans encombre et démarre ce qui est une démonstration de combustion. Une combustion parfaite. La fumée est abondante sans être asséchante, le tirage est hyper juste, et les premiéres bouffées sont une vraie surprise. A la foi simplistes et à la foi typées. C’est du boisé, pas vulgaire, et de l’amande amer. Il y a dans le boisé une belle longueur des arômes et la petite amertume vient signer l’arôme. Ce n’est pas l’amertume désagréable d’un cigare mal conservé ou trop jeune, c’est l’amertume légére bienvenue. C’est aussi agréable de fumer hors des sentiers battus du boisé/épicé/sucré. C’est simple, mais avec l’excellente réalisation de ce cigare, le volume de fumée est suffisant, elle est longue, c’est sympatoche !

– Et ça se marie diablement bien avec le cappucino !

La cendre est blanche immaculée, très compacte, la combustion est métronomique, le premier tiers se déroule sans encombre, c’est une belle rencontre. Le second tiers introduit un registre plus dans l’empyreumatique, l’amande perd son amertume au profit de notes plus torréfiées, ça prend de la rondeur, la fumée s’enrichie, la puissance est bonne. Ce n’est pas un cigare avec une largeur savorique immense, mais l’exercice est diablement bien maitrisé. Les arômes sont en places, la combustion est toujours parfaite, la longueur est belle, c’est un vrai plaisir de prendre de grandes bouffées et de les regarder s’échapper doucement.

Le second tiers évolue vers un cuir bien affirmé, mais le boisé reste bien en place, la puissance est conséquente sans être trop écrasante, ca y est on est dans le dernier tiers que j’ai fumé jusqu’au bout. Gouteux, puissant et juste un petit dégazage. Le dernier tiers concentre pas mal d’arômes et c’est un beau finish.

Un cigare bien sympa, sur un bon choix de module, peut être que sur ces saveurs, un module plus important serait linéaire. N’empêche que je vais essayer de trouver le reste de la famille !

Je reviens dessus (lourdement), mais j’ai trouvé la construction excellente et ça c’est vraiment appréciable.

Bref, pour son niveau de prix (9€) c’est un bon cigare et je n’hésiterai pas à retenter l’expérience ! (Et clairement au dessus du Fuente Rosado)

 

Arturo Fuente – Rosado Gran Reserva R52

rosado

J’ai toujours un petit faible pour les fuente – pour ceux qui n’auraient pas lu, c’est ma marque « originelle ». Celui là m’a attiré l’oeil avec une présence remarquable. Il est beau. Il a même une sacré gueule avec sa bague qui ressembe à une armoirie et sa cape maduro. On dirait un quasiment un épicure especial en maduro. Bref il est appêtissant et d’un prix relativement modéré (env. 8€). Je l’ai essayé pour changer un peu du Gran Reserva Chateau, sachant que la différence est une cape équateur sun grown. Je m’attendais donc à retrouver le soft smoke (ce côté dirait les anglo saxons mellow, terre, cacao et légéres épices) avec un peu plus de puissance.

Passé l’aspect irréprochable (cape tendu, grasse, finement nervurée, ferme, bague majestueuse), la bête sent le tabac à plein nez, et semble plus fort que son copain Gran Reserva. A cru, les arômes tendent de suite sur les épices douces.

A l’allumage, j’ai vécu un petite déception. Le tirage est bon, mais la fumée est légére et les arômes sont très courts. Légérement épicé, mais quasi evanescent. En revanche, quelques bouffées après, le poivre apparait, et c’est un goût nouveau. Un mélange doux d’épice / cacao (canelle, cacao amer) très léger, et du poivre. C’est surprenant, ni franchement bon – c’est très court, ni franchement mauvais – les aromes sont courts et le poivre est acceptable. Le premier tiers est quand même très linéaire et pas super intéressant, pire, sur un exemplaire, j’ai expérimenté quelques soucis de combustion (en biais). le premier tiers m’a laissé une impression d’arythmie.

Un dégazage sympa (10 bonnes secondes) qui a ébloui ma progéniture, le second tiers s’entame et sous de biens meilleurs augures. La puissance s’installe, le cigare devient plus rond et je retrouve le registre Fuente Gran Reserva avec plus de puissance. La saveur est bien présente, et avec la puissance, apparait progressivement du cuir et il s’est avéré nourissant.

Ce qui est surprenant d’ailleurs c’est qu’il m’a laissé la même impression qu’un Epicure Especial : il se met en place tardivement et d’un seul coup, la puissance se régule, comme une émulsion. A partir du second tiers, ce cigare est devenu plus intéressant, plus rond, plus long et restera constant jusqu’à la fin. Progressivement sont apparus des notes de cuir, voir de réglisse, la bête contient de la nicotine et le poivre reste présent et il m’a mis ko sur la fin. Le dernier tiers du cigare m’a semblé le plus intéressant car le plus riche.

Finalement pas si inintéressant que j’ai pu le lire, peut être coincé dans la gamme entre le Gran Reserva (plus simple d’accès) et le Short Story (plus arômatique), je lui décerne le titre d’Epicure Especial made in Saint Do. Pour autant, il n’est malheureusement pas exempt de défauts rédhibitoires comme sa combustion où son premier tiers. Si comme je l’ai vu je l’avais payé au prix nord américain, j’aurai dit que c’était un « value smoke », mais là, ça fait cher l’imperfection et le plaisir se fait quand même attendre.

Un cigare intéressant, un poil trop cher cependant