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Montiro – Le bonheur du fumoir Genevois

Rue de l’arquebuse, dans une rue froide et calme, un tout petit peu avant plainpalais
.
J’étais déjà passé devant l’endroit dont l’affiche Bar à vin et club cigare avait suffit à me mettre en émoi et pour ne pas dire plus. Quand même déménagé pour vivre à 500 métre d’un endroit qui fait l’affiche de mes deux passions, c’est quand même une chance inouie.
Je rentre accompagné d’un ami, non fumeur qui venait essayer une premiére fois, et l’accueil est vraiment cordial, dans un bar lounge  – pour une fois que ce n’est pas louche – moderne, spacieux et reposant. Un côté Buddha Bar pour ceux qui l’ont connu (celui de Paris), avec un modernisme plus marqué. L’endroit est entiérement tamisé, avec des teintes apaisantes, rien d’agressif dans les couleurs, ou dans l’aménagement.
Je me fais accompagner dans le fumoir.
Là, le bonheur du fumeur : un fumoir, un vrai. Pas le fumoir parisien à l’extraction défaillante ou le Placard à balais ou le réfrigérateur du Speak Easy (Paris) ou de la Marguerite (Paris toujours). Le croisement parfait d’un cubana entretenu qui aurait opté pour le décorateur de la maison des centraliens.
Un fumoir……..Pour paraphraser un ami ‘mfffffffffuuuuuuuuiiiiiiiii’. Onomatopé qu’il faut interpréter comme un abrégé de Depardieu dans les valseuses. Ce petit soupire de joie et d’apaisement de trouver un endroit où l’on se sent tout de suite bien, et où on a envie de fumer nos vitoles.

Le taulier, Olivier, ancien Davidoff est un vrai passionné de cigare. Une petite encyclopédie vivante de la vitole, un de ces fumeurs qui a connu les anciens cubains, les changements de modules, le davidoff. Avec la gentillesse et la simplicité de l’amateur. Une personne cordiale, avec laquelle c’est un plaisir de discuter cigare et qui n’hésite pas à s’attarder à la table de ses clients pour discuter avec eux.
Profane, fumeur occasionnel, collectionneur, Olivier se met facilement au niveau des gens et rend le moment et l’échange plus que sympathique.
L’endroit est de bon goût, avec des couleurs apaisante, une musique d’ambiance qui tire dans le latin / cubain, des fauteuils agréables.
J’ai pu fumer deux cigares :
– Un trinidad robusto extra accompagné d’un Caol Ila 12 ans, superbe alliance entre le torréfié, végétal du trinidad et le iodé du Caol Ila
– Un virtuoso, marque que je connaissais pas, un format de type ‘grobusto’, qui ressemble fortement à un Don Horacio, très léger, faiblement boisé et poivré, malheureusement un peu court mais très simple d’accès avec un Highland Park, qui a su injecter un peu de présence à l’ensemble.
J’ai acheté le second sur place, l’hygrométrie était parfaite, le cigare correctement conservé et aucun problème de combustion. C’est un vrai plus, jusque là j’avais toujours considéré les caves des fumoirs comme un last resort, ou un stock du moment ‘y’a pas l’choix’. Là on retrouve plus un stockage de civette de proximité, avec une sélection, des modules de fumeur, pas que du module grand public :
Upmann connoisseur n°1, Vega Robaina Unicos, Partagas EL 2014, Petit N°2,  il y a quelques belles références, et des tenors – et aux dires d’Olivier, l’endroit n’ayant ouvert qu’il y a deux mois, c’est une sélection en cours de marche. Mais qu’il est bon de savoir q’un endroit sera géré par une personne qui aura aussi une petite pensée pour les fumeurs qui préférent le lonsdale au cepo 60.

L’endroit dispose également de caves louables, pouvant contenir une dizaine de boites, idée originale, bien que je préfére conserver mes précieux moi même et pouvoir les inspecter. 

D’une façon générale, l’endroit est très bien tenu. C’est beau, c’est propre, c’est agréable et reposant et deux heures sont passées comme dix minutes tellement l’endroit est plaisant. Dans tous les cas, les verres sont servis avec quelques tapas apéritives de bon goût, bien préparées et agréables.

Le service est rapide, agréable et discret. Une belle carte d’alcools, a des tarifs relativement modérés, et encore je n’ai pas osé mettre mon nez dans la carte de vins – mais ça arrivera très très vite 🙂

Je ne peux donc que dire aux fumeurs de tous bords qui passent par Genéve : passez faire un tour au Montiro, et laissez vous guider par Olivier.

Je vous laisse quelques photos, bien que je ne sois pas un grand photographe et que je n’arrive pas à rémédier à la situation.

Bises à tous, joyeux fêtes de fin d’années, tous mes voeux.
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Le lusitania de contrebande contre la fondue

Ma marmaille me faisant l’honneur de sa compagnie dans un pays qui n’aura jamais besoin d’un contre torpilleur, j’ai essayé de planifier un petit planning, non pas qu’ils soient compliqués de les divertir, mais j’ai voulu faire bonne figure.

Faut comprendre : j’ai horreur des planificateurs. Moi j’aime l’instant, l’imprévu, et avoir le temps (finalement je comprends pourquoi je fume le cigare). Mais dans certaines circonstances où on se sent le devoir de montrer l’exemple, on fait.

Bref, tout était prévu .Jusqu’à ce que je demande ce qu’ils voulaient manger. Grossiére erreur – la derniére fois que j’ai écouté l’avis de quelqu’un j’ai fini par me faire violer la bouche par des lombrics colorés ( oui, oui, j’ai bien écrit lombric, pas lubriques) au Tao Pai-Pai. Ce qui malgré l’excellent cigare me laissa un drôle de goût dans la bouche.

« Y’a de la fondue au fromage ???? ». Et merde.  Quels péres – sauf ceux qui fument le cigare et doivent sortir rejoindre leurs copains à la maison des centraliens pourraient mentir à leur enfant ? – pas moi.

Et ca se finit en plein vieux g’nef au restaurant de l’hotel de ville. Un vieux restaurant, qui fait penser à un tiers à un truc à touriste – et là on ne peut s’empecher de craindre vu le niveau des etablissements touristiques à paris -, un tiers un vieux resto bourgeois, un tiers un truc local. C’est particulier, avec un service d’une gentillesse absolue et des gens prévenants. Avec une carte qui évolue de la ripaille locale à la grosse bouffe. C’est pas fin, aucun plat n’est servi sans gras ou sans fromage ou sans viande.

Un raclette au fromage pour conq, c’est autant appêtissant que la différence entre cassolette de choucroute et une cuve industrielle. Du petit truc au fromage qui sent bon et donne l’impression de se faire un petit plaisir, on passe à l’obstacle culinaire.
J’ai opté pour une abricotine après, car quite à perdre mes fonctions hépatiques, que ce soit dans la luxure et dans les bons produits.

Je suis sorti dead, et pendant que ma marmaille ruinée le stock de dessert du restaurant, je me suis grillé un lusi en terrasse. Finalement, par un froid sec, l’air est tellement bon et les gens tellement souriants que la terrasse en novembre dans cette ville a un coté sympathique.

Ce lusi, c’est pas un vrai lusi. C’est une vision fraiche du lusi, un lusi de 3-6 mois max. Courtesy of some friends. Le lusi à l’état brut, c’est poilu. C’est pas le truc poussiéreux et doux du lusi vintage à qui j’avais fait la peau quelques jours avant. C’etait du crad, du lusi 2 nd tiers, dès l’allumage. Du vrai partagas. Un truc qui te tient au ventre. Dieu qu’il est somptueux après ce suicide culinaire que je viens de vivre.
J’en serai pas loin de déboutonner mon futal pour me mettre à mes aises.
Et ça marche bien avec l’Abricotine, relativement séche et tenue en arôme, mais avec un peu d’acidité – comme le vin du coin .

Arrivé au second tiers, je me suis dit : ‘ heureusement j’ai mangé’. La première fois, j’avais fait le kéké avec ce lusi jeunot, et j’avais pris une mega claque dans ma gueule (le premier qui rebondit sur le bitch slapping…) au second tiers, où une augmention substantielle et de la puissance  vint me frapper me laissant un peu k.o.

Ca vient de partout : sous bois, cuir, réglisse, le tirage est magnifique, le moment est grandiose.

Au 3eme tiers, j’ai pris un café. Je l’ai fini juste eu le temps d’entendre un ‘Papa tu fais parti des hommes qui aiment un gros truc dans la bouche ? » – voir ci-dessous pour la comprehension.

A n’importe qui qui aime fumer le cigare, je dirais d’essayer un fois !

@+ les copines