Cubains

Diplomaticos – N°2

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Le cri et chuchotements et un club privé – le terme à la mode pour décrire un endroit ou tu payes moins cher si tu amènes une gonzesse que si tu y vas seul, bien plus classe que l’Inox du front de soutient du Sancho Panza on on a tendance à manquer de présence féminine même si on y gagne en vitologie.

Bref, ce club est un club SM. Le milieu SM est un peu un milieu bizarre. Pas simplement pour le fait qu’il faut aimer se faire électrocuter les boules par une quadragénaire usée, ou se faire proposer une maman en bas résilles pour vider notre stress dedans. C’est surtout sa codification un peu lourde. Rentrer dans ce genre de pratique en tant que novice, c’est un peu comme le cigare sur les forums belge : ils savent tout, t’expliquent rien et tout ce que tu dis est une connerie. Donc basiquement, ça fini en bande de vieux potes qui baisent plus mais connaissent tout des subtilités de leur pratique, et confondent partage avec exutoire sadique mais qui trouve quand même audience auprès de gens un peu limités et en suffisamment en détresse intellectuelle pour supporter de se faire jeter le gant pour ne pas maitriser un savoir tout relatif et pas franchement vital. Ça a un petit côté régression au stade anal.

A l’inverse de tout processus initiatique, la position d’apprenti y est tout bonnement hyper désagréable. On apprend pas, on se fait retoquer. On ne répond pas, on obéit. Et il faudrait y trouver une forme de satisfaction. L’objet devient accessoire (pas ce genre…), et le paraître devient le but. Quel bonheur et quelle joie de se fader des principes à la con qui enléve toute la joie et la fougue de la découverte. Moi ça me fout le vit en berne.

Tout comme le monde du cigare, il y a des règles un peu iniques (tout a trois tiers par exemple), un peu simplistes (il y a les dominants et les soumis), un peu lourdingues (écouter un « maitre » faire la description de son position dominante, ça revient à se faire l’intégrale de lalanne sous LSD un soir de pleine lune). Cela dit, on peut croiser des escorts en talons et cuir, ce qui n’est pas toujours désagréable à l’oeil, mais comme un beau walk in, ça peut vite vous faire les poches avec un plaisir en sortie très relatif – Encore que j’ai jamais tenté de mettre une escorte dans une cave, mais dans un backroom SM ça diagonalise la matrice des similitudes.

Quel rapport avec le Diplomaticos ? Personne n’en parle, et dans certains cercles, c’est presque pire que fumer du dominicain. C’est la sous marque, c’est le mec qui se pointe en pantalon simili cuir et mephisto dans une soirée Cuir et liens.

On est loin de la puissance virile et poilue du Partagas ou du Bolivar, ou de la douceur soyeuse du Vega Robaina. On est dans la simplicité.

Un beau torpedo, sobre, discret. Le truc que tu sors, un peu comme le balmoral du fumeur de cubain dans une soirée de fumeurs. Les meilleurs sortent les EL, les bobos le nicaragua dernier naît (forcément génial) et toi tu sors ton diplomaticos et là on te regarde comme si tu venais de faire un gros doigt à la salle. Et tu sens jaillir sur toi l’opprobre pire que si tu disais fumer du la paz. Ah le con, il a acheté les fonds de tiroir du cubain !

Ca change et ça fait du bien. Enfin un cubain simple, boisé, qui envoie du cédre sans prétention, avec des notes végétales à la fin. On a pas toujours envie de boire du café passé par les viscères d’un piaf et pressé avec régularité, dès fois on apprécie le café sur le coin de zinc avec la simplicité du troquet de base au petit matin.

Ce cigare est éminemment sympathique, simple et agréable. Si les arômes se calent immédiatement sur le cèdre, il a un côté pâtissier, abordable et facile qui le rend facile à fumer. Étrangement, même la puissance est hyper modérée : il évolue peu, un peu comme une fessée d’une heure à intensité constante et pour peu qu’on y prenne du plaisir.

La seule évolution notable est un vrai torréfié qui apparaît progressivement si bien que le dernier tiers donne l’impression de rentre chez le torréfacteur de quartier. J’ai pas eu l’occasion d’essayer sur un bon café, mais c’est l’alliance naturelle qui me viendrait à l’esprit.

Un torpedo honnête à découvrir, même s’il ne joue pas dans la cours d’un Upmann N°2 ou d’un P2. On est plutôt dans le registre Quai D’orsay, voir d’un Rocky Fucking Patel the Edge. Je me ferais bien ce machin un matin de vacance en terrasse avec un grand bol de café et du pain grillé.

@+, et happy bitch slapping.

Edmundo Dantes – Conde 54

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Alors que ma soirée commençait mollement à la maison des centraliens, avec un double edmundo (je ne sais pas ce qui m’a pris….et je suis toujours sous le choc) et un fruit pressé, l’amertume de la dégradation lente mais certaine du lieu (sol sale, tables sales, bordel ambiant) risquent de faire basculer ma soirée d’un moment de détente d’exception à une nouvelle du grand Charles.

Mon vitologiste avec lequel j’avais convenu d’un rednez vous à 19:00 arriva à l’heure à 19:30, et après des retrouvailles, des présentations et un choix de cocktail pour le moins particulier, il m’ouvre sa boite aux trèsor.

J’en sors un flor de selva …..arf….Et là un joyaux ! Un Balmoral !!!! Dans la cave du vitologiste !!!!
Oui tu es démasqué, où alors tu attendais secrêtement l’ami des pinqouins, qui comme chacun sait n’aime pas le cigare (private inside joke)

Mais non il cache bien son jeu, et me pose, d’un geste papal un cigare bizarre sur la table.
Et là mes yeux s’allument, je laisse ce double edmundo à un convive qui l’appréciera plus que moi : le cendrier – et je me saisis de cette piéce.

Un sublimes, ultrat rempli, ultra tendu, qui sent bon le cuir et qui porte un drôle de nom : L’edmundo dantes (bref, montecristo au mexique), un édition régionale mexicaine de 2007, le conde 54. 

Une chose surprenante chez Montecristo, c’est que je n’aime que les très rares (Maravilla par ex) ou les délaissés (Especial n°2) mais rarement les mainstream (la gamme edmundo, la série ratée des open).

Et là c’est la plénitude à l’allumage. C’est fin, boisé on retrouve l’arôme de Montecristo, finement boisé, un peu végétal, et plus fruité avec plus de punch, plus de jus. En deux secondes, il propulse le double edmundo (dont la civette m’avait promis que j’allais me régaler….)

Ce qui est dingue c’est son remplissage, on dirait quasiment qu’il est ventripotent et que la cape va céder sous la pression de la poupée et pourtant le tirage est parfait. 

Et oui, ce conde 54 ets parti pour rejoindre le Maravilla au panthéon des grands cigares. Non seulement il est bon, mais il est suffisamment arômatique pour rester en bouche et ne pas se faire écraser par une boisson.

L’évolution se fait principalement dans des notes oléagineuses, très marquées, très agréables, et il me vient à l’esprit l’impression d’un grand San Cristobal. Ce qui par rapport à la palette arômatique standard de Montecristo est une très belle évolution. 
Malgrè tout on est chez Monte et la puissance reste faible, on est dans le suaves. 

Je n’ai pas pu me bruler les doigts, la cape a effectivement laché vers la fin du cigare du fait du remplissage, mais je suis resté sur ce cigare, tellement l’impression fut bonne.

Merci vitologiste !