Cigare

Vegafina – Especial

A l’heure ou l’automne arrive et où je m’attends à me les peler dans peu de temps a en écouter ou lire le jus de cerveaux de scientifiques dont l’alarmisme n’a d’égal que l’incompétence, j’ai décidé de me renforcer le caractère et de me remettre au cigares non-cubains. « Entrainement difficile guerre facile ».

N’en déplaise à certain, oui je fais une dichotomie entre les cubains et les autres, car soyons honnêtes, si j’ai fumé des petit cigares sympa ça et là, la grandeur pour le moment je ne l’ai trouvé que dans les cubains – et je concède dans les séries Tatuaje Miami Reserva.

J’en ai aussi un usage tiers qui est de tenter de provoquer le suicide d’un viêt par étouffement à la volute ferreuse du nicaragua mais c’est marginal.

Parmis les trucs pas terribles qu’un fumeur peut rencontrer (je ne sais pas pourquoi, c’est pavlovien mais quand on me dit mauvais cigare je pense « Camacho » et surtout « Rocky Patel ») la distribution est bien plus concentrée dans les terroirs annexes, qui pourraient se contenter de faire des choses simples et agréables (Pitbull, Don Horacio) mais non – Il faut que la compétition s’installe avec le cubain.

C’est ainsi que la linéarité des Cain, les défauts de construction des Ashton, ou le magma Fuente ont fini par venir à bout de ma consommation de non cubain. Je reste encore fidèle à quelques Fuente par goût historique, mais guère dirait Pagnol.

Quand je les offre à des fumeurs de cigare, je vois bien leur tête regardant les boites de cubains et se disant « le salaud il va me refiler ses daubes ». Quand je ne repense à l’expression consacrée d’un pote fumeur pour décrire sa cave à non cubains : un humidaube.

Et oui! La dernière fois que j’ai offert un de ces cigares (Rocky Patel XVéme anniversaire V2.3 de la gamme standard évolutive produite en honduras avec du tabac trafiqué partout dans le monde par un chauve obèse mais qui reste de la famille et qui vend ces cigares avec la ferveur d’un démonstrateur ménager sur le marché de saint jean de monts) j’ai eu un commentaire assez cinglant qui est arrivé sur mon téléphone me disant que j’avais offert un cigare dont

la palette aromatique avait approché l’odeur d’une travailleuse dans les champs par temps de canicule et après quelques coïts

.

Sauf à ce que je prenne tout mal, c’est tout sauf un compliment. Le pauvre faut dire qu’il a failli s’en étouffer ! Désole Amigo !

Voilà. Et ce vegafina, je me suis dit que c’était pour ce soir, et après l’avoir allumé, je me retrouve à écrire une palanquée de conneries pour meubler.

Comme tous les non cubains, c’est bien roulé, relativement clair, ferme, correctement rempli.
C’est un figurado, une forme très particulière et c’est vendu en jarre. Bref, le packaging est travaillé. Maintenant qu’en est-il du goût ?

Bien je cherche. C’est très doux, mais c’est asséchant, ce qui rend la rétro olfaction très désagréable. C’est peut être légèrement végétal et ce côté un peu doux du dominicain.

Ok la cendre tient super bien, elle est bien blanche, et il arrive même à produire de la fumée.

Mais c’est d’un chiant..Mais chiant… C’est de l’ennui à fumer, un somnifère pour accroc au valium.
Un cigare à fumer en faisant autre chose quasiment, quand on ne veut pas gâcher un précieux. Bref, arriver à la fin du premier tiers, je le trouve totalement dispensable. In fine, il produit un exploit rare celui d’être contrariant : plus on le fume, moins on comprend pourquoi on le fume.

Il n’a pas de tiers, juste une belle autoroute bien moche, et le confort d’une fuego sans climatisation en plein été.

L’avis est dur, mais parlons un peu viril : je fume le cigare par plaisir olfactif, et ces cigares me laissent dubitatif. Ok ils sont ‘abordables'(Contrairement à un La Ley qui en plus d’être très commun est cher)et sans prétention, mais pour faire le parallèle avec le pinard; une petite bouteille sans prétention dans une soirée sympa, ça se partage et ça passe. Le cigare mauvais ça passe rarement.

Bref, pas mon truc et je n’y reviendrais pas.

Partagas – Série D N°4

D4

Le D4, c’est un cigare un peu « bateau », dont finalement je ne suis que rarement lecteur des commentaires. Probablement un des best sellers, un des cigares le plus vendu en France, si pas dans le monde.

Le D4 c’est un peu l’étalon robusto, le cigare que l’on trouve dans l’armoire mal humidifiée de plein de débit de tabac au côté des tubos de Romeo y Julieta, des monte 2 et 4 et des Cortes. Celui ou Jeannot le patron nous dit qu’ils sont conservés comme là bas à 52% avec un clin d’œil et qui sort sa boite de cigarillo pour nous dire qu’il est frangin du cigare.

C’est aussi le cigare qui a servi de référence à beaucoup de fumeurs. (dont un particulièrement que l’on peut voir parfois errer sur l’île des caraïbes un shabeat à la main en grognant « E2 » à « la vieille salope » (copyrighté mais parfois c’était aussi une pute))

Bref, à quoi sert de faire une  présentation de ce D4 ? A rien. On a tous fait le tour, on en a tous fumé, même pour certains des frais roulés de la fabrique et bien velus, mais comme tous les fumeurs de cigare nous voulons d’autres horizons, du neuf, du frais.

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Et le petit jeune qui jouit tout son soûl de son arôme de sous bois, mêlé de cuir et de champignons qui va s’échouer sur une viande bien juteuse ça nous fait sourire, nous les ‘vieux fumeurs’, d’un peu de tendresse de ces moments passés où on pouvait s’émerveiller sur un cigare commun et d’un peu de vieux con disant « et attends de voir le reste ».

noob

Bref hier j’ai fait mon vieux con avec un débutant, et quoi qu’il en soit : le D4, c’est un standard, une référence, un benchmark, un étalon, et surtout, c’est un bon robusto. Hier soir, je l’ai fumé pour la première fois depuis longtemps, et je me suis souvenu qu’en dehors d’être une référence c’est aussi un vrai bon cigare. Comme un vieux connard, j’ai délaissé la boite dans le fond de l’armoire. Et pourtant, ils sont beaux. Luisants, sombres, gras et odorants dans leur jolie boite de décembre 2006.

Nous les avons fumé sur deux vins. Le premier était un Côte de Beaune avec un accord assez magique, et un superbe Côte du Rhône, le Sierra du Sud de la maison Gramenon, que je ne cesse de recommander depuis 10 ans tant ce vin a de qualités dans ce monde où les vendu de Suckling et Parker ne font qu’encenser la production médiocre de financiers et avocats reconvertis comme des catins se rachetant une vertue pour faire du patrimoine de bouteilles de vins qui ne seront jamais bues ou mélangées à du Sprite à Shangai – Je crois que dans mon échelle de dédain, l’acheteur de vin à l’étiquette est pour moi un connard d’un rang bien supérieur au fumeur de bague !

Alors petit mot facile sur un cigare archi-revu, mais le D4 c’est comme la pipe : c’est quand on s’y attend le moins que c’est le meilleur. Bref, un cigare de dépucelage, et un cigare à reprendre de temps à autre, comme une première maitresse – histoire de s’en souvenir.