La Flor Dominicana – Double Ligero Maduro

Une visite chez Art Tabac, un coup de téléphone, un « Oh si tu en trouves », et quelques jours plus tard, voilà une réunion occulte organisée autour d’un chibre dominicain d’ébéne, dont le côté chiant se perçoit immédiatement.

Allons directement au seul point positif du barza : il est bien roulé. C’est beau, avec une belle cape maduro bien grasse.

Au touché c’est mou, on se doute tous que le tirage va ventiler grave. Vu le morceau, on sent qu’il y a de l’économie polonaise sur le remplissage.

Ca sent le cuir, assez fort. L’odeur n’est pas désagréable, et vu le module, les blagues potaches sont légions, notamment le « ça sent le cuir et la moustache » (Oui on sait, inutile de commenter).  Dans la bouche on se sent vaguement inverti par ce module qui a un côté kéké. Globalement, on le sent mieux dans la main d’une personne qui a un trouble de la reconnaissance ou de l’autorité – éventuellement équipé d’un 4×4 viril. Vous comprendre après pourquoi il est nécessaire de le fumer seul et dans la bonne humeur et qu’une analyse scolaire de ce cigare peut mener à une mort certaine d’ennui.

Pour poursuivre dans le grivois, le mauvais goût, le phallique, le putassier et le pôtache, je crois que nous avions affaire à comme le précise mesuret.org, un taille 5 : rare, exceptionnellement gros, mais qui bande mou. – Il a fallu descendre à ce niveau pour survivre aux effluves du cigare et rester aware

Le premier tiers dure 1 heure. Les arômes sont boisés légérement, ça ventile tellement que ça fatigue, la fumée est légére, sans gras, sans profondeur, c’est evanescent. Ca se fume en discutant; sans plus. C’est du Don Horacio avec moins de goût.  Le module est trop large et trop long, c’est désagréable de tirer dessus. Les rires des poulettes qui s’installent au fond en dise long sur l’interprétation faite du fumeur de ce cigare. Non seulement on passe pour des kékés, mais en plus, on se fait chier grave. Heureusement qu’il nous reste un retardataire à chambrer et un revenant hispanisé qui améne le chorizo.

Oui. Pendant le premier tiers de ce vibro puro dominicana, on peut faire plein de chose. D’ailleurs, il sait parfaitement se faire oublier.

Le second tiers, une douce chaleur envahie votre corps, et vous vous rendez compte qu’avec le tirage, le cigare hyper-ventile et que l’hyper-ventilation…Ca fait bailler, et qu’à force de bailler…On veut dormir ! Et on en reprend pour 1 heure strictement identique au premier. A vrai dire, j’ai arrêté de chercher des arômes, ça et là des pointes torréfiées et un peu boisée, mais c’est tellement lâche et mou qu’on s’en fout. On fume quoi.

L’alliance avec le café est recommandé. Lequel ? On s’en fout. Un qui permet de rester éveillé et qui envoie une belle dose de caféine.

Le dernier tiers, je sais pas et je veux pas savoir. D’aucun m’on dit qu’il était aussi chiant, mais en plus mauvais, d’autres ont failli s’endormir vraiment. Je ne mets pas de photo, inutile de savoir le reconnaitre, et il n’en vaut pas la peine.

C’est cher, c’est trop gros, c’est mauvais, c’est chiant.
Mon premier Hollande du cigare de l’année 2013 !

Ce cigare mérite une chanson kitch et désuéte :

Bolivar – ER Alemania Especiales N°2

Unknown
Long time no see, le camarade Volutes était parti à la guerre aux kilos ! Blague à part, merci mes précieux d’avoir su magnifiquement occuper ses soirées frugales.

Bref, non content de m’avoir comblé en m’envoyant des Por Laranaga Robusto (Yummi !), un lecteur / copain / amateur m’a laissé dans le paquet un de ces Bolivar, dont Julien un critique / copain / amateur / ex-administrateur / repris de justice / traitre à la nation cigaristique m’avait aussi ramené spontanément quelques exemplaires. Ils en ont de la chance ces Alsaciens quand même, et moi aussi. Et je les remercie, ce sont deux magnifiques cigares. Sauf que maintenant : j’en ai pu !

Vous pourrez le voir, ce bolivar est magnifique, loin de tous ces petits gros laids et éjaculateurs précoces, ou des ces brise machoires à complexer une porn star. Il est grand, fin, élancé et une superbe cape, soyeuse, légérement rugueuse, bien dans la lignée des bolivar Royal Coronas et Gold Medal. La même odeur de cuir et d’étable.

Je l’ai décapité, de crainte de briser la cape à l’emporte piéce. Les arômes sont déjà légérement épicés et boisés.

L’allumage est un bonheur : une fumée ample, grasse, pas asséchante, et une typicité Bolivar, avec ce goût que je définis si mal. Epicé, boisé, et une puissance déjà présente. Le premier tiers a une présence étonnante, une mélange étonnant et équilibré de goût et de puissance. Moi qui suis plutôt amateur de cigares doux et très aromatiques, je suis dans un vrai changement, et un changement séduisant.

Ce cigare est technique et m’a fait pensé à un Fundadores dans le style de fuma : trop rapide, il chauffe ou trop lent et il s’éteint réguliérement. C’est à noter qu’un fumeur qui ne prend pas en compte ce critère peut passer à côté, car le cigare est puissant et peut vite devenir asséchant si fumé trop vite.

Ce cigare évolue doucement vers des saveurs plus orientées sur le cuir et le torréfié, mais il reste relativement linéaire, ce qui dans le cas présent n’est pas déplaisant. J’avoue que je suis subjugué par un équilibre parfait entre puissance et goût, et il est rassasiant.

A ceux qui peuvent, un essai s’impose.