Rafael Gonzales

Rafael Gonzales – Fire & Forget, la loi des séries – POST RADIOACTIF

J’en profite pour dire que ce qui suit est horrible. Les idées sont tranchées, saugrenues, irrespectueuses. Et c’est comme ça. Je ne force personne à lire ni à être d’accord. Alors si tu continues, tu l’as choisi, viens pas te plaindre. Si t’es girly ou gaucho, tu ferais cependant mieux de t’abstenir (comme 50% de la France).

J’ai passé une journée horrible, dans le commisération et le support, consterné devant le jus brillant de l’administration humaine : j’ai assisté au défilé pendant une heure de gens dans une file d’attente à qui ont annonce soit une rémission, soit une nouvelle maladie, soit une deadline (angliscisme qui a rarement trouvé sa place).

2 sur 3 sont mathématiquement déconfits, voir défigurés, et c’est pesant de voir des humains rester dignes dans l’anonymat administratif. C’est encore plus pesant de cotoyer cette connasse d’infirmiére, cette grosse acariatre qui plutôt que de passer à la corde à sauter por pouvoir un jour se passer de la corde et se faire enfin sauter se sent obliger de verser sa bile sur des gens tristes et malades.

C’est d’ailleurs intéressant de constater qu’un personne malade est systèmatiquement maltraitée et infantilisée – qu’elle quelle soit, la personne devient débile du fait de la maladie et ces formations lénifiante sur la psychologie humaine qui permettent à des cuistres de passer outre le sens commun du sourire et de la compassion; pour sûre des valeurs de faibles que le bombardement de séries américaines sur les chaines françaises le samedi après midi fait passer pour un coquetterie sociale, alors que c’est justement la notion de compassion et de fraternité qui ont toujours étés les plus belles à vivre. M’enfin je dis ça, je n’aime pas les gens de façon égalitaire. Ce qui en soit est un bon début et un traitement de faveur pour chacun. Quand on aime pas les gens, ils ont toujours l’impression qu’ils en ont l’exclusivité, alors que finalement quand on sourit connement à l’autre, on ne récolte que de l’ingratitude pour le traitement de masse. Le gens c’est comme la salope. Ca se baffe. Juste qu’une c’est sur le cul, l’autre, c’est dans l’égo. Et dans les deux cas, ils aiment ça. Et si tu es féministes et que tu lis ça, j’ai fait exprès en m’imaginant ta tronche fulminante de chienne de garde, parce que vouloir être un mec quand on est une femme, c’est quand même bien soit être un boudin imbaisable, soit être tellement stupide qu’on arrive pas à comprendre qui dirige tellement je suis entouré de mec qui pensent avec leur queue.

Passée cette éternité faite journée qui m’a mise d’humeur joyeuse et aimable, moi et mon accompagnant amateur d’un jour de roulette russe médicalisée décidons de faire contre mauvaise fortune bon coeur et de profiter de l’occasion pour se faire un gueuleton.

Me voilà donc le coeur léger chez mon boucher, homme sympathique, quoique que raciste détestable aux blagues douteuse. Je déteste les raciste. Pas parce que je ne comprends pas que l’on puisse ne pas aimer son prochain – c’est bien mon cas, mais parce que souvent le raciste est avant tout un inculte pétri de préjugés. Qu’il est gonflant ce connard qui en connait toujours un, mais un bien, et qui ne veut pas dire mais quand même. En même temps, sa viande est bonne et de toutes façons, il a la gueule du mec qui met la condamnation centralisée quand le mec de la voiture de devant descend après s’être fait copieusement arrosées les esgourdes du klaxon de sa voiture à crédit. Dans son échoppe, il entend faire régner sa tyrannie de petit, et grand bien lui fasse, c’est toujours ça que les psychiatres n’auront pas et il est aussi dangereux qu’une mouche dans un bocal.

Bref, alors que je lorgne vers le filet mignon pris dans le dilemne d’offrir à mes enfants cette viande qu’une minorité pousse à la porte de nos cuisine (oui ma fille a échappé à une tartiflette à la dinde…Qu’on ait des croyances, pourquoi pas, après tout les enfants ont des doudous et des amis imaginaires, mais qu’on dénature des éléments de notre patrimoine culturel par intégrisme culinaire, ça mériterait une punition barbare et inculte, genre se faire couper les mains, ou porter un voile) où un carré d’agneau (là personne à rien à dire. Ca fait chier personne qu’on déguste religieusement un enfant animal, où du moins ça n’a fait chier personne à l’époque des palestiniens albinos et bonimenteurs de montagne).
C’est dans ce tourment réflexionnel digne du raisonnement spiralaire de Morin, que Ginette et ses copines débarquent. A vue de nez, je les aurait nommé cyrrhose et couperose, mais je me suis douté que feu leurs parents les avaient doté de prénoms grotesques. Donc je n’ai pas pris la peine de demander, ça toujours embarassant quand on a le regard expressif.

C’est le moment préçis que choisi mon Michel pour me dire qu’il se ferait bien un whisky. Gloussant comme une oie trop nourrie, ma Ginette acquiesce ou annone, je ne sais pas si c’était réfléchi ou reptilien, et me dit « Moi j’aime bein le ouisqui ! ». La copine couperose qui secoue la tête les yeux brillants en disant « moua aussi ». C’est dingue comme la façon de parler de certaines personnes peut être plus horripilante que recevoir un sms ecrit en langage sms avec des fautes d’orthographe dans les mots non abréviés (si pas émasculés souvent, comme « g t’m » qui me fait penser à une version romantique du « g fé kk »).Mais c’est là qu’on tombe dans le glauque, elle me sort « voui, surtout avec du coca ».

Là soudainement, je me suis senti capable de …

 
Depuis ce matin c’était trop. Ils avaient tous convergés vers moi ou du moins c’est que je pensais. Un début de parano qui arrive.

Mais c’est pas non plus une solution : ce n’est pas parce que la connerie se débite qu’il faut tronçonner les cons.

Bref, je me rassemble, je paye poliment et je dis « va mourir connasse » « Bonne soirée messieurs dames » et je file chez mon caviste.
Pour la peine, je me chope 3 bru baché, histoire d’avoir un moelleux sous le coude, qui ne donne pas l’impression de sucer un carambar infusé dans du pessac léognan blanc, je crois qu’on appelle ça un sot terne, ce qui n’est guère plus appréciable qu’un triste con.
Et surtout il me sort trois magnifiques quilles de Chablis Dauvissat de 2004, le cous’ à Raveneau qui produit des chablis ultra ciselés, précis, fins, et d’une grande minéralité, avec une final légérément beurrée. Bref, un élixir de réconciliation avec la vie. L’élixir de réconciliation avec le monde je le cherche toujours.
Je suis rentré, j’ai contisé mes filets mignons au chorizo et j’en ai pendu un à ma porte, parait que ça repousse les vampires barbus, mis à cuir, préparé les accompagnements, et ouvert une précieuse quille.

Putain de claque dans ta gueule ! Le repos du guerrier, mon nez m’a déjà emmené loin de la journée de merde, et on se regarde en se disant un truc profond, mais putain de profond du genre « wouahhhhhhh ». Ca sent les fruits jaunes, le beurre, le foin coupé, le minéral. C’est grand ce truc. La bouche est ronde, tendue, longue, et c’est interminable. Ca vos tombe sur les papilles comme un curé sur un enfant de coeur. – C’est pénétrant.

La dessus, il faut de la grandeur. C’est pour ça que j’ai sorti une paire de Rafael Gonzales que j’ai trouvé dans ma civette et que je ne connais pas. J’ai allumé, j’ai attendu 1 minutes (et encore j’exagére, mais faut bien de temps à autre, je suis toujours tellement modéré) et j’ai jugé que le vin ne méritait pas ça.

En face, on m’a clairement fait comprendre que je venais de perdre des points au score de bonvivantitude. Le regard consterné, j’ai jetté. C’est juste mauvais. Mais il parait que ça se vend bien en Belgique. Bon en même temps, c’est le pays de l’OBAC. Finalement ça fait du sens. Comme suppositoire.

Bref, c’est pas bon. Je me fous de l’argument « pour le prix c’est honnête » (Manu non pas cette fois 🙂 ), du « c’est sans prétention » (L’avocat t’es interdit de relance 🙂 ) les « vieilli 2 ans en cave davidoff » de vitologiste, je veux du douch : « tu fumes un cigare de merde ». Voilà ! Merde quoi ! Un avis viril, pas un truc moralo-gauchisant girly. Un truc à l’emporte piéce jeté comme une capote pleine à la face d’une adultère. Où un peu comme un trois couleur qui te gicle à la gueule à chaque suçion. Un jugement court, précis, pas complaisant, pas intellectualisé. C’était pas le moment de me faire chier !

Heureusement qu’un éminencia trainait dans le coin pour devenir un allié de qualité. Mais ça mes petits, c’est un autre histoire !