El Rey Del Mundo – Lonsdale

Unknown

Encore une production arrêtée, qui prouve que le marketing du cigare est la fonction inverse d’abercrombie : les petits gros ont le vent en poupe, et les grands sveltes se font remercier.

Alors quand je tombe sur ce cigare dont la production est arrêtée, je mets de côté mes à priori sur les vintages et je tente.

Malheureusement, le cigare est un peu dur au toucher (tous le sont d’ailleurs) et ne sent rien. La cape est rêche, et à cru, les arômes sont légérement herbacés…Aïe, ça part mal…J’ai une impression de cigare passé.

Les premières bouffées sont très typées El Rey Del Mundo(torréfié, herbacé) mais très étroites, c’est très léger. Ca n’est pas désagréable, mais c’est décevant : volume de fumée insuffisant, arômes restreints. Ca ressemble à un début de discussion dans une soirée d’amis d’amis : on se parle doucement et poliment sans vraiment y prendre du plaisir

S’en suit un cigare hyper linéaire, ou petit à petit le torréfié prend le pas sur l’herbacé, mais le volume de fumé devient plus conséquent, et malgré un côté simpliste, il remplit son office. La puissance augmente aussi légérement, mais on reste dans un registre « easy smoking ». Pas de grandes évolutions aromatiques, pas de finesse. Un peu de longueur soit, mais c’est trop simpliste pour être suffisant.
Comme la dite soirée finalement : on finit par s’habituer à la situation, et c’est sympathique, sans devenir un moment d’orgasme social profond. 

Bizarrement, ce cigare ne m’a pas du tout transporté, et je reste sur une petite déception et pas d’envie d’y retourner.
Et c’est un peu comme ceux dans ses soirées qu’on promet de rappeller et qu’on ne rappelle jamais, trop polis pour dire qu’on en a pas envie.

Montecristo – "D" EL 2005

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Fini les doigts furieux, les coups sans lendemain et les cigares classiques, voilà un cigare difficile à trouver, tellement d’ailleurs qu’il est arrivé par hasard dans une pochette surprise de mon vitologiste favori.

Un Montecristo « D » EL 2005, car il est bien connu que depuis que le Maravilla a éveillé mon palais à la suavité du Montecristo, le jeu local est de m’en offrir. Si certains comme Antoine ont fait mouche, d’autres se sont risqués à me propose des séries open dont l’ennui n’égale …Rien – C’est chiant et puis c’est tout !

Là bon point on est sur un Dalias. En même temps, on parle d’un temps que les nazes ne connaissent pas : celui où les cigares n’etait pas encore atteints ni d’obésité, ni de nanisme. Je vous parle d’un temps où on aimait le cigare, le vrai. Le long, le fin, l’élégant, l’indolent. Maintenant on aime le court, le gros, le vulgaire et le chiant. – Tient, j’ai failli écrire Nub 🙂

Celui de mon temps, des cons expérimentés et des dalias, lonsdales, et panatellas, aujourd’hui sacrifiés à tour de bras par habanos comme des chrétiens sous néron. – D’ailleurs à ces amateurs de boursouflures tabagiques, j’aimerai par la présente leur demander de changer, mais je me doute que l’écho fait à cette demande sera proportionnel à leur amour du cigare.

Bref, c’est un dalias, à la gueule cassée, la peau vieillie, sombre, et pourtant bien lisse. La cape est légèrement rêche, comme s’il disait « Gamin, traite moi avec respect ! ». Il a une gueule de bourgeoise du XVIéme,classe mais refaite, qu’on soupçonne de trainer dans des clubs particuliers avec ses copains et surtout ses co-pines.

Il est un peu mou et après ouverture, il tire cubain, voir cubaine étroite.

Sans surprise c’est un bon Montecristo, calé dès les premières bouffées sur un boisé terreux, avec ce qu’il faut d’humus et de sous bois pour imposer sa finesse. Malgré un tirage très QI de BHL, à l’instar de celui-ci le volume de fumée est correct, et à la différence, ça demeure plaisant. L’évolution va s’installer dans l’oléagineux, j’ai senti de la noisette, très agréable, mais un peu légère, et finir sur du cuir bien senti.

J’ai envie de dire simple et efficace, mais est-il vraiment à part d’un Monte 2 de bonne facture, ou d’un Especial N°2 ?

Hell no !

Je le trouve d’ailleurs diablement proche du Monte 1. Les amateurs de puissance vont être déçus, les amateurs de n°2 seront ravis, et les fumeurs de bague en trouveront une marquée EL (Ce qui comme tout à chacun le sait permet de « pricer » correctement le cigare)

En même temps, un Montecristo sans le boisé, ça serait un peu comme un con avec qui le temps passe vite : ça n’existe pas.

Bref, à tenter pour ceux qui aiment le cigare – Et pour ceux qui veulent l’agrémenter de jus de raisin, j’ajouterai qu’il s’accomode très bien d’un pinot bourguignon bien fait, comme un Auxey Duresses, mais ça c’est une autre histoire 🙂