Cigares

Ramon Allones – Le petit gros d’Andorre se ballade en teutonie

Et il sorti de son train, armé de sa valise de 35 kg, arrivant dans la ville calme au bord du lac. Voilà. La volute est en territoire teuton et pas ceux de ta soeur.
Celui de la neutralité, celui du monde feutré d’un pays dont la torpeur n’a d’égale que le chocolat au lait, celui où on mange du porc Génevois, celui où les boites ont des noms à la con, et celui où les plus prestigieuses entreprises côtoient les locaux de bouges à tepus pseudo classieux.

Enfin ! Le chauffeur de taxi me dévisage et me dit « Vouzètes pos du couin ». Et non l’ami. Je viens t’envahir, m’installer, profiter, et te faire la morale sur ton mode de vie pendant que je fuis une société perclus de ses problèmes sociaux, dirigée par un autre petit gros insipide, secondé d’un naze à zillions d’années d’avoir des solutions mais qui en bon gauchiste a mis un banquier d’affaire à la tête de l’économie. Bref, je suis Français.
Et maintenant roule mon petit !

J’admire leur mode de vie. Il est 22:00. Personne ne boit dans la rue, personne ne crie, personne ne fait chier à hurler sa vie en terrasse de bar bobo, c’est le calme et la tranquillité et où les commerçants ne se sentent pas obliger d’enfermer leurs magasins dans des tonnes de grillage. Les femmes sourient, les hommes discutent sagement. Un pays en sécurité avec des habitants détendus.

Paradoxalement, j’ai trouvé le moyen de pied-à-terrir à deux pas d’une des rues de la soif. C’est une magnifique survente, il s’agit de bars où l’on peut gentiment boire jusque 2:00, mais qui ferment à 23:00 faute de clients.

Quoi de mieux que de prendre un cigare offert en cigare inaugural d’une nouvelle tranche de vie, que de fumer le cigare offert par un pote avant le départ ?

Un beau Ramon Allones, Petit Allones, édition régionale Andorre de 2013. Ok ça part mal, on dit un petit edmundo…Si on se réfère au module, il s’agit d’un mauvais souvenir, si ce n’est les tocards du Drugstore qui consomment les meilleurs, bien mous (humide et mal rempli, pire qu’une célibataire de 45 ans, c’est comme ça qu’on aime le cigare !)

Je l’ai coupé, il tire beaucoup (pas évident pour un petit gros) et ca pue l’étable et le cuir. C’est gras, c’est beau, ça donne envie.

L’allumage j’adore. On est dans le sujet immédiatement. La patte Allones est là, du cacao amer, de l’herbacé, une petite sucrosité et surtout un crémeux à se damner.

Je me suis assis à une terrassse d’un bar – restaurant, dont j’ai vu qu’il faisait de la cuisine de la chasse, et après quelques minutes, j’ai vu qu’il faisait aussi de la fondue chinoise à volonté et du rosé espagnol. J’ai changé de bar.

J’atterri à une clémente terrasse où on peut utiliser des plaides , et pas désagréable, peu peuplée. Par traumatisme francilien je demande poliment si mon petit gros dérange, et on me répond non. On m’a servi une bière située entre la pisse d’âne et la budweiser light,dont j’ai oublié le nom et c’est mieux ainsi.

J’ai continué ainsi à jouir de mon petit gros, me disant que c’était une bonne idée. Il n’y a a de grosse évolution, mais on est tellement vite dans le sujet et à l’essentiel que je n’arrive pas à lui en vouloir. Ça envoie des arômes, du jus, ce n’est pas timoré. Une jeunesse bien maitrisée, avec un côté patissier qui s’installe.

Comme si le plaisir était trop intense, un Suisse me parle et m’étale sa xénophobie au visage. En même temps de bon temps, je lui souffle mes volutes, rétorquant que dans ma monarchie de sangs de bourbe, on avait pas l’habitude d’utiliser si légèrement ce genre de mots.

D’ailleurs c’est simple; en France nous sommes tellements brillants que nous avons appris à communiquer pour ne plus rien se dire. On se déteste, mais verbalement on s’adore, on se suce, nous sommes tous adorables, sympathiques, tellement gentil, le coeur sur la main. Juste que les autres on en veut pas dans notre jardin, mais notre jardin ne regardant personne, nous sommes xénophobes à l’intérieur et tolérants à l’extérieur. Un peu comme le roi et sa cours étaient parés à l’extérieur et crades dans leurs habits. Un peu comme une pièce toujours d’actualité sur des pas si précieux devenus franchement ridicules.

Le cigare m’inspire au final, et comme ce sympathique Suisse : il est franc, droit, ne plaira pas à tout le monde, mais sa présence est agréable. Un peu chiant sur les bords, mais c’est le prix de la sécurité.

C’est vraiment un excellent cigare en mon sens : aromatique, plaisir immédiat, bonne combustion, très bon équilibre saveurs / puissance.

Du très très bon Ramon Allones !

Eroa – Gamme Eroa, les bonnes et les mauvaises surprises…Et le droit de révision

Hello boys and girls,

J’étais sympathiquement invité dans un club hier soir à l’inauguration d’un cigare hondurien, à savoir : La marque Eroa.

Alors ça c’est pas vrai du tout. J’ai un pote qui me tanne comme un gros lourd depuis des mois pour aller à des soirées. Ces soirées échangistes de la carte de visite et endimanchées, tout le monde sait que j’adore. J’adore me mater les weston en me tripotant les boutons de manchettes et faire des pseudo bons mots en se tapant sur les cuisses parce qu’on gagne du blé. Tout moi !

Bref, juste l’idée d’être déguisée en costume (j’en ai 2), rasé (pffff), propre, et de parler du néant avec des inconnus qui utilisent un biais passionnel pour parler business, ça me la laisse super molle. Et petite, mais ça c’est que mon eau chaude est en panne.

La teuf d’avant, c’était cubain à volonté et dessert de patissiére sous chef de michalak avec une sélection de vins thématiques, bref, des motifs suffisants pour faire abstraction et sourire en parlant du temps ou des misére de la politique de gauche dans les milieux qui n’ont pas de problèmes d’argents.

Sauf que là, j’ai ressenti comme une existence divine qui avait décidé de me punir : un cercle fermé dans le 16éme, des cigares honduras (noooonnnnnn pas Rocky Fucking Patel, j’ai pas mérité ça !!!!!!!) et pas de sélection de pinard.
Et merde ! Je me suis engagé à y aller. C’est mon pote, donc j’y vais. J’ai même nettoyé mon agenda pour y être.

Au final, je me suis retrouvé dans une soirée organisée par un mec hyper sympathique, qui a bien assumé le club d’affaire, avec humour et légéreté, et les potes et quelques passionnés aidant, j’ai réussi à ne rentrer qu’avec deux cartes visites et le sentiment d’aovir passé une bonne soirée. Michel, c’est son petit nom, est un mec sympa, accueillant et décomplexé, et ça soulage. Le fait que la famille Pitbull y soit, ça aide aussi à se dire qu’au final, je terminerai à la table des cancres qui pensent plus à maintenir le verre à niveau, à éviter l’économie, la politique et surtout à profiter de toute blague pourrie sans complexes.

D’ailleurs j’ai du me présenter. Bref, j’ai misérablement essayé d’expliquer que j’étais un phénoméne aléatoire après qu’un fabriquant de jouet m’ai surnommé algorithme, Michel m’a rattrapé le coup. Merci amigo.

Le moment mythique de l’apéritif, arrive et votre héro avait snippé les boites à l’accueil. Sachant que renifler m’a fait éternuer, j’ai décidé de faire le niais par anticipation : je me suis allumé un cigare.

Et oui ! Suffisait d’y penser ! Et cela m’a permis de voir tous mes interlocuteurs, bien plus éduqués et polis que moi me dire sans l’oser que le premier cigare était pas terrible.

Hormis le trucculent Cyril qui m’a tendu le sien pour que je goûte et c’est très très …Puissant.

C’est très poivré, très épicé, quaisment désordonné. C’est asséchant.  Je croix que le consensus rieur sur ce premier module était « ça arrache ».

Bref – c’est la fusion sexuelle d’un rocky patel et d’un camacho, sur lequel on aurait greffé un poivrier chinois. C’est franchement mauvais. C’est d’ailleurs tellement franc dans le mauvais qu’on se demande si c’est pas fait exprès. Même le toscano est plus distingué.

Après un diner sympathique, où j’ai quand même réussi à être attablé avec une personne qui m’a demander d’éteindre mon cigare parce ce qu’elle n’aime pas (ndlr : dans un club cigare…là c’est high score, ça mérite un Gérard du Nawak)

Ensuite, après un diner assez conséquent (risoto aux truffes, et suprêmes de pintades) et un médocain passable, on nous améne la piéce principale. J’avoue ne pas avoir tout compris aux explications du représentant de la marques, si ce n’est que c’est du corojo.

D’ailleurs, elle a eu bien raison cette charmante personne anti-cigares : il vaut mieux éteindre un cubain pour que collectivement on puisse allumer le toro de la gamme. Ca a un petit côté j’ai réussi à pricer l’intolérance !

Le Toro est un module forcémment plus imposant, plus clair, mais un peu mou j’ai trouvé. Ca ventile beaucoup, et la combustion chauffe le cigare. Pour le coup c’est un profil très différent : le cigare est léger, calé sur un arôme poivré et épicé. Là encore je n’ai pas eu le coeur de le finir, pas mon truc. Le remplissage étant léger, il y a des trous de combustion, et parfois même des surchauffes, j’ai vu des voisins de table avoir des combustions en biseau. – Mais eux ils ont adoré 🙂

Bref, ca peut bluffer un fumeur du dimanche ou une soirée mondaine, mais pas les fumeurs émeritent qui lisent ce blog avec l’avidité d’une allemande face à sa wurst.
J’avoue que de cette soirée, j’ai surtout retenu des choses :

L’idée est géniale, une oenologie thématique, Carole (fondatrice) est une passionnée hyper abordable,  et j’ai passé d’agréables moments à discuter vin avec elle, malgrè le cigare si je puis dire.
Pour les plus curieux d’entre vous, allez jeter un oeil et prenez contact, il y a des choses à apprendre là bas.
De toutes façons elle est hyper simple d’abord, elle aime le vin et elle fume le cigare. Rien que ça c’est suffisant à la rendre sympathique.

Art Tabac
Art tabac ne fera pas ce cigare. – Et à mon petit niveau, nous étions plutôt convergents sur le résultat de la dégustation, le Pit étant moins diplomatique que moi en abandonnant son cigare dans le cendrier.

Réviser
J’avais fait un précédent post beaucoup plus consensuel, et je reconnais que je me suis fait chier en le relisant.
C’est corrigé.