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Zino Platinum – Z-Class 546 P

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Devant ce nom qui fait penser à un prototype d’arme bactériologique (les génies du marketing semblent converger vers le marché du cigare), j’étais trés circonspect : déjà le dernier en date – Robusto Nicaragua – de la marque m’a fait mal (mal roulé, arômes brouillons, puissance mal maitrisée et prix) et l’avant dernier – Davidoff 2000 – ne m’a laissé que le souvenir de l’avoir fumé. Pour moi Davidoff, n’en pensent certains, c’est la définition de la marque overrated qui survi grâce au fantôme du dom perignon, dont les derniers exemplaires s’arrachent à prix d’or entre nouveaux riches pour fumer de la poussiére. 
L’allure est passable, la qualité de roulage n’est toujours pas là, et est assez similaire au Robusto Nicaragua : pas hyper régulier, nervuré, cape un peu réche. Déjà je trouve que pour un produit visant le luxe, on est loin du compte sur la forme. Je connais des cigares qui pour la moitié du prix sont visuellement superbes. On est quand même sur un module hybride entre le belicoso et le gorda (cepo de 46) mais on est à 12,5 $ soit une dizaine d’euros, soit les gammes de prix des corona gorda cubains.
Le tirage est excellent, malgrè la laideur du roulage, et les arômes à cru sont terreux et poivrés. Globalement, ça m’a fait penser à du Camacho en plus fin qui aurait commis un enfant à Don Pepin.
L’allumage, c’est un peu comme se faire plaquer sous la douche par un troisiéme ligne des all blacks : c’est brutal et ça grattouille.
Le démarrage pique. Mais il pique grave. Et pourtant je suis pas avocat.

J’ai continué, et après 1 ou 2 centimétres, mon palais céde (comme quoi l’image de la douche est toujours valable) et s’habitue. C’est essentiellement poivré et piquant, avec un fond terreux.Au début je le croyais dominicain et je n’y ai pas cru. Après m’être renseigné c’est un blend Nicaragua / Honduras avec un wrapper Péruvien. El condor passa.

Comme quoi avec mon impression de Don Pepin qui couche avec un Camachoooooo je suis pas passé bien loin !  Le premier tiers passe, et je m’ennuie ferme. Globalement, j’ai l’impression d’être un fumeur de Marlboro qui s’est fait dépanner d’une gauloise brune : je suis à des année lumiéres de ce que j’aime dans le cigare. Aucune finesse d’arôme, du brutos, clairement la target c’est pas le mec qui porte une casquette en cuir avec un chihuahua.

Pour moi qui ne suit pas fumeur de cigarette, c’est trop brutal, mon palais n’est pas en teflon. J’ai fait l’essai d’un verre de vin moelleux pour m’adoucir le palais, le Zino a déglingué le pinuche . A côté de ça la combustion est superbe. Hyper réguliére, cendre compacte. Mais qu’on s’en bat les steaks quand c’est pas bon !

Très honnêtement, même le dégazage n’y change pas grand chose. Pour moi il y a un excès de puissance qui rend l’ensemble confus. Certe la combustion est bonne, le volume de fumé est agréable, le tirage nickel, mais la rétro olfaction me laisse une morne plaine à la place des sinus et un arriére goût de tabac brun désagréable.  Et je ne l’ai même pas ouvert large. Je n’ose imaginer la béne de gravier qui attend celui qui lui fait la coupe robusto. 

Au final je suis même content qu’il n’évolue pas, plus de puissance et je l’aurai abandonné. 

Finalement j’ai envie de dire : ça change. Mais c’est un peu comme quand on oublie d’aller voter et qu’on se réveille un matin avec le FN qui est en tête aux européennes. On se dit que finalement avoir le choix c’est bien et que laisser les autres choisir, ça ne donne pas que des bonnes surprises et que si on veut diversité et liberté, faut aussi savoir se bouger un peu le cul dans la vie et ne pas laisser que les embrigadés prendre les urnes d’assaut.

D’un autre côté, ce cigare fait fuir tous les nuisibles volants et écrase même l’odeur de l’encens. Il faut lui reconnaitre ce côté rouleau compresseur sensoriel et pratique.
Mais bon, le côté 12,5 $ pour se faire violer la bouche, ça a un petit côté ass-to-mouth qui ne convient pas, alors je passe !
Bizzzz

Diplomaticos – N°2

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Le cri et chuchotements et un club privé – le terme à la mode pour décrire un endroit ou tu payes moins cher si tu amènes une gonzesse que si tu y vas seul, bien plus classe que l’Inox du front de soutient du Sancho Panza on on a tendance à manquer de présence féminine même si on y gagne en vitologie.

Bref, ce club est un club SM. Le milieu SM est un peu un milieu bizarre. Pas simplement pour le fait qu’il faut aimer se faire électrocuter les boules par une quadragénaire usée, ou se faire proposer une maman en bas résilles pour vider notre stress dedans. C’est surtout sa codification un peu lourde. Rentrer dans ce genre de pratique en tant que novice, c’est un peu comme le cigare sur les forums belge : ils savent tout, t’expliquent rien et tout ce que tu dis est une connerie. Donc basiquement, ça fini en bande de vieux potes qui baisent plus mais connaissent tout des subtilités de leur pratique, et confondent partage avec exutoire sadique mais qui trouve quand même audience auprès de gens un peu limités et en suffisamment en détresse intellectuelle pour supporter de se faire jeter le gant pour ne pas maitriser un savoir tout relatif et pas franchement vital. Ça a un petit côté régression au stade anal.

A l’inverse de tout processus initiatique, la position d’apprenti y est tout bonnement hyper désagréable. On apprend pas, on se fait retoquer. On ne répond pas, on obéit. Et il faudrait y trouver une forme de satisfaction. L’objet devient accessoire (pas ce genre…), et le paraître devient le but. Quel bonheur et quelle joie de se fader des principes à la con qui enléve toute la joie et la fougue de la découverte. Moi ça me fout le vit en berne.

Tout comme le monde du cigare, il y a des règles un peu iniques (tout a trois tiers par exemple), un peu simplistes (il y a les dominants et les soumis), un peu lourdingues (écouter un « maitre » faire la description de son position dominante, ça revient à se faire l’intégrale de lalanne sous LSD un soir de pleine lune). Cela dit, on peut croiser des escorts en talons et cuir, ce qui n’est pas toujours désagréable à l’oeil, mais comme un beau walk in, ça peut vite vous faire les poches avec un plaisir en sortie très relatif – Encore que j’ai jamais tenté de mettre une escorte dans une cave, mais dans un backroom SM ça diagonalise la matrice des similitudes.

Quel rapport avec le Diplomaticos ? Personne n’en parle, et dans certains cercles, c’est presque pire que fumer du dominicain. C’est la sous marque, c’est le mec qui se pointe en pantalon simili cuir et mephisto dans une soirée Cuir et liens.

On est loin de la puissance virile et poilue du Partagas ou du Bolivar, ou de la douceur soyeuse du Vega Robaina. On est dans la simplicité.

Un beau torpedo, sobre, discret. Le truc que tu sors, un peu comme le balmoral du fumeur de cubain dans une soirée de fumeurs. Les meilleurs sortent les EL, les bobos le nicaragua dernier naît (forcément génial) et toi tu sors ton diplomaticos et là on te regarde comme si tu venais de faire un gros doigt à la salle. Et tu sens jaillir sur toi l’opprobre pire que si tu disais fumer du la paz. Ah le con, il a acheté les fonds de tiroir du cubain !

Ca change et ça fait du bien. Enfin un cubain simple, boisé, qui envoie du cédre sans prétention, avec des notes végétales à la fin. On a pas toujours envie de boire du café passé par les viscères d’un piaf et pressé avec régularité, dès fois on apprécie le café sur le coin de zinc avec la simplicité du troquet de base au petit matin.

Ce cigare est éminemment sympathique, simple et agréable. Si les arômes se calent immédiatement sur le cèdre, il a un côté pâtissier, abordable et facile qui le rend facile à fumer. Étrangement, même la puissance est hyper modérée : il évolue peu, un peu comme une fessée d’une heure à intensité constante et pour peu qu’on y prenne du plaisir.

La seule évolution notable est un vrai torréfié qui apparaît progressivement si bien que le dernier tiers donne l’impression de rentre chez le torréfacteur de quartier. J’ai pas eu l’occasion d’essayer sur un bon café, mais c’est l’alliance naturelle qui me viendrait à l’esprit.

Un torpedo honnête à découvrir, même s’il ne joue pas dans la cours d’un Upmann N°2 ou d’un P2. On est plutôt dans le registre Quai D’orsay, voir d’un Rocky Fucking Patel the Edge. Je me ferais bien ce machin un matin de vacance en terrasse avec un grand bol de café et du pain grillé.

@+, et happy bitch slapping.