Cigare

Cohiba – Siglo VI

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Le canonazo Cohiba, considéré par certains comme le meilleur cigare du monde (encore que ce titre soit décerné un peu facilement et en fonction des modes), à la taille impressionnante, imposante et au tarif Cohibien prohibitif habituel.

J’ai choisi ce soir ce joufflu après avoir pris un pied certain avec son petit frére le Siglo IV le midi dans un cadre relativement similaire.

A savoir : Des amis, quelques bons alcools, un bon repas et une douce fin de soirée.

Pour imager l’impression que me laisse ce Siglo VI; il reviendrai à faire l’amour à une très belle femme frappée de frigidité. Elle reste très belle est désirable, mais c’est sans plus. 

La construction, le tirage et la combustion sont exemplaires.Techniquement, c’est un bonheur de le fumer. Le rythme est juste, le volume de fumée parfait, le tirage constant. Bref, il ronronne et est déconcertant de qualité.

Seulement, il est chiant à mourrir. C’est la limite du bonheur : avec le temps qui passe, la linéarité est pesante. Dès le début, il se cale sur cette saveur cohiba, soit équilibrée et agréable, mais il ne bougera plus. Même l’augmentation de puissance est chiante, ça ressemble à une fonction logarithmique, le purin se paye d’ailleurs le luxe d’être encore doux et chiant. C’est miou-miou dans les valseuses, sauf qu’au moins à la fin du film elle réussit à avoir l’orgasme. Là j’ai juste réussi à arrêter de m’ennuyer en le laissant dans le cendrier.

Voilà, très beau, très cher, et surtout, très dispensable.

Macanudo – Diplomate Cafe

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Un cigare à la mine sympa et joufflue, avec une belle cape claire, ce qui se fait rare, et un module atypique, qi a cru sent bon le bois et le végétal et la douceur du St Domingue. Il n’est pas pur dominicain, avec une cape connecticut.

Le temps étant beau, j’ai profité du soleil et d’une terrasse pour décapiter et allumer la bête. Effectivement, à cru, il est dominicain avec un tirage cubain, que je pense un peu serré au début. Comme il faisait chaud, nous avons opté pour une belle terrasse et des panachés ainsi que de l’eau minéral. Rien de bien contradictoire ou de bien dangereux.

A l’allumage, très belle fumée, mais tirage un peu faible, et le cigar est extrêmement doux. Il démarre dans un brioché, boisé, légérement de l’amande. Arrivé au corps de l’histoire de ce figurado, les saveurs sont en place, un tirage effectivement très cubain et une puissance modérée. Inutile de palabrer, le temps passant, je l’ai trouvé au final assez linéaire et ennuyeux. C’est agréable, soit, mais c’est extrêmement limité. C’est une demi-heure de la même histoire qui passe, et une histoire sans rebondissement. Un long fleuve tranquille de boisé, d’amande et de douceur.

Il y a peu de démarquation entre d’éventuels tiers, les saveurs restent très discrétes et très douces, il y a une pointe d’amertume qui monte sur le derniers tiers et le rend d’ailleurs peu agréable.

Rien à redire sur la construction, ni sur l’aspect, mais pour moi il manque « un truc », je l’ai quasiment fumé sans y penser.

Un cigare qui sera bien pour un débutant, ou un fumeur occasionnel, mais qui pour l’afficionado moyen va manquer de punch et de saveur.

En revanche, si l’occasion se trouve, j’essaierai d’autres modules de la gamme, mais pour celui-là, ce serait plutôt cigare de promenade ou cigare de discussion, mais pas de ceux avec lesquels j’apprécie et je réclame mon moment de solitude.