Macanudo – Diplomate Cafe

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Un cigare à la mine sympa et joufflue, avec une belle cape claire, ce qui se fait rare, et un module atypique, qi a cru sent bon le bois et le végétal et la douceur du St Domingue. Il n’est pas pur dominicain, avec une cape connecticut.

Le temps étant beau, j’ai profité du soleil et d’une terrasse pour décapiter et allumer la bête. Effectivement, à cru, il est dominicain avec un tirage cubain, que je pense un peu serré au début. Comme il faisait chaud, nous avons opté pour une belle terrasse et des panachés ainsi que de l’eau minéral. Rien de bien contradictoire ou de bien dangereux.

A l’allumage, très belle fumée, mais tirage un peu faible, et le cigar est extrêmement doux. Il démarre dans un brioché, boisé, légérement de l’amande. Arrivé au corps de l’histoire de ce figurado, les saveurs sont en place, un tirage effectivement très cubain et une puissance modérée. Inutile de palabrer, le temps passant, je l’ai trouvé au final assez linéaire et ennuyeux. C’est agréable, soit, mais c’est extrêmement limité. C’est une demi-heure de la même histoire qui passe, et une histoire sans rebondissement. Un long fleuve tranquille de boisé, d’amande et de douceur.

Il y a peu de démarquation entre d’éventuels tiers, les saveurs restent très discrétes et très douces, il y a une pointe d’amertume qui monte sur le derniers tiers et le rend d’ailleurs peu agréable.

Rien à redire sur la construction, ni sur l’aspect, mais pour moi il manque « un truc », je l’ai quasiment fumé sans y penser.

Un cigare qui sera bien pour un débutant, ou un fumeur occasionnel, mais qui pour l’afficionado moyen va manquer de punch et de saveur.

En revanche, si l’occasion se trouve, j’essaierai d’autres modules de la gamme, mais pour celui-là, ce serait plutôt cigare de promenade ou cigare de discussion, mais pas de ceux avec lesquels j’apprécie et je réclame mon moment de solitude.

Tatuaje – Gran Cojonu 2003

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Ce cojonu est une vraie bonne et belle surprise. D’aspect simple, voir rustique, cape légérement moucheté, bague simple, cigare relativement souple, il fait peur la première fois. Cependant, il hume bon le foin, le cuir, et il semble somme toute construit très réguliérement. A cru, il s’agit d’une des vitoles les plus marquantes tant les arômes sont déjà clairement présents à froid.

L’allumage est rapide, est le cigare pose son standard dès les premières bouffées. Un arôme suave, mélangé de noisette, amandes, cèdre et grillé avec un belle rondeur. Les premières bouffées sont très gourmandes, et très agréables. Pas une pointe d’acreté, pas une pointe d’amertume ou d’acidité, ce cigare est séducteur tout en rondeur.

Il se fume très facilement, et contrairement à d’autres cigares (je pense au soprano) qui joue une saveur très douce et très sucrée, l’évolution vers le second tiers apporte de la complexité, moins de rondeur. Les arômes se complexifie vers le cuir, le torréfié et le volume de fumée est plaisant, très ronde, une mache très agréable et une bonne longueur. Le second tiers tient excellement bien la promesse du premier tiers.

A ce stade de l’expérience Tatuaje, un de mes compagnons de volutes avait cru dur comme fer se retrouver devant un cubain. Ce gran cojonu balaye avec une aisance déconcertante beaucoup de préjugés sur les terroirs dits « autres », et offre un caractére qui n’est pas sans rappeler les grands churchills de R&J vintage – Prince de galles. C’est un puro. Mais un puro du nicaragua.

Le dernier tiers se fait puissant, mais toujorus maitrisé et j’y ai trouvé une montée animale ; des arômes de cuir, du poivre.

Seule ombre au tableau, sur 3 exemplaires, le cigare a des problèmes de combustion (part en biseau, cape qui fissure), mais rien d’irratrapable ou de gênant. Disons qu’il faut bien un défaut. Sur un exemplaire, j’ai constaté une montée d’amertume sur la fin du second tiers, mais corrigée par un dégazage.

Ca reste résolument une bonne vitole, surprenante dans sa palette de saveurs. Pour les amateurs de sensations plus fortes, ils pourraient arguer d’une certaine linéarité, mais c’est aussi subjectif et affaire de goût.