Tatuaje

Tatuaje – Reserva J21 et les heureuses associations

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Il y a des moments agréables, et l’un deux et de passer sa journée avec quatre copains amateurs de cigares, et d’en retrouver un autre par hasard au détour d’un fumoir.

La journée était extrêmement fatiguante, commencée à 10:30 par du champagne sur des cigares dont la consommation reléve de l’esprit de sacrifice (notamment un Montecristo Open master, tellement significatif du « rien » qu’il en est culte, un Epicure especial Puro Express difficile à décrire et un Short Churchill édition Casper le petit fantôme), mais qui nous a permis de refiler le Siglo 1 bouché au retardataire. On ne sait pas vivre, d’ailleurs certaines s’en plaignent publiquement – des âmes sensibles; la démonstration en est fait.

Tu crois arriver dans le temple de l’amateur de cigare ? Bah loupé, ici c’est bonne humeur, et le cigare est un biais, soit, mais il y a d’autres bonnes choses. Ce qui fait d’ailleurs que si un mono-maniaque obsessionnel qui considére que seule le cigare est digne d’intérêt et que le reste n’est que fioriture, ben…Tu es triste. Pis c’est tout.

J’adore l’urbanité de l’invité frappé par le cigare bouché. Alors il est comment ? Et la c’est toujours « sympa, mais un peu serré. ». Personne n’est doté de la franchise de mon kung fu panda qui ose me dire « c’est de la daube ton cigare, il est bouché », ni de sa gentillesse quand il me dit l’air entendu « tu veux fumer un  vrai cigare ? ». A vrai dire, ça ressemble un peu à une cactch phrase d’un personnage clé dans une bonne série.

C’est armé d’un courage et d’un esprit chevalresque que n’aurait pas renié Hemingway en cette journée de la femme qu’on a passé entre couilles, qu’iIl a fallu entamer un boudin noir finement tranché sur du pain frais,  avant de subir les assauts d’un pot de rillettes.

Vous je ne sais pas, mais autant j’ai des traumatismes d’enfance avec le boudin noir de cuisiniére du dimanche, autant depuis que j’ai redécouvert le boudin noir travaillé (notamment celui disponible tous les jours au magnifique restaurant El Sol, encore merci à Jose maria pour son accueil et son jamon !) que j’ai découvert un plaisir de la tripe. Finement parfumé à l’échalotte, avec un assaisonnement présent mais pas ostentatoire, C’est magnifique, et sur le vent d’un Montecristo open master, finalement, c’est du sans remord. Pour le moment je suis en plein bonheur oral mais en plein tourment cigaristique. Je décide donc d’éplucher les patates. Pris dans la brume mystique entourant les réflexions du fumeur se questionnant sur sa prochaine proie bien roulée, je me transforme en roi de l’économe, ce qui en temps de crise, me fait adresser un petit bonjour à tous les économistes, inutiles philosophe d’une matiére sans intérêt si ce n’est de déceler des troubles cognitifs avancés.


J’explique : l’offre et la demande. Plus un bien est rare, plus il coute cher. Aujourd’hui l’économiste passe sa vie à analyser la seule ressource de fait rare par décision, l’argent. Basant l’ensemble de son raisonnement sur la raréfaction d’un bien non rare, ce qui démontre soit qu’effectivement tout le monde ne peut pas faire de la physique ou des mathématiques, soit que les économistes sont et des escrocs, et intellectuellement des gens de développement limité. Ils doivent d’ailleurs être débauchés pour finir au marketing de habanos SA…
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note : ces balises sont open source, tu peux en faire ce que tu veux, à condition de te conformer à plein de règle. Bref, soit c’est fermé, mais ca peut devenir open (bref un mariage virginal et catholique ), soit c’est open et ça peut devenir fermé (bref un mariage 7 ans plus tard)

Cependant, le destin ne sachant pas à quels hardis combattants il faisait face, il fallait alors se mettre à cuisiner. La masterpiece de 2,3 kg de boeuf avec l’os attendait son maitre, un peu comme une soumise en lingerie lascivement allongée…enfin bref : c’est beau;ça fait plaisir, ça ri – mais un peu de sérieux: la cuisine ne se prend pas à la légére.

Je l’ai flattée, je l’ai massée à l’huile avant de la poivrer, ne résistant pas à l’empoigner admiratif de ce mélange de douceur et de chair – Saisir au grill et finir en cuisson lente, avec les pommes de terre confites au romarin et à la graisse d’oix.

Aux choqués de ma façon de mesurer la cuisson je rétorque que moi j’en ai peu à faire des cuistots top chefs qui ne savent ni goûter la justesse de leur assaisonnement, ni leur cuisson et toujours faire du ‘petit’. Dieu que ça me gonfle de voir deux anémiés discuter dont un se contenter des « petite compotée de « , « petit sauce à « , « petit tranche de « . Le petit n’appartient pas à la gastronomie. Il appartient aux nutritionistes. Le petit c’est pour faire un plat mignon ou alors pour les mal assurés qui se tripotent les boutons de manchette.

Oui je doigte ma viande, et c’est comme ça. C’est vulgaire, trivial, grossier, imagé, de mauvais goût. Mais c’est comme ça. Rien ne me désole plus que de servir un plat mal cuit. J’ai une relation quasi sexuelle à la cuisine. J’aime tâter, gouter, préparer, faire venir…

Voilà une cuisine comme on (principalement moi et mon égo) les aime : conviviale, généreuse, un poil excessive et préparée avec attention. Ca serait la bonne définition de la cuisine de potes. – dite ripaille aussi.

C’est le moment choisi pour carafer un beau Chateauneuf de 2007 (?), et d’attendre dans la bonne humeur la fin de la cuisson en trompant la faim. Religieusement, un côte de boeuf épaisse doit se cuir recouverte d’aluminium pour ne pas surcuire la croute formé de la saisie et laisser la viande tendre et juteuse, un cuisson respectueuse du produit. Et une cuisson de cote de boeuf se vérifie quand le coeur est chaud et la périphérie cuite, c’est à dire que dans la cuisine on y met du coeur et des doigts.

C’est à la fin du repas, qui a nécessité la présence d’un Faugère magnifique (j’aime de toutes façons ces vins) supplémentaire, que nous décidions autour d’une poire william de migrer dans un fumoir sympathique, calme et avec une sélection de cigare conséquente : le club nicarao – chemin faisant accompagné de Montescristo Especiales de 2003. Je regrette de ne pas l’avoir pris en photo, car il vaut un emplacement dans toute bonne cave de ripailleur émérite. (Le Faugère, faut suivre un peu !)

Arrivés là bas, la bonne surprise de retrouver un compére d’une autre soirée sympathique, un peu de rhum legendario et le Tatuaje Reserva J21 (De la vraie bonne bandelette). Bref, des éclats de rire, des poignées de main viriles, et des tapes sur l’épaule.

Comme d’habitude, Carl est un monstre de courtoisie et d’accueil. Je crois d’ailleur que c’est l’un des meilleurs que l’on puisse trouver sur toutParis.

Le Reserva J21, c’est un peu représentatif de toute cette gamme « Miami Reserva » : c’est une superbe qualité de fabrication, une gamme de saveurs que n’a aucun autre cigare. C’est beau c’est bon est c’est un constat unanime dès les premières volutes : tous les quatre ont le tirage identique, le goût identique et comme dirait l’un « c’en est quasiment décevant d’être bon et bien fait à chaque fois ».

C’est un bon cigare, une saveur très suave, légérement sucrée, épicée, pas asséchante et agréable qui va évoluer doucement dans le cuir, et avant de s’en rendre compte, on l’a fumé à se bruler les doigts.

Merci les potos, j’ai passé une super journée !

Tatuaje – Cojonu 2006

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Ah quel kiffe ce torpedo, bien roulé, avec ce côté « vieux machin » tatuaje, entre une bague simpliste aux couleurs passées et le torpedo (moi j’adore – mais j’avais oublié mon emporte piéce).

 

Je suis encore plus heureux d’en parler ce soir que je l’ai fait découvrir à un pote (c’est le bon terme après deux boutanches et une bonne rigolade) qui a aussi découvert un « truc grand » – et sa banqueroute future à peupler ses caves d’autres choses que de cubains.

 

Voilà on ne va pas faire l’analyse en 3 tiers pénible et scolaire : c’est du grand et du bon. C’est épicé, rond, un tirage quasi parfait, un module juste bien et hyper régulier.

C’est linéaire ?
Oui  – mais on s’en fout ! De la linéarité comme celle là, on en voudrait tous les jours par demi-roue et en dutty free.

Ce n’est pas ultra fort ?
Oui – mais on s’en fout ! Le cigare, c’est une histoire de goûts, d’arômes, si je veux un arrache moi la gueule, je peux en fumer n’importe quand. Un cigare avec des arômes ciselés comme celui là, c’est autre chose. Epicé, boisé, légérement terreux, et so mellow.

 

De l’allumage à la fin, aucun défaut. Du goût, et de la qualité : la combustion est parfaite, aucun dégazage, aucune amertume, aucun piquant. Tout est bon.

Marié à un simple Taittinger brut avec lequel il a produit un accord magnifique, les deux se fondant magistralement, ce Tatauje est la digne représentation de ce que le nicaragua sait faire : du beau, bon, et surtout du régulier. A l’heure ou les boites de cubains se remplissent de cigares bouchés, ou de vitoles dont la longueur ou les arômes sont péniblement qualifés de corrects, ce cigare est une monumentale claque dans la gueule. Un brûle doigt.

Une heure de pied, et surtout après la plénitude. Cette sensation légére du bon moment, il laisse la bouche épicée mais pas séche.

A acheter d’urgence, par boite. Si vous n’aimez pas, je les reprends !