Montecristo

Montecristo – "D" EL 2005

images

Fini les doigts furieux, les coups sans lendemain et les cigares classiques, voilà un cigare difficile à trouver, tellement d’ailleurs qu’il est arrivé par hasard dans une pochette surprise de mon vitologiste favori.

Un Montecristo « D » EL 2005, car il est bien connu que depuis que le Maravilla a éveillé mon palais à la suavité du Montecristo, le jeu local est de m’en offrir. Si certains comme Antoine ont fait mouche, d’autres se sont risqués à me propose des séries open dont l’ennui n’égale …Rien – C’est chiant et puis c’est tout !

Là bon point on est sur un Dalias. En même temps, on parle d’un temps que les nazes ne connaissent pas : celui où les cigares n’etait pas encore atteints ni d’obésité, ni de nanisme. Je vous parle d’un temps où on aimait le cigare, le vrai. Le long, le fin, l’élégant, l’indolent. Maintenant on aime le court, le gros, le vulgaire et le chiant. – Tient, j’ai failli écrire Nub 🙂

Celui de mon temps, des cons expérimentés et des dalias, lonsdales, et panatellas, aujourd’hui sacrifiés à tour de bras par habanos comme des chrétiens sous néron. – D’ailleurs à ces amateurs de boursouflures tabagiques, j’aimerai par la présente leur demander de changer, mais je me doute que l’écho fait à cette demande sera proportionnel à leur amour du cigare.

Bref, c’est un dalias, à la gueule cassée, la peau vieillie, sombre, et pourtant bien lisse. La cape est légèrement rêche, comme s’il disait « Gamin, traite moi avec respect ! ». Il a une gueule de bourgeoise du XVIéme,classe mais refaite, qu’on soupçonne de trainer dans des clubs particuliers avec ses copains et surtout ses co-pines.

Il est un peu mou et après ouverture, il tire cubain, voir cubaine étroite.

Sans surprise c’est un bon Montecristo, calé dès les premières bouffées sur un boisé terreux, avec ce qu’il faut d’humus et de sous bois pour imposer sa finesse. Malgré un tirage très QI de BHL, à l’instar de celui-ci le volume de fumée est correct, et à la différence, ça demeure plaisant. L’évolution va s’installer dans l’oléagineux, j’ai senti de la noisette, très agréable, mais un peu légère, et finir sur du cuir bien senti.

J’ai envie de dire simple et efficace, mais est-il vraiment à part d’un Monte 2 de bonne facture, ou d’un Especial N°2 ?

Hell no !

Je le trouve d’ailleurs diablement proche du Monte 1. Les amateurs de puissance vont être déçus, les amateurs de n°2 seront ravis, et les fumeurs de bague en trouveront une marquée EL (Ce qui comme tout à chacun le sait permet de « pricer » correctement le cigare)

En même temps, un Montecristo sans le boisé, ça serait un peu comme un con avec qui le temps passe vite : ça n’existe pas.

Bref, à tenter pour ceux qui aiment le cigare – Et pour ceux qui veulent l’agrémenter de jus de raisin, j’ajouterai qu’il s’accomode très bien d’un pinot bourguignon bien fait, comme un Auxey Duresses, mais ça c’est une autre histoire 🙂

Montecristo – N°4

Trouvé ce petit bout dans une civette locale (en même temps à 25% et 65% d’humidité tout est un humidor) j’ai trouvé un petacas de 5 montecristo n°4. Je voulais essayer un truc et je vous passe le test du cigare local des canaries (c’est simplement dégueulasse, et certains ont un plus grand talent que le mien pour être lapidaire sur des cigares).

Je me suis rendu compte qu’en une dizaine d’années de fuma, je n’avais que très rarement essayé ce cigare qui ne m’avait jamais séduit plus que ça. Quelques boites et cigares m’ont réconcilié cette année avec la marque Montecristo et donc j’ai laissé sa chance à ce marevas.

De prime abord, ils sont tous bien faits, corrects mais sans plus, ce n’est pas le plus cigare que j’ai vu, c’est simplement propre. Correctement rempli, une jolie cape chocolat et une odeur marquée d’animal. La cape est légèrement grasse, ce qui rend le cigare appétissant et bien gaulé.

A cru il laisse l’impression de ses frangins de portée, légèrement boisé et fongique. Un coup de toaster et voilà ! Un bon petit corona, sans prétention, avec des saveurs simples essentiellement boisées et végétales, et un petit coup de kick par rapport au modules plus importants de la gamme. Sa simplicité n’est pas sans qualités, il propose notamment des arômes fins et une force agréable.

Ce n’est pas le cubain de l’année, et l’évolution est nulle si ce n’est un torréfié crescendo ou fur et à mesure de la combustion qui se déroule sans accroc.

Parfait comme cigare d’apéro, de barbecue, il n’est pas particulièrement rassasiant ni exigeant sur l’attention. Il se fume facilement, chichement et sans prise de tête.

Un cigare de plagiste accompli, qui mérite un peu d’eau avec un dernier tiers un peu asséchant.

La combine à Volutes

Il est préférable de choisir un endroit surpeuplé d’anglaises et d’allemandes se goinfrant de junk food et de pintes de bière, on a alors l’esprit bien plus occupé par le cigare et on cherche à tout pris d’éviter de croiser les fauteuils de Nikki de Saint Phalle en bikini qui se dandinent du transat à la pompe à biére. Veillez cependant à ne pas être derrière quand elles sautent dans la piscine – mécaniquement, personne ne les jette.