Articles par Volutes

Nawak – Le bon fumeur et le mauvais fumeur, c’est simple….

Depuis que je pratique la vitole, j’en suis arrivé à la conclusion que c’est un milieu assez hostile au débutant. Un peu comme une pratique séculaire qu’il faudrait avoir reçu à l’éducation petit, des pratiques que l’on connait d’habitude et dont on ne parle pas.

Parmis les moults rites et pratiques qui entourent les fumeurs de cigares, et les micro débats qui font tempêtes dans de petits verres d’eau, chaque avancée dans l’univers du cigare me confronte à des nouveautés, et à des horizons cigaristiques différentes.

Au commencement, j’était un fumeur à la piéce, j’achetais des cigares, pas trop gros, pas trop chers, et …pas vraiment convaincu. Je faisais mon choix un peu comme ceux qui achétent du vin à l’étiquette. J’aimais mes cigares, je fumais un peu seul, très rarement en compagnie d’un copain ou deux qui connaissaient autant que moi.

A force, mécaniquement, on finit par connaitre, s’outiller, et si pas une science, on commence à développer un goût propre. Voici venu le temps magique des boîtes, des caves, des questions existentielles sur la conservation, sur la séparation. On devient un peu plus acteur de sa passion, elle devient plus présente, et on apprend à garder les bons cigares dans la bonne tradition européenne de vieillissement. On commence même à avoir le plaisir d’initier un débutant, on se surprend à vouloir des goûts plus typés et à trouver fades voire ennuyeux ce qui nous transportait deux ans auparavant.

Un jour, c’est l’ennui. Le territoire Cubain est formidablement bon, mais on se sent avir fait le tour de la question. On part en chasse du nicaragua, du dominicain et du hondurien. C’est un bonheur de revenir à la première case, de découvrir de nouveaux arômes, de nouvelles choses. Puis cette découverte se rationalise, là encore on trouve ses goûts.

Et que reste-t-il ? Le plaisir du partage. Voilà je trouve de toutes ces années de fumeur de cigare, la seule chose qui puisse encore m’éveiller un intérêt de fumeur c’est le plaisir du partage. Bien évidemment je ne connais pas tous les rouages cubains, je ne connais pas tout de la méthode de fabrication du cigare, je n’ai pas d’omniscience du sujet : j’en profite. Basta.

Cependant, il existe une autre dimension du fumeur : le maitre de l’histoire. Celui qui quand il fume te donne un cours, celui qui fume toujours des cigares que le commun des mortels ne peut avoir, celui qui a toujours une anecdote sur Cuba, celui qui a son torcedor qui attend ses consignes à Cuba. Il ne fume que de l’exceptionnel, de l’EL, de l’ER. Le gran reserva, il l’a gratos. Détail plus fun, tu peux fumer avec lui, mais lui ne fume pas avec toi. Il savoure l’exceptionnel devant son auditoir ébahi, et il te suffit de faire « hum hum » en hochant de la tête pour que la VOD continue. Et précisémment là, tu t’emmerdes profond.

Tu aurais pu te faire un bon petit D4 de base avec tes potes et rigoler en parlant un peu cigare, un peu la vie, un l’amour et un peu les vaches, et non, tu te base toutes la soirée des élécubrations d’un gigantesque trou noir de l’ego qui te demande pourquoi tu fumes un cigare bagué, ou qui te sort un boudin antillais bossus en appuyant bien sur la confidentialité. Poliment…ben tu restes sage.Ca fait tâche de dire à un mec « va faire la diva ailleurs bouffon » dans un lieu publique.

Alors, pour être un bon fumeur de cigare, c’est simple : il suffit de préférer parler de cigares en les partageant, que de se les fumer tout seul au miileu des autres en s’écoutant parler. CQFD.

Et comme il l’a mieux dit que moi, et pour loscar, en souvenir d’un open bar.

Romeo & Juliette – Exhibicion n°4 vintage

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Suite à une soirée pluvieuse dans la tanière germaine, mon emporte-piéceur de torpedo, aka la tornade de la porte de saint cloud essayant de survivre comme moi après une dure journée de labeur à un sales pitch en environnement tropical – tous ceux pointant plus de 3 chiffre à la balance me comprennent – pointa une boite de cigares et me dit un lumineux : « Ca mon Fred, ça, c’est bon. »

J’étais un peu dubitatif car les derniers que j’avais fumé était – soit, très jeune – très…Dispensables ?

J’avais jeté mon choix sur un torpedo, une EL Cuaba, et pascalou, la tornade achetait quelques pièces.

Passons une soirée exécrable au cours de laquelle on a finalement réussi à me faire sortir deux foix ma cb pour fumer un cigare sous la pluie en écoutant les sornettes de vendeurs de produits de luxe, mais pas suffisamment aisés pour poser un parasol supplémentaire ou un chauffage d’extèrieur et dégouté par un cigare trop humide qui m’a laissé aucune avis si ce n’est celle de coller au claque au pré pubère en lui demandant pour quels gogos il nous prenait, nous mirent le cap vers le Cubana.

Nous sommes arrivé comme des petite chattes humides en mal de plaisir au cubana et dans l’entre nous avons pu retrouvé l’homme qui questionne sans écouter les réponses et deux gars bien sympas, Là pascal a pris les choses en main :

– Déjà il est allé chercher le guacamole, élément nécessaire à toute dégustation et quelques beignets de calamars réchauffés au « crohonde » ce qui fait que quand tu crois prendre une bouchée, le calamar quite sa garniture pour venir te fouetter la gueule comme une domina est-allemande de 140Kg.

– Ensuite, nous avons pris un cocktail au litre, parce que nous sommes des paresseux. Ca me gonfle de me lever tous les 1/4 d’heures pour aller chercher un mojito suce-glaçon, alors autant prendre ce qui est au litre : le tropical. Bref, il y a tellement de bonnes choses dedans que je résume l’expérience à : un tang rhum. (Qui se souvient du tang ? De cette époque bénie ou avec les libertés on pouvait bouffer, fumer, se goinfrer de machinphénol et ou les pipes ne donnait pas le cancer de la gorge ?)

Consolé, Pascal m’a offert un R&J, comme un baton de sucre candy (encore un truc que les enfants d’aujourd’hui ne connaitrons pas pour leur éviter un cancer de l’orteil gauche et des maladies neurologiques). J’avoue que le coeur y était de rigoler avec les anciens et nouveaux copains, mais pas trop de fumer les éponges du drugstore, la soirée était venue à bout de mon envie de cigare.

Ce n’est que la fois suivante ou j’ai enfin découvert ce que je décrirai comme le vrai « short churchill ». In fine, c’est une beau module, sombre, lisse, tendu, consistant, qui sent bon le cuir et le tabac et les épices à cru.

Suave, un côté fondu et fin, très proche des sensation délivrées par le churchill de la même maison, qui est un peu mon monte 2 des jours de disette. Très agréable, très doux, beaucoup de rondeur. Il évolue très facilement vers le cuir et se fume très simplement. J’aime ses arôme simples, très typés r&j, un côté fondu, boisé, poivré, légérement sucré. Ce cigare a un côté valeur sure, et c’est un chouette cadeau du copain.

Je l’ai apprécié ouvert à l’emporte piéce (converti par l’ami Emmanuel).

En même temps, « seulement » 3 occasions auront été nécéssaires pour apprécer ce cigare. Ce qui me fait dire plus que jamais que le cigare, en dehors de sa technicité, c’est un instant. Et quand cet instant c’est avec des potes, c’est encore mieux.