Cigare

Montecristo – C EL 2003

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Montecristo est probablement la marque cubaine avec laquelle j’ai pris le moins de plaisir. Globalement, je ne suis pas fan de la ligne Montecristo, de ce terreux boisé. C’est un biais probablement particulier car beaucoup de fumeurs tiennent certains Montecristo (N°2, n°4, ou même Edmundo) comme des références. Clairement et sans détours : je n’aime pas. Ce sont souvent des cigares bien faits, mais qui manquent – à mon avis – singuliérement de personnalité. A plaire à tous, on ne passionne personne ?

C’est ainsi que j’ai décidé aujourd’hui de passer un peu de temps avec un Montecristo EL 2003.  Je tire un peu le diable par la queue, car finalement ce cigare représente deux choses que je ne crédite pas vraiment, la marque et les EL. En revanche, c’est un format que j’aime bien, corona gorda.

Comme toutes les EL, il présente une belle apparence, avec une cape sombre, légérement nervurée. Il semble régulier, bien rempli mais Il dégage un senteur assez neutre, légérement boisée, un peu décevante. Comme ses co-turnes d’ailleurs.

A cru, il annonce clairement sa famille : les effluves sont terreuses.

L’allumage est simple, le tirage est en revanche excellent pour un gorda, et…..C’est un « monte » : du terreux boisé se met en place quasi métronomique…Mais, le boisé est cette fois plus précieux, plus riche et donne une saveur particuliére à cette piéce. Assez intriguant, et franchement pas désagréable. Le terreux tire un peu dans le végétal, que je pourrai qualifier d’humus, un peu comme une balade dans un sous bois après la pluie. Difficle de dire de ce monte là qu’il manque de personnalité.

Le vrai problème de fond, c’est qu’il est chiant. Les saveurs évoluent peu, tout au plus au grè de la combustion, il part dans l’empyreumatique, et un dégazage (impressionant) plus tard, il y restera. Cependant, le volume de fumée est agréable, la combustion est tout au plus correcte, sans être parfaite.

Le dernier tiers est sympathique, avec de belles notes franches de cuir et de torréfié, et une puissance, même si je l’ai trouvé au final un peu asséchant. Il est même rasasiant, et ce dernier tiers m’a laissé des saveurs en bouche, avec une belle longeur qui m’ont donné une impression de réglisse (nicotine ?) et végétale.

Que dire de ce cigare ? 9 ans pour en arriver là, c’est décevant. C’est mieux que ce que monte fait en gamme standard, mais ça reste du monte et j’ai du mal avec ce registre terreux dont je ne suis pas fan. Il manque de gourmadise, de rondeur, même si il m’a semblé plus complexe que d’autres montecristo.

Ca se confirme décidemment, je vais devoir abandonner l’idée de trouver un montecristo qui me convienne. Beaucoup d’attente pour pas grand chose. Je pense que ceux qui apprècient les cigares un peu plus rustiques seront comblés. Me concernant, je préfére un cigare aux saveurs plus riches et plus fines.

Hoyo de Monterrey – Short Pyramides EL 2011

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Amateur de cigares légers et gouteux, j’aime bien hoyo, avec une affection particulière pour le Hoyo des Dieux et le double Corona.
J’avais donc fait l’acquisition d’une boite de celui-ci, qui a rejoint mes regalos sur lesquels je reviendrai plus tard.

D’apparence, c’est un module qui est bien pensé : il se fume facilement, un cepo correct (^^t pas trop gros), et le format torpedo / pyramide que j’aime beaucoup. Sur le cepo, je suis un peu girly je sais, mais après quelques brise machoires, vraiment je prend le critère en considération.

Comme certains éditions limitées, il présente un tabac, au moins pour la cape, ayant subi une fermentation / vieillissement prolongé de plusieurs années.

Dans mon imaginaire, j’ai cru que j’avais touché une marque que j’apprécie, dans un module inédit chez elle et que j’apprécie, avec une cape qui apporterait un gain de puissance à cette saveur parfois evanescente du Hoyo. Je me souviens même l’avoir trouvé en même temps qu’une belle boite de Gold Medal Bolivar – jour de chance ?

Le cigare a donc une cape soyeuse, mais sans gras particulier, avec ce grain propre aux tabac agés utilisés pour certains cigares, une teinte plus foncée, une texture légérement nervurée. Il dégage une forte odeur de cuir et  à cru non seulement il annonce un tirage excellent, mais il annonce aussi des notes végétales.

En faisant court, de l’allumage au dernier tiers, ce fut l’ennui et la déception. Voir aussi une forme de révélation, en écho au précédent Ramon Allones EL que je n’avais pas apprécié. Même si le tirage est excellent et que la fumée est présente, la cape apporter un terreux / poivré qui obfusque complétement les saveurs hoyo qui survivent péniblement dans une pointe végétale et un peu d’épice. La puissance est effectivement nettement supérieure à ce que fait hoyo d’habitude, mais c’est au sacrifice de ce qui fait pour moi la personnalité d’un Hoyo, à savoir une grande finesse arômatique. Là, il y a une rusticité désagréable. 

Au fur et à mesure, le terreux et le végétal vont partir dans des notes clairement sur l’empyreumatique, et on a vraiment l’impression là encore de fumer du tabac séché (ce qui est un comble). Ca tombe non plus dans le registre de saveur d’un cubain, mais quasiment dans le registre d’un vieux tabac brun. J’ai fait un retour à l’adolescence car j’ai retrouvé le goût (pas exactement identique, mais avec des similitudes) d’un tabac brun comme le Ajja.

Contrairement à la promesse annoncée, cette édition n’a pas grand chose d’un Hoyo, et d’ailleurs souffre du même mal que l’EL de Ramon Allones. Le produit est tellement accès sur la cape qu’elle écrase tout.

A noter en outre que sur le dernier tiers, j’ai rencontré des problèmes de combustion (en cratére).

Je vais laisser le reste de la boite vieillir, sans hâte de renouveller l’expérience, car si je souhaite un cigare rustique et puissant, je trouverai mieux équilibré et moins cher ailleurs.

Un cigare sans grand intérêt gustatif, et c’est dommage car le choix du module est excellent.