La Grande Révision des classiques

A l’occasion d’une revanche contre l’équipe chatons au comptoir du cigare, j’en ai au final profité par réviser mes grands classiques.

Outre l’occasion de passer un moment sympa, c’était l’occasion de déquiller quelques flacons en bonne compagnie en faisant de la fumée.

En outre, strasbourg est une ville vraiment mignonne, où je trouve on se sent bien. Il y a encore ces vieilles bonnes habitudes provinciale (dire bonjour et s’excuser quand on bouscoule, bref des trucs has been) et un charmant accent qui ferait presque oublier le temps de merde.

C’est là me pintant à la bière blanche, que j’ai fumé mon Secretos Por Larannaga en terrasse, sans casse burne venant s’indigner en gloussant comme un dindon ou justement faire son oeuvre. De toutes façons mon voisin avait l’air attaqué et d’avoir occupé la chaise suffisamment longtemps pour en être devenu un symbiote. C’est amusant de se dire que ce petit moment de liberté ce passe dans un lieu dit la ‘petite France’.

C’est bon les Por Larannaga. J’aime bien ce côté pain d’épice, miellé, en restant un peu rustique. Et avec une biére blanche, ça passe particulièrement bien.

Mon sac intrigue beaucoup les gens. C’est certain qu’un mec qui se promène avec des bouteilles et des verres à vin, tout de suite, ça pose des questions. C’est le moment où mon vitologiste entre en scéne, et on passe un peu de temps à deviser gentiment, quand il me propose de poser mon fatras, et d’aller visiter un caviste.

Héhé —- Un beau caviste au bord de l’eau, un vieux magasin avec des bouteilles en bordel. Bienvenue chez Jouet Club ! On est pas là pour déconner non plus – je lui explique mon cas : je ne connais rien aux vins alsaciens. Qu’à cela ne tienne, il me fait goûter un ouvert….Rhaaaaa…..Putain ! Encore une saloperie de vin bio sans soufre.

Ca y est le barbarisme est sorti : des vins natures.
La nature c’est beau, mais c’est pas pour autant que je vais arrêter de prendre des douches et me couper les cheveux et me ballader à poil. – Encore que je pourrais éblouir le paradis de mon anatomie.

J’ai toujours trouvé ça con cet argumentaire à moitié hippy et à moitié bobo sur l’importance de la nature. Facile à dire en plein centre ville. Je voudrais bien les voir tous vivre nature et se peler les burnes avec leurs fantasmes alternatifs en tête. Faire du vin, c’est un procédé qui n’est pas naturel, c’est une invention. Les fermentations, les durées, le filtrage. Ok pour ne pas coller le vin, encore, mais ne pas stabiliser la fermentation c’est comme mettre potentiellement et littéralement de la merde en bouteille. Ok pour les légumes, mais bordel, pour le pif !

Forcément, le nez, ça sent la matiére en décomposition et bingo je goûte, il y a des notes oxydatives. L’enfoiré !.

Ce que j’aime dans le vin, c’est que c’est simple à décrire : la robe, la jambe, le nez, la longueur. C’est facile.
Et il y a des mecs, ils en parlent en inventant des concepts, genre l’horizontalité et la verticalité du vin. Un mélange de philo et de commercial pas très compréhensible. Ok le concept se comprend…Mais c’est plus simple de dire : sans oxygéne, le vin est fermé.
C’est peut être aussi une façon plus intelligente de dire ‘le vin est fermé actuellement et à moins de le carafer 2:00, rien à espérer’. Je ne sais pas.

M’enfin, il me dit qu’il trouve ce vin super. Là j’ai des doutes. et mon palais aussi…Mais bon, comme je dis, je ne connais pas les vins alsaciens et je ne vais pas acheter parce que l’étiquette est jolie. Je me promène, aussi, Morgeat, Pacalet, je belles choses en blanc et en Rhône. Pas mal, mais drôles de goûts quand même…Et un peu de soufre, surtout pour faire un grand blanc, ça ne nuit pas.

Retour au comptoir pour boire un coup avec la taulier, et attaquer les quilles. On va se lancer un petit bourgogne blanc, facile et simple. Le vitologiste me sort un Epicure n°2 de 2006 (de toutes façons il me corrigera).

Et là, je me rends compte que souvent, à force de chercher toujours à fumer des choses nouvelles, on oublie de revenir aux classiques. Parce qu’il est bon voir très bon. Ca fait longtemps que je n’avais pas senti ces arômes patissiers, boisés et cette légére sucrosité typique. Sur le blanc, c’est yummi. Même chaton 2 trouve ça bon ! C’est pour dire !

Je m’attendais à un SLB à conquérir, et rien. Le salopard ! Il n’en a plus ! Ca c’est criminel. Tu donnes un bon cigare à un fumeur, il se régale, et tu lui dis ‘j’en ai plus’. C’est quasiment l’équivalence commerciale du ‘dans ton cul’. En plus je déteste la frustration.

Même sur la Côte Rotie (Vidal Fleury 2007) et pire sur l’Hermitage (Chapelle de Jaboulet 1996) l’Epicure tient. Je dirais même plus il ronoronne. C’est un bon pépére, un cigare agréable. Et accompagné de la team chatons, du vitologiste et de Gilles, je dirais même que le moment mérite un très bien +.:-p

Le lendemain, après un réveil super tardif, et un déjeuner très agréable (La table de Louise, notez dans vos tablettes, c’est très bon!) ou j’ai enfin pu tester un pinot rouge Alsacien, et maintenant que je sais que je ne recommencerai plus, j’ai fumé un Diplomatico N°3.
Non seulement en me promenant, mais sur une terrasse accompagné d’un cappucino. Là encore, marque pas hype (c’est pas du 6 feuilles), voir meurtrie et maltraitée loin des bagues clinquantes.
Et c’est juste bon. C’est un cigare un peu old school, basé sur un boisé léger, de l’humus, qui évolue gentiment et fait office de super compagnon d’après déjeuner. Ce cigare est d’une sobriété agréable, pas comme son fumeur.

L’après midi sera un SIglo IV.
Oui. Encore un grand classique, en discutant avec Gilles, le taulier du comptoir. C’est crémeux, épicé, c’est riche, et c’est un beau module.
Et je tiens cette discussion avec Gilles, sur les classiques que l’on oublie de fumer.

Bizarrement, ça colle à mon mode de fonctionnement. J’aime le changement, la nouveauté. La routine m’ennuie. L’ennui me déprime. Et finalement, j’en ai fait un mode de vie. Voilà pourquoi je ne réseaute pas, ou pourquoi je ne suis pas à la mode : tout ça dur trop longtemps, je me lasse et je m’ennui.  Et dans le cigare, j’oublie souvent ces petites valeurs refuges, et je trouve qu’il y a une vraie école d’humilité dans ce concept.
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On peut toujours se secouer la nouille pour connaitre le dernier des derniers sorti, fumer le cigare produit à 13 exemplaires, ou fumer des sha beats ésotériques, les cigares qui m’ont le plus ému récemment sont des productions de masse,ce bordel de Belicoso stratosphérique, et l’Epicure N°2. Et pourtant souvent, je me retrouve à dire ‘déjà fumé’, en recherche constante de la nouveauté.

Voilà le conseil avisé du jour au jeunes fumeurs : ne boudez pas vos classiques. C’est vrai que c’est un raisonnement un peu bizarre pour une passion : le mainstream, c’est pas exactement la définition du bonheur pour le passionné. On cherche le cigare particulier, celui qui nous envoie en l’air – moi je le connais c’est le Maravilla.

Et ne jamais négliger que la production n’est pas homogène : tous les Epicures 2 ne sont pas similaires. Il faut insister pour connaitre un cigare.

Sur ce,
La bise et happy bitch slapping et vive l’alsace
La prochaine fois, on fait sa teuf au havanoscope.

Eroa – Gamme Eroa, les bonnes et les mauvaises surprises…Et le droit de révision

Hello boys and girls,

J’étais sympathiquement invité dans un club hier soir à l’inauguration d’un cigare hondurien, à savoir : La marque Eroa.

Alors ça c’est pas vrai du tout. J’ai un pote qui me tanne comme un gros lourd depuis des mois pour aller à des soirées. Ces soirées échangistes de la carte de visite et endimanchées, tout le monde sait que j’adore. J’adore me mater les weston en me tripotant les boutons de manchettes et faire des pseudo bons mots en se tapant sur les cuisses parce qu’on gagne du blé. Tout moi !

Bref, juste l’idée d’être déguisée en costume (j’en ai 2), rasé (pffff), propre, et de parler du néant avec des inconnus qui utilisent un biais passionnel pour parler business, ça me la laisse super molle. Et petite, mais ça c’est que mon eau chaude est en panne.

La teuf d’avant, c’était cubain à volonté et dessert de patissiére sous chef de michalak avec une sélection de vins thématiques, bref, des motifs suffisants pour faire abstraction et sourire en parlant du temps ou des misére de la politique de gauche dans les milieux qui n’ont pas de problèmes d’argents.

Sauf que là, j’ai ressenti comme une existence divine qui avait décidé de me punir : un cercle fermé dans le 16éme, des cigares honduras (noooonnnnnn pas Rocky Fucking Patel, j’ai pas mérité ça !!!!!!!) et pas de sélection de pinard.
Et merde ! Je me suis engagé à y aller. C’est mon pote, donc j’y vais. J’ai même nettoyé mon agenda pour y être.

Au final, je me suis retrouvé dans une soirée organisée par un mec hyper sympathique, qui a bien assumé le club d’affaire, avec humour et légéreté, et les potes et quelques passionnés aidant, j’ai réussi à ne rentrer qu’avec deux cartes visites et le sentiment d’aovir passé une bonne soirée. Michel, c’est son petit nom, est un mec sympa, accueillant et décomplexé, et ça soulage. Le fait que la famille Pitbull y soit, ça aide aussi à se dire qu’au final, je terminerai à la table des cancres qui pensent plus à maintenir le verre à niveau, à éviter l’économie, la politique et surtout à profiter de toute blague pourrie sans complexes.

D’ailleurs j’ai du me présenter. Bref, j’ai misérablement essayé d’expliquer que j’étais un phénoméne aléatoire après qu’un fabriquant de jouet m’ai surnommé algorithme, Michel m’a rattrapé le coup. Merci amigo.

Le moment mythique de l’apéritif, arrive et votre héro avait snippé les boites à l’accueil. Sachant que renifler m’a fait éternuer, j’ai décidé de faire le niais par anticipation : je me suis allumé un cigare.

Et oui ! Suffisait d’y penser ! Et cela m’a permis de voir tous mes interlocuteurs, bien plus éduqués et polis que moi me dire sans l’oser que le premier cigare était pas terrible.

Hormis le trucculent Cyril qui m’a tendu le sien pour que je goûte et c’est très très …Puissant.

C’est très poivré, très épicé, quaisment désordonné. C’est asséchant.  Je croix que le consensus rieur sur ce premier module était « ça arrache ».

Bref – c’est la fusion sexuelle d’un rocky patel et d’un camacho, sur lequel on aurait greffé un poivrier chinois. C’est franchement mauvais. C’est d’ailleurs tellement franc dans le mauvais qu’on se demande si c’est pas fait exprès. Même le toscano est plus distingué.

Après un diner sympathique, où j’ai quand même réussi à être attablé avec une personne qui m’a demander d’éteindre mon cigare parce ce qu’elle n’aime pas (ndlr : dans un club cigare…là c’est high score, ça mérite un Gérard du Nawak)

Ensuite, après un diner assez conséquent (risoto aux truffes, et suprêmes de pintades) et un médocain passable, on nous améne la piéce principale. J’avoue ne pas avoir tout compris aux explications du représentant de la marques, si ce n’est que c’est du corojo.

D’ailleurs, elle a eu bien raison cette charmante personne anti-cigares : il vaut mieux éteindre un cubain pour que collectivement on puisse allumer le toro de la gamme. Ca a un petit côté j’ai réussi à pricer l’intolérance !

Le Toro est un module forcémment plus imposant, plus clair, mais un peu mou j’ai trouvé. Ca ventile beaucoup, et la combustion chauffe le cigare. Pour le coup c’est un profil très différent : le cigare est léger, calé sur un arôme poivré et épicé. Là encore je n’ai pas eu le coeur de le finir, pas mon truc. Le remplissage étant léger, il y a des trous de combustion, et parfois même des surchauffes, j’ai vu des voisins de table avoir des combustions en biseau. – Mais eux ils ont adoré 🙂

Bref, ca peut bluffer un fumeur du dimanche ou une soirée mondaine, mais pas les fumeurs émeritent qui lisent ce blog avec l’avidité d’une allemande face à sa wurst.
J’avoue que de cette soirée, j’ai surtout retenu des choses :

L’idée est géniale, une oenologie thématique, Carole (fondatrice) est une passionnée hyper abordable,  et j’ai passé d’agréables moments à discuter vin avec elle, malgrè le cigare si je puis dire.
Pour les plus curieux d’entre vous, allez jeter un oeil et prenez contact, il y a des choses à apprendre là bas.
De toutes façons elle est hyper simple d’abord, elle aime le vin et elle fume le cigare. Rien que ça c’est suffisant à la rendre sympathique.

Art Tabac
Art tabac ne fera pas ce cigare. – Et à mon petit niveau, nous étions plutôt convergents sur le résultat de la dégustation, le Pit étant moins diplomatique que moi en abandonnant son cigare dans le cendrier.

Réviser
J’avais fait un précédent post beaucoup plus consensuel, et je reconnais que je me suis fait chier en le relisant.
C’est corrigé.