Rêverie, ô cigare invisible du sage ! – Victor Hugo

Un jour comme les autres où je révais, un ami me dit que je devrais fumer un cigare car c’est le meilleur compagnon de la contemplation. A ce moment, je n’étais pas certain de ce que cela devait signifier. Toujours est-il que pour moi, ce cigare était le truc putassier et nauséabond que son pére se collait dans la bouche en le sortant d’un boite assez banale mais qui semblait attirer toute son attention.  Besoin de reconnaissance, mauvais goût, nouveau riche, je ne savais pas vraiment comment interpréter ce geste. Fallait reconnaitre que le geste était néanmoins élégant, d’allumer ce quasi bout de bois d’une allumette en quelques instants.

Des années plus tard, j’étais en république dominicaine à las terranas . Au détour d’une plage, je senti une odeur fabuleuse. Chaude, épicée, boisée. J’ai vu un homme allumant son cigare. Ca m’a intrigué. J’ai la nature curieuse, et comme l’on m’a dit, je suis frappé de nomadisme intellectuel
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Bien sur, comme tout ce qui touche aux plaisirs, j’ai essayé de comprendre en achetant n’importe quoi. Heureusement, une bonne âme passa, m’expliqua que ce cigare qui me semblait bon ne l’était pas et me fit découvrir un nouveau monde grâce à  ce qu’il nomma un « Fuente ». J’en suis revenu avec ma première boite. Le churchill d’Arturo Fuente fut le premier cigare de mon initiation.  C’est ce cigare :
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Par chance, mon « maitre » m’a montré comment le couper, et comment l’allumer. Il m’a montré le rythme, et surtout ce soir là, j’ai découvert comment pendant plus d’une heure il est possible d’éveiller ses sens à des arômes fins, et de contempler ces belles volutes. C’est vraiment une chance. Se faire guider et découvrir. J’ai découvert ce soir là des saveurs que je ne connaissais pas, difficilement descriptible d’ailleurs. Mais là où je croyais à une fumée acre, épaisse, j’ai trouvé une fumée ronde, gourmande, et des saveurs.

De retour chez moi, j’ai décidé d’acheter une cave. Forcémment, j’ai trouvé le moyen d’acheter une cave et des cigares. Je ne savais pas que j’étais sur le point de découvrir le Sir Winston, le lusitanias, l’épicure, ou encore plus récemment, le Edge.

Aujourd’hui, une dizaine d’années ont passé. J’ai découvert d’autres cigares, d’autres terroirs, d’autres saveurs, mais la passion reste la même.

Mon cigare aujourd’hui, c’est celui que je partage avec mes amis, amateurs ou curieux occasionnels, c’est celui que je regarde vieillir dans ma cave.

Le cigare est un luxe oui. Mais pas le luxe vulgaire qu’affiche le monde actuel. Le cigare, c »est le luxe et le privilége de s’accorder du temps, c’est le luxe d’avoir le temps.

Je n’ai pas la technicité ni les mots de beaucoup d’amateurs, tout comme j’aime le vin sans pour autant verser dans l’oenologie. Je voudrai partager ma passion avec tout le monde avec mes mots et mes impressions : mes cigares, leurs volutes et la contemplation.

F.

Quai d’Orsay – Imperiales

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Quai d’Orsay est une marque à part dans l’univers Cubain. Ils sont souvent présentés comme des cigares de débutant du fait de leur douceur, principe un peu réducteur, la douceur ne signifiant pas nécessairement un manque de complexité ou une qualité moindre.

La douceur est aussi en mon sens une caractéristique appréciable dans un cigare si elle n’est pas une source de frustration et ce serait lassant de ne trouver que de la qualité dans la puissance.

L’imperiales est un cigare de belle construction, le cigare est toujours ferme, très finement nervuré, avec une belle cape claro. A cru, il sent le foin, l’étable, et le tirage est très cubain. La bague est sobre, je lui trouve un aspect combinant bien sobriété et gourmandise.

L’allumage est facile et très doux, quasiment trop même. Il démarre sur des notes boisée, et évolue vite vers le patissier et le grillé. L’évolution est douce, réguliére et la combustion est sans faille. Le tirage peut être un peu étroit.

C’est un cigare que j’apprècie dans les belles journées autour d’un café, avec lequel je trovue qu’il se marie bien.

Depuis que je connais ce cigare, malheureusement, j’ai aussi expérimenté des exemplaires bouchés, souvent au niveau du pied qu’une coupe franche libère, et une grande fragilité de la cape (attention à ceux qui aiment « tripoter de la vitole » en la fumant).

C’est effectivement une belle initiation a un des modules les plus intéressants dans le cigare, le churchill, et un cigare abordable en termes d’équilibre saveur / puissance. Peut être un amateur chevrronné manquera de puissance ou sera frustrant si seul. C’est un cigare mondain, au sens où on l’apprécie en compagnie, en partage, qui passe bien avec un alcool d’apéritif, ou dansun déjeuner en extérieur. Je trouve qu’il a un côté passe partout très plaisant.