Bolivar

Bolivar – ER Alemania Especiales N°2

Unknown
Long time no see, le camarade Volutes était parti à la guerre aux kilos ! Blague à part, merci mes précieux d’avoir su magnifiquement occuper ses soirées frugales.

Bref, non content de m’avoir comblé en m’envoyant des Por Laranaga Robusto (Yummi !), un lecteur / copain / amateur m’a laissé dans le paquet un de ces Bolivar, dont Julien un critique / copain / amateur / ex-administrateur / repris de justice / traitre à la nation cigaristique m’avait aussi ramené spontanément quelques exemplaires. Ils en ont de la chance ces Alsaciens quand même, et moi aussi. Et je les remercie, ce sont deux magnifiques cigares. Sauf que maintenant : j’en ai pu !

Vous pourrez le voir, ce bolivar est magnifique, loin de tous ces petits gros laids et éjaculateurs précoces, ou des ces brise machoires à complexer une porn star. Il est grand, fin, élancé et une superbe cape, soyeuse, légérement rugueuse, bien dans la lignée des bolivar Royal Coronas et Gold Medal. La même odeur de cuir et d’étable.

Je l’ai décapité, de crainte de briser la cape à l’emporte piéce. Les arômes sont déjà légérement épicés et boisés.

L’allumage est un bonheur : une fumée ample, grasse, pas asséchante, et une typicité Bolivar, avec ce goût que je définis si mal. Epicé, boisé, et une puissance déjà présente. Le premier tiers a une présence étonnante, une mélange étonnant et équilibré de goût et de puissance. Moi qui suis plutôt amateur de cigares doux et très aromatiques, je suis dans un vrai changement, et un changement séduisant.

Ce cigare est technique et m’a fait pensé à un Fundadores dans le style de fuma : trop rapide, il chauffe ou trop lent et il s’éteint réguliérement. C’est à noter qu’un fumeur qui ne prend pas en compte ce critère peut passer à côté, car le cigare est puissant et peut vite devenir asséchant si fumé trop vite.

Ce cigare évolue doucement vers des saveurs plus orientées sur le cuir et le torréfié, mais il reste relativement linéaire, ce qui dans le cas présent n’est pas déplaisant. J’avoue que je suis subjugué par un équilibre parfait entre puissance et goût, et il est rassasiant.

A ceux qui peuvent, un essai s’impose.

Bolivar – Libertador

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Je ne vais pas m’en cacher, ce cigare est un de mes cubains favoris et le seul Bolivar que je pratique réguliérement, même si je reconnais que c’est une excellente marque, ce n’est pas celle que je choisis naturellement – mais je me soigne.

Encore plus paradoxal, c’est une ER. Oui, un de ces trucs sur lesquels je m’épend réguliérement et que par habitude, et je ne sais si c’est être rebelle que de ne pas aimer me faire refiler du robusto au taris du double co.

exceptio probat regulam in casibus non exceptis

Même si mes stocks partent en peau de chagrin, j’aime ce cigare. J’aime sa richesse arômatique, sa puissance, sa taille. Dans ma cave, il trône à côté des Sir Winston. C’est le dauphin probablement, par coup de coeur.

Car si lors de mes premiers achats à sa sortie il était diablement rond et arômatique, tranchant je trouve assez singuliérement avec la ligne puissante et franche Bolivar, ce cigare à un potentiel de vieillissement hors norme. Ils sont tous devenus sombres, luisants, avec un gras quasiment palpable. Et c’est diaboliquement apêtissant.

A son époque, son côté grand gros était aussi un peu hors norme, avec un cepo suffisant à dire d’un coupe chou que s’il était en mesure de décapiter un libertador, il serait capable de décapiter tous les autres. Peut être par manque d’intérêt de ma part, mais il ne m’avait pas semblé à ce moent être envahi des gros boudins antillais du nicaragua comme les Cain, Tatuaje, et même dans cette gamme, il est nettement plus fin.

C’est donc avec un plaisir certain que j’ai décapité le plus gras d’entre tous, visuellement parfait, avec un bel arôme de cuir.  A cru, c’est un mélange particulier, que l’on ne trouve que dans certains cubains qui ont un potentiel de vieillissement. Un mélange de bois précieux, de cire et d’oléagineux, très fin, très marquant Il se confirme à l’allumage, ou le pied est conséquent. La rétro olfaction m’en met plein les sens, et simplement : c’est bon – très bon.

Le tirage est conséquent vu le cepo, mais régulier et cohérent. Il y a une bonne mache, du volume et c’est un vrai plaisir de le machônner. Il va évoluer doucement et prendre du corps et de la puissance, assumer sa naissance. Il reste sur du bois précieux, de l’oléagineux, et la puissance amène un peu de poivre, et du torréfié. Le second tiers est une superbe évolution du premier tiers. Ce vieux cigare me fait une démo, et c’est difficile de tout identifier, tout se fond, on trouve ça et là des notes de café, de poivre, de graines torréfiées, du végétal.

Le dernier tiers c’est une démonstration de puissance contrôlée, on tire dans le cuir et dans le café, bienvenue chez le torréfacteur, avec une note de réglisse, prouvant que la nicotine est là et bien là.

L’âge lui apporte ce grain de folie qui lui manquait les premières fois, je suis content de l’avoir conservé dans ma cave, et 5 ans plus tard, quelle belle valeur; comme un âge de raison.

J’en sors ko, complêtement rasasié.

Si par hasard vous tombez sur quelques exemplaires bien conservés…