Partagas – Germaine et le Short

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Ne soyons ni faux derche ni bégueule, jusqu’à présent, je trouvais le short médiocre, un peu comme une entrée de gamme cigaristique qu’on propose aux débutants, un peu comme si de boire du beaujolais mal vinifié (quand il l’est;..) permettait de se découvrir une passion dans l’oenologie.

J’avoue ne jamais avoir copris ces histoires de vieillissement de short, que je voyais un peu comme une geekerie, ces genre d’expériences fumeuses que l’on mène sur du matériel d’entrée de gamme et qui par mythe transcende même le haut du pavé et réservées aux plus virtuels d’entre nous.

Bref, un avis pas hyper positif et un intérêt mou pour cette vitole – déjà elle se nomme « short ».

Remontant les champs après une petite journée, je me sens passer au drugstore, serrer la pogne d’Emmanuel, le sympathique jeune vendeur et en profiter pour m’acheter quelques vitoles. Emmanuel a d’ailleurs une triple qualité :
1 – Il bosse bien, l’accueil est sympathique et dans la mesure du possible il renseigne
2 – Il est patient, et il gére des cas…sympathiques – si pas sociaux type caviar
3 – Il travaille de concert avec une cossarde qui semble agitée d’un syndrome des jambes sans repos ainsi que d’un intérêt pour son cigare qui est proche de l’insomniaque devant histoires naturelles. Je pense que son prénom (disons Germaine) pourrait être anglicisé de façon à produire un ité, comme Germainité, définissant l’attitude du vendeur qui n’aime ni son métier, ni d’ailleurs les clients.

Je crois sans mentir que c’est la première fois que je vois un mec vouloir rentrer dans le walk in alors qu’il est plein (5 personnes) en disant ‘C’est pour acheter une boite’. Einstein, si tu me lis – ce qui m’étonnerait.

Passé ce tohu bohu, et avoir trompé l’attente en regardant la cave à vin, d’un entendu et d’un ennui sans nom, Emmanuel peut enfin prendre sa première pause, difficile avec un collègue qui est là 1 minute sur 2, et me propose un petit Short.

C’est avec le même entrain que sa collègue nous encaisse – si c’était un mec, je me serais presqu’attendu à ce qu’elle se gratte le matos de nonchalance- et sa seule recommandation et de ne pas rester seule trop longtemps et 30 minutes max.

Bref, arrivés dehors, on se trouve une petite terrasse juste à côté et on s’enfourne les shorts. Bref je vais pas en faire une éloge, mais stricto sensu :
1 – C’est un partagas
2 – En discutant avec un pote en terrasse avec un kawa ou autre, ça se fume.
3 – Ca produit un volume de fumée sympathique qui perturbe la scéance canapé comptoir des gigis peuplant la faune locale.

Voilà. C’est pas hyper fin, c’est même rustique, mais la fuma partagas est là. Un peu de puissance, des arômes fongiques, de cuir, bref, il fait le job. Il n’a pas vraiment d’évolution, en même temps vu la taille du truc, ce serait de l’ordre d’une évolution toutes les trois bouffées.

Là où je mets un bémol, c’est que ça se fume en 35 minutes, le temps de pétasser entre burnes, et ça, c’est dangereux.
Voilà pas que la folle enrage son ‘imitvuiton’ au poigné que la fuma dure 35 minutes et pas 30 minutes. Moi j’ai envie de te dire cocotte, le short, c’est un short finger dans ta face.

Et merci Emmanuel pour cette drolatique expérience ! Promis, j’achète une boite et on lui fait le coup tous les soirs de novembre !

La Gloria Cubana – Médaille d’Or N°2

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La première fois que je livre mes impressions sur cette marque, généralement bien appréciée des amateurs et proposant quelques modules, ce n°2 est un beau panatella lonsdale, d’une longueur équivalente à un churchill avec un cepo plus fin.

Ces modules malheureusement se perdent, je ne sais pas vraiment pourquoi. D’un côté j’entends beaucoup l’argument marketing, avec une mode aux « petits gros » et de l’autre, des problèmes de régularité et de fabrications.

C’est pourtant des modules agréables, et qui ont le mérite de ne pas fatiguer la mâchoire, et pour ceux que j’ai récemment fumé, la construction est assez homogéne dans la boite.
Tout de go, ce cigare partage une certaine proximité avec un ERDM Tainos pour moi. A cru, même registre, fin, boisé. C’est un vrai cubain, léger et fin. il a une belle allure, avec sa bague un peu vieillie, sa cape nervurée et un touché très ferme.

L’allumage est équilibré, « pas si doux » qu’attendu, avec un registre végétal et torréfié. Je dois concéder que j’aime beaucoup, avec un tirage correct, il y a de la mâche et du plaisir de fumer. Le premier tiers passe rapidement et facilement, je fume souvent vite – d’aucun dira que c’est mal mais…

Le second tiers se cale sur une saveur assez complexe, végétale, torréfiée, ca donne l’impression de plonger le nez dans un maragogype. – Chose que je suis allé vérifier en faisant un bon maragogype à la bialetti des familles, et qui a surperbement accompagné la second partie de ce cigare.

Le dernier tiers n’est cependant pas très marqué, et ce cigare se fume sans peine jusqu’au bout, mais j’ai regretté qu’il n’y ait pas ce petit truc en plus à la fin, un finish avec un peu plus de panache.

Bref un stock que je degluti facilement, que je recommande sauf…qu’il est discontinué. Et dans l’histoire, je ne saurai jamais si j’ai mauvais goût, si la distribution standard des fumeurs a mauvais goût, si l’executive moyen du marketing de habanos a une dent particuliére sur les modules longs et fins, où si simplement il faut être plein de remerciement de pouvoir goûter une de ces cigares qui font dire « c’était mieux avant ».

– Edit –
A priori, on pourrait le dire longtemps, puisqu’il n’est pas certain qu’il soit discontinué – Edit- 
Moralité : ne pas croire tout ce qu’on vous raconte ! Na ! Et merci kodebusan !