Daubes

Balmoral – Anejo Rotschild 18

[CECI EST UNE FICTION]
C’était une belle journée finalement. J’avais réussi à éviter les Villa Zamorano, réussi à m’exuser d’une escapade pinard avec un copain, une bouffe légére d’une recette trouvée sur manger bouger et enfin j’ai réussi à trouver du temps pour me faire une savoureuse piéce de porc du supermarché au j’avais fait mes courses le samedi matin, en poussant traditionnellement mon caddy dans lequel j’ai introduit un de ces petits jetons en plastique que je garde jalousement à côté de mon stock d’arbres magiques pour ma voiture familiale, accompagnée d’un bon bordeau trouvé à la foire au vin.
J’avais bu mon café en regardant le JT de 13:00. J’adore désormais m’indigner tout seul devant ma télé.

Pas de grossieretés. Pas de blague vaseuse, sous la ceinture, pas de vulgarité. Le conformisme et la bienscéance faisait une entrée fracassante dans mon pavillon familial, et les « je vais t’aider » s’étaient substitués aux « dans ton cul », quand un membre cherchait quelque chose. Mes enfants étaient polis, aimables, mangés en silence la bouche fermée, et demandaient l’autorisation de quitter la table. Leur scolarité était pieuse et chiante, et leur joie de vivre s’exprimait avec la vigueur d’une nocturne de Chopin.

Désormais, j’accomplissais mon devoir conjugual dans la plus grande retenue, et uniquement dans un lit, sans y prendre de plaisir, transcendé par la lutte contre le luciférisme de ma vie passée. La sobriété était de mise, bien que je n’ai pas trouvé de capote en bure.

D’un capharnaüm contemporain et accueillant, la taule du volute était devenu une lugubre maison catholique dans une banlieue très à droite, et surtout pas dans leur jardin. Je me suis fait la raie à droite, acheté quelques vêtements chez Cyrillus, notamment un magnifique pantalon à pince et un pull jacquard. Et comme tout homme de goût, je suis passé au bureau de tabac chercher quelques bon Balmoral.  Enfin devenu quelqu’un de bien sous tout rapport. On me disait même bonjour maintenant à la civette du palais royal. Oui. Reconnaissance ultime.

Je disais bonjour aux notables de mon coin, avec quelques bon mots ricanants, et je méprisais la lucre et la médiocrité du pauvre. Enfin j’étais devenu quelqu’un de bien, conforme aux souhaits de mon entourage social. J’avais décidé de n’adresser la parole qu’à des gens productifs pouvant m’apporter un soutient social ou financier conséquent, au mépris de leurs qualité humaines. Il était temps de rentrer dans la vie quantitative et de faire comme tout le monde.

Un cigare modique ce Balmoral, vendu dans ma civette locale avec un bref échange sur la qualité du fascisme pratiqué dans les écoles privées du coin, qui reste cependant populaire (balmoral) et ne saurait décrire le goût prononcé de l’homme de droite provincial à s’exposer avec un cigare de bon goût en esthéte respectable.(rotschild)

J’ai décidé de profiter de mon fils, et c’est en relisant quelques psaumes que l’idée de sublimer l’expérience par l’adjonction des volutes de ce nectar à la marque évocatrice pour sublimer la transe dans laquelle nous allions entrer.

C’est en l’allumant que j’eu une révélation :
MAIS QU’EST CE QUE C’EST QUE CETTE MERDE ?

Le pauvre petit anejo avit ouvert une bréche dans le mur.
Mon luciférisme plus conquérant que jamais, je me mis à me décoiffer, à mettre la main dans le slibar en me grattant les boules. Putain c’est bon !
J’ouvrais le second boutton de ma chemise. Damned. Je suis foutu. Je me carresse le têton !
Je rêve qu’une licorne pédophile arc en ciel me poursuive pendant que je cours nu dans la forêt.

Rhhaaaaa….Mais merde !!!!!!! C’est une des blagues de mon fils ainé. A l’époque où on rigolait. Pas le meilleur des péres, mais qui peut se vanter à mon époque d’avoir dans ses meilleurs potes son fils et de pouvoir tout lui dire ?
Je veux que ma fille me menace de ramener des fans de Johnny à la maison si je la laisse pas avoir des petits copains, et que mon dernier fassent toutes les conneries possibles et imaginables.

Avant il avait le swag, pas comme le vitologiste. Qui l’a jamais eu. C’est pour ça que j’ai pas envoyé ses Eminencias. Ca se mérite. C’est pour ceux qui ont le swag.

Bah oui c’est mauvais ce truc, c’est bon comme sucer une cuve de moulin à poivre nettoyée à la peau de chamois.

Mais ce qui me manque, c’est pas un bon cigare, c’est de parler de ce cigare ou de le fumer avec un pote.

Ce serait mon douch, mon gardien des prisons, le tazer d’enfants, le pécheur du dimanche, qui me dit que c’est la merde mon truc
Ce serait mon pascal qui a un fou rire en me disant qu’il est dégueulasse, mais que le pinard est bon en trempant des lignes dans la flotte comme excuse minable auprès de nos douces pour se barrer fumer un samedi après midi.
Ce serait mon vitologiste qui va lui trouver des excuses avant de dire verdâtre au troisiéme tiers (du cigare, pas des impôts) qu’au fond c’est pas terrible et qu’il va aller faire un tetris dans mon armoire.
Ca serait l’ami des pingouins, le lunix star fucker qui fumerai ça religieusement avec son sourire de joconde perdu dans les brûmes mystiques alsaciennes.
Ca serait de le fumer avec l’ami des montres et son pote retardataire qui deale au drugstore après quatre quilles de qualité qui nous ont teflonné le palais à pouvoir accepter l’éventualité du cataclysme qu’est ce cigare.

C’est pas bon. Vraiment pas. C’est banal, c’est poivré, c’est pas super bien roulé.
Mais au final, c’est jamais ça qui nous a empêché de fumer.

Alors va en acheter un et avec tes potes, fais une soirée dégustation. Ca vaut toutes les dégustations officielles, et du pire tu risques même de prendre du plaisir.