Montecristo

Montecristo – David contre Goliath (Petit N°2 et Double Edmundo)

Belle journée ensoleillée, tempêrature quasi estivale…Voilà un bien bon moment pour s’essayer aux nouveautés de Montecristo :
Une qui m’a déjà un peu laissé sur ma faim, le double Edmundo et une qui me tentait beaucoup, le Petit N°2.
deux modules radicalement différents.

D’un point de vue esthétique, les deux offrent une superbe qualité de roulage : beaux, tendus, fermes, capes légèrement grasses et la nouvelle bague, que je trouve très réussie et qui met bien en avant la couleur de la cape. C’est un plaisir de les regarder.

Concernant les modules, le Petit N°2 est une cause acquise de mon côté, j’adore ce type de module. L’Edmundo est plus dans le bling, avec un module plutôt imposant (Robusto Extra) mais légèrement moins épais (50 contre 52)

Le Petit N°2 me semble juste plus ferme au touché, et l’Edmundo me semble un peu mou (Encore un remplissage fait par un contrôleur de gestion ?).
Le Petit N°2 est pour moi un cigare d’été : sans dégager de réelles qualités ou de particularité, il est dans la typicité Montecristo, boisé, torréfié, léger. A partir de la moitié, on sent un peu de puissance monter, ce qui n’est pas désagréable, même si cela reste très relatif. Pas un grand cigare de dégustation, mais un cigare passe partout, qui se fume relativement rapidement. Les arômes sont calés assez rapidement dans le boisé, et c’est un cigare qui aurait tendance à davantage accompagner qu’à s’imposer.

Typiquement un cigare de brunch ou de barbecue.

Je trouve des qualités à ce cigare : déjà il est bien fait, et offre un vrai confort de fumage (combustion régulière, tirage – quoi qu’attention à ne pas trop l’ouvrir) et des arômes simples. Ça n’est pas de la cuisine étoilée, plutôt un bistrot honnête. En outre, pour les fans de la marque, c’est un module vraiment nouveau qui a sa place dans la gamme. En dehors du prix qui est élevé, j’y reviendrai assez facilement.
Le double Edmundo est un autre cas. Ce n’est clairement pas le cigare que l’on sort dans un moment limité en temps, c’est plutôt un cigare de dégustation, à fumer avec du temps. Maintenant, Edmundo n’est pas nécessairement la meilleure marque de fabrique chez Montecristo, ça n’est que mon avis, mais j’ai toujours trové l’Edmundo et le Petit Edmundo terriblement plats et inintéressants, sans compter sur un tirage cheminé pas vraiment du meilleur effet.
A cru d’ailleurs il ne dégage pas grand chose, si ce n’est un peu de boisé et de végétal, alors que paradoxalement, le cigare sent très bon :une odeur de cuir légère mêlée à une odeur d’humus. Comme toute la famille, ça ventile, vive l’emporte piéce…
L’allumage est évanescent : c’est un démarrage dans l’excès de douceur…Voilà un invité qui pourrait presque se faire oublier. C’est excessivement doux, sachant que la palette arômatique n’est pas ce Montecristo peut livrer de meilleur. C’est un peu le cas de ce double Edmundo qui semble avoir accepté ses valeurs familiales : très ventilé, ce que je trouve catastrophique en général, mais encore plus sur des lignes aromatiques légères.
Après c’est l’ennui mortel, le plat pays de Brel, la chiantitude….
Dans la gamme léger, le double Edmundo est très loin des tenors car je lui une trouve un problème de jeunesse : ça reste très vert, et ça ne me donne pas l’impression d’un cigare mature. Et encore un a ranger dans la catégorie ‘a revoir plus tard’ – Parfois je me demande ce que je dois vraiment penser d’un cigare qui m’est vendu ‘inachevé’, est-ce que ça fait partie du jeu ou est-ce que je dois haïr le grand capitalisme, le marketing et les contrôleurs de gestion.

Je comprend les ‘ne pas fumer en sortie de civette’, les ‘a conserver 6 à 8 mois’ qui consolent, mais le cigare c’est une petite madeleine de Proust. Qui aurait envie d’acheter un gâteau dont il faut finir la cuisson chez soi, ou aller au restaurant et finir son dressage soi-même…

Ok, on peut opposer les alcools où le vieillissement peut amener une bonification, mais dans l’ensemble c’est consommable immédiatement, ce sont des produits finis, le vieillissement est plus un choix qu’une nécessité.

Ce cigare est mou et chiant. Il n’évolue pas. Il accompagne une après midi molle, on ne se sent pas tiraillé entre finir les quilles et profiter de son cigare, on peut discuter et ne pas être hyper concentré. Sauf qu’après on est à 15 euros le bout. Et là c’est franchement discutable. Et puis c’est long…..C’est interminable de chiantitude. D’ailleurs faudrait remercier les gens qui accompagnent le fumage du gros, parce que c’est grace à eux que le moment se passe bien.

Beaucoup trop cher pour ce qu’il est, pas suffisamment arômatique et évolutif, mais un beau cigare : pour fumeur très occasionnel et une fuma un peu bling, il sera parfait. A vu de nez, ça va cartonner au Drugstore 🙂 et ça va être distribuer en cadeau client dans les banques.

Blague à part c’est un cigare qui me fait plus penser à un marqueur social pour kéké en mal d’existence que pour fumeur de cigare.
Et comme parait qu’il en faut pour tous, laissons les aux autres !

Edmundo Dantes – Conde 54

images

Alors que ma soirée commençait mollement à la maison des centraliens, avec un double edmundo (je ne sais pas ce qui m’a pris….et je suis toujours sous le choc) et un fruit pressé, l’amertume de la dégradation lente mais certaine du lieu (sol sale, tables sales, bordel ambiant) risquent de faire basculer ma soirée d’un moment de détente d’exception à une nouvelle du grand Charles.

Mon vitologiste avec lequel j’avais convenu d’un rednez vous à 19:00 arriva à l’heure à 19:30, et après des retrouvailles, des présentations et un choix de cocktail pour le moins particulier, il m’ouvre sa boite aux trèsor.

J’en sors un flor de selva …..arf….Et là un joyaux ! Un Balmoral !!!! Dans la cave du vitologiste !!!!
Oui tu es démasqué, où alors tu attendais secrêtement l’ami des pinqouins, qui comme chacun sait n’aime pas le cigare (private inside joke)

Mais non il cache bien son jeu, et me pose, d’un geste papal un cigare bizarre sur la table.
Et là mes yeux s’allument, je laisse ce double edmundo à un convive qui l’appréciera plus que moi : le cendrier – et je me saisis de cette piéce.

Un sublimes, ultrat rempli, ultra tendu, qui sent bon le cuir et qui porte un drôle de nom : L’edmundo dantes (bref, montecristo au mexique), un édition régionale mexicaine de 2007, le conde 54. 

Une chose surprenante chez Montecristo, c’est que je n’aime que les très rares (Maravilla par ex) ou les délaissés (Especial n°2) mais rarement les mainstream (la gamme edmundo, la série ratée des open).

Et là c’est la plénitude à l’allumage. C’est fin, boisé on retrouve l’arôme de Montecristo, finement boisé, un peu végétal, et plus fruité avec plus de punch, plus de jus. En deux secondes, il propulse le double edmundo (dont la civette m’avait promis que j’allais me régaler….)

Ce qui est dingue c’est son remplissage, on dirait quasiment qu’il est ventripotent et que la cape va céder sous la pression de la poupée et pourtant le tirage est parfait. 

Et oui, ce conde 54 ets parti pour rejoindre le Maravilla au panthéon des grands cigares. Non seulement il est bon, mais il est suffisamment arômatique pour rester en bouche et ne pas se faire écraser par une boisson.

L’évolution se fait principalement dans des notes oléagineuses, très marquées, très agréables, et il me vient à l’esprit l’impression d’un grand San Cristobal. Ce qui par rapport à la palette arômatique standard de Montecristo est une très belle évolution. 
Malgrè tout on est chez Monte et la puissance reste faible, on est dans le suaves. 

Je n’ai pas pu me bruler les doigts, la cape a effectivement laché vers la fin du cigare du fait du remplissage, mais je suis resté sur ce cigare, tellement l’impression fut bonne.

Merci vitologiste !