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Le vrai goût du cigare

Le tabac sans les copains, c’est un peu comme des gros seins sur une grosse : ça ne compte pas.

Fort de cette métaphore nocturne post-cubana, je me rends compte que je n’ai pas posté depuis bien longtemps.

Et il y a un effet direct : depuis quelques mois, j’ai beaucoup de travail et je vois moins mes potes. Certe je fume, mais le plaisir est moindre, c’est souvent le petit cigare de détente le soir, un peu fatigué, où on ose pas attaquer un gros module. Il manque un truc : les potes.

C’est les potes qui font fumer de tout (surtout Ju mais j’ai une théorie sur lui), et avec lesquels même la plus grosse daube blendée peut se terminer en un moment de grace.

Parmis les potes fumeurs de cigares, il y en a plusieurs.

Le pote qui fume du D4.
Ce pote là, il aime pas tant le cigare que ce que ça représente, il est toujours dispo pour une rigolade entre potos, et même si il a toujours senti la plénitude devant un D4 ou ressenti un manque pendant la pénurie de E2, il a toujours partagé la nouveauté avec joie. C’est le pote avec qui on aime autant parler que fumer. C’est le pote qui vous fait avoir un fou rire juste avec un clin d’oeil et une expression de visage. Il est bon vivant et drôle et tout chez lui respire la sympathie.

Le pote qui fume du cigare de contrebande.
Pour lui, la bague c’est un truc de branleur. Le vrai cigare, il est pas dominicain, il est pas du nicaragua ou encore du honduras. Le cigare c’est cubain. C’est la pute à 40 CUC et le mojito, le cochon à la broche et les fagots de cigares frais. C’est le pote qui te fait fumer des trucs que t’a jamais fumé, ou que tu as déjà fumé mais en version moins de 6 semaines et qui te regarde avec la puissance d’un maitre shaolin dans Kill Bill et te dit « Alors, ça, c’est pas de la branlette ! ». Il a un côté relou a toujours vouloir fumer ses cigares, mais il fait des progrès et il est d’une générosité inégalée.

Le pote qui fume Nawak
C’est le pote que tu finis par croire qu’il n’aime pas le cigare. A l’opposé du fumeur de contrebande, il fume tout et principalement n’importe quoi ainsi que des batons de réglisse italiens gerbiques qu’il coupe à la Tuche. Lui c’est l’encyclopédie du cigare alternatif. Le prince du Gurkha, le duc de la Traviata, l’empereur du Toscano. En trait de caractère secondaire, c’est un geek libriste. Oui. En dehors de son infâme mauvaise habitude de fumer comme un pompier toutes les daubes pouvant être blendées dans ce bas monde, il a une habitude pour le moins étonnante c’est de faire les choses bien et gratuitement pour que tout le monde puisse en profiter. Au dessus que ça modére son étonnant goût de chiotte en matière de précieux, cela force le respect et finalement pose le bonhomme.

Le pote qui vend des cigares
C’est le pote que d’autres apprécient parce qu’il les vend, que d’autres critiquent parce qu’il en vend aussi et qui n’est finalement qu’un geek du cigare avec qui non seulement on découvre des choses, mais qui est vraiment passionné. C’est en outre un garçon poli et érudit, ce qui ne gâche rien et ne laisse jamais la conversation vide. C’est un bon vendeur oui, parce qu’il vend, mais il vend grace à la passion et sans vraiment regarder aux chiffres. Je lui souhaite de devenir un des prochains grand monsieur du cigare et je viendrais le voir si un jour l’envie de faire des shabeat me prend, de toutes façons celui qui fume Nawak me garanti au moins un client.

Finalement, ces potes là, et les autres, c’est ceux qui rendent les fumoirs sympathiques, les soirées enrichissantes et le cigare est juste un agréable moyen et une passion commune. Combien de cigares s’était révélés moyens ou justes bons et le caractére unique de la soirée les a rendu mémorables.

Qu’ils soient fumés en compagnies de beignets de calamars en plastique et de tang orange au rhum négrita ou du meilleur cocktail d’un bar de palace n’a pas vraiment d’importance.

J’écris cela en fumant un Vaga Robaina Famosos qui est bon, mais moins que celui ramené de Cuba en boite avec le détail de l’achat auprès de la vendeuse, et la photo explicative. Certainement, il est fin, végétal et torréfié, finement boisé, mais il lui manque le moment, l’histoire.

Le cigare n’a pas besoin de bague, il n’a pas besoin de palace, il n’a pas besoin de boutons de manchettes. Le cigare il a besoin d’être partagé, d’être raconté, d’être échangé, d’être offert. Il a besoin de cette petite gorgée de bière. Les potes, c’est l’âme du cigare.

Alors mes potes, passez de bonnes vacances, et on se revoit en Septembre pour de nouvelles expériences.

« L’horreur, ce n’est pas la mort, mais la vie que mènent les gens avant de rendre leur dernier soupir. Ils n’ont aucune considération pour elle et ne cesse de lui pisser, de lui chier dessus. Des copulateurs sans conscience. Ils ne s’obsèdent que sur la baise, le cinoche, le fric, la famille, tout ce qui tourne autour du sexe. Sous leur crâne, on ne trouve que du coton. Ils gobent tout, Dieu comme la patrie, sans jamais se poser la moindre question. Mieux, ils ont vite oublié ce que penser voulait dire, préférant abandonner à d’autres le soin de le faire. Du coton, vous dis-je, plein le cerveau ! Ils respirent la laideur, parlent et se déplacent de manière tout aussi hideuse. Faites leur donc entendre de la bonne musique, eh bien ils se gratteront l’oreille. La majeur partie des morts l’étaient déjà de leur vivant. Le jour venu, ils n’ont pas senti la différence. »

Ah c’est ça, j’ai oublié le dernier pote : Celui qui écrit des conneries sur son blog.

La Flor Dominicana – Double Ligero Maduro

Une visite chez Art Tabac, un coup de téléphone, un « Oh si tu en trouves », et quelques jours plus tard, voilà une réunion occulte organisée autour d’un chibre dominicain d’ébéne, dont le côté chiant se perçoit immédiatement.

Allons directement au seul point positif du barza : il est bien roulé. C’est beau, avec une belle cape maduro bien grasse.

Au touché c’est mou, on se doute tous que le tirage va ventiler grave. Vu le morceau, on sent qu’il y a de l’économie polonaise sur le remplissage.

Ca sent le cuir, assez fort. L’odeur n’est pas désagréable, et vu le module, les blagues potaches sont légions, notamment le « ça sent le cuir et la moustache » (Oui on sait, inutile de commenter).  Dans la bouche on se sent vaguement inverti par ce module qui a un côté kéké. Globalement, on le sent mieux dans la main d’une personne qui a un trouble de la reconnaissance ou de l’autorité – éventuellement équipé d’un 4×4 viril. Vous comprendre après pourquoi il est nécessaire de le fumer seul et dans la bonne humeur et qu’une analyse scolaire de ce cigare peut mener à une mort certaine d’ennui.

Pour poursuivre dans le grivois, le mauvais goût, le phallique, le putassier et le pôtache, je crois que nous avions affaire à comme le précise mesuret.org, un taille 5 : rare, exceptionnellement gros, mais qui bande mou. – Il a fallu descendre à ce niveau pour survivre aux effluves du cigare et rester aware

Le premier tiers dure 1 heure. Les arômes sont boisés légérement, ça ventile tellement que ça fatigue, la fumée est légére, sans gras, sans profondeur, c’est evanescent. Ca se fume en discutant; sans plus. C’est du Don Horacio avec moins de goût.  Le module est trop large et trop long, c’est désagréable de tirer dessus. Les rires des poulettes qui s’installent au fond en dise long sur l’interprétation faite du fumeur de ce cigare. Non seulement on passe pour des kékés, mais en plus, on se fait chier grave. Heureusement qu’il nous reste un retardataire à chambrer et un revenant hispanisé qui améne le chorizo.

Oui. Pendant le premier tiers de ce vibro puro dominicana, on peut faire plein de chose. D’ailleurs, il sait parfaitement se faire oublier.

Le second tiers, une douce chaleur envahie votre corps, et vous vous rendez compte qu’avec le tirage, le cigare hyper-ventile et que l’hyper-ventilation…Ca fait bailler, et qu’à force de bailler…On veut dormir ! Et on en reprend pour 1 heure strictement identique au premier. A vrai dire, j’ai arrêté de chercher des arômes, ça et là des pointes torréfiées et un peu boisée, mais c’est tellement lâche et mou qu’on s’en fout. On fume quoi.

L’alliance avec le café est recommandé. Lequel ? On s’en fout. Un qui permet de rester éveillé et qui envoie une belle dose de caféine.

Le dernier tiers, je sais pas et je veux pas savoir. D’aucun m’on dit qu’il était aussi chiant, mais en plus mauvais, d’autres ont failli s’endormir vraiment. Je ne mets pas de photo, inutile de savoir le reconnaitre, et il n’en vaut pas la peine.

C’est cher, c’est trop gros, c’est mauvais, c’est chiant.
Mon premier Hollande du cigare de l’année 2013 !

Ce cigare mérite une chanson kitch et désuéte :