Fuente

Arturo Fuente – Gran Reserva (Robusto)

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Un module robusto des chez Arturo Fuente, créé par carlos Sr. Un beau robusto, très lisse, bien ferme, bien rempli, qui sent bon le chocolat et la terre,au tirage impeccable. Dans la boite, magnifique d’ailleurs, il se présente emballé celo, entouré d’une feuille de cédre. J’ai d’ailleurs toujours trouvé une faute de goût énorme qui est la barquette « plastique » qui permet de ranger les cigares dans la boite. 
Cela étant dit, c’est un beau produit, et pour moi une pure représentation de la marque Fuente en termes de saveurs.
A cru, on trouve cet arôme si particulier, d’épice, terre et chocolat qui me semble être la patte fuente.

La cape est d’origine du Cameroun et la tripe est dominicaine. C’est ici important car la cape Cameroun apporte de la rondeur à ce cigare et surtout un peu de puissance, ce qui est souvent le reproche fait au dominicain : trop doux, trop légers.

Le premier tiers de ce cigare est effectivement léger, mais les arômes sont bien présents, on trouve le chocolat, la terre, l’épice, et ce côté rond qui donne une saveur très particuliére, et que j’identifie même dans le noir et les pires conditions : c’est la première rencontre savorique que j’ai eu avec un vrai cigare.Avec son grand frére soit, qui est bien plus doux.

A l’entame du secoind tiers, il y a une belle augmentation de puissance, et l’apparition de notes de cuir, le cigare devient plus viril. Ce second tiers me fait d’ailleurs toujours remarquer que les fuente s’accomodent mal d’une humidification cubaine. J’ai toujours préféré ces fuentes plus humides, et d’ailleurs cela c’est aussi vérifié avec d’autres cubains, dont principalement Ashton.

C’est quand même l’heure du coup de gueule car qui aime bien chatie bien : ce cigare est pour moi un bon cigare, vous l’aurez compris, car il a une puissance qui évolue correctement et qui est agréable. Hors qui dit puissance dit qualité de tirage irréporchable. Et c’est là que la bas blesse : sur une boite, attendez vous à trouver au moins 3 exemplaires avec des trous ou bouchés. En même temps c’est pas grand chose comparé à certains cubains, mais ça reste agaçant.

Dans la plupart des expériences, un dégazage peut être salutaire au début du derniers tiers de ce cigare qui alors révéler une puissance virile, dans un cuir bien affirmé, avec des pointes de chocolat amer.

La combustion est réguliére, et à noter une cendre très blanche, mais aussi très légére. La vitole supporte mal les fumeurs pressés, et chauffe relativement vite. Là encore, appliquer la règle de la bouffée par minute de Don Alejandro est un bon rythme avec ce cigare.

Un peu excessif pour une matinée, c’est un excellent compagnon d’apéritif ou de fin de repas; cependant il peut ne pas plaire car il reste simple, et certains amateurs seront peut être en manque de saveurs et les débutants pourraient être rebutés par la puissance relative.

Moi, c’est une base, un cigare que je fume avec plaisir et que je concéde être un goût singulier, et d’ailleurs je l’offre rarement. Pas pour ménager mon stock mais plutôt parce que je sais que ce que j’aime dans ce cigare est sa singularité.

 

Rêverie, ô cigare invisible du sage ! – Victor Hugo

Un jour comme les autres où je révais, un ami me dit que je devrais fumer un cigare car c’est le meilleur compagnon de la contemplation. A ce moment, je n’étais pas certain de ce que cela devait signifier. Toujours est-il que pour moi, ce cigare était le truc putassier et nauséabond que son pére se collait dans la bouche en le sortant d’un boite assez banale mais qui semblait attirer toute son attention.  Besoin de reconnaissance, mauvais goût, nouveau riche, je ne savais pas vraiment comment interpréter ce geste. Fallait reconnaitre que le geste était néanmoins élégant, d’allumer ce quasi bout de bois d’une allumette en quelques instants.

Des années plus tard, j’étais en république dominicaine à las terranas . Au détour d’une plage, je senti une odeur fabuleuse. Chaude, épicée, boisée. J’ai vu un homme allumant son cigare. Ca m’a intrigué. J’ai la nature curieuse, et comme l’on m’a dit, je suis frappé de nomadisme intellectuel
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Bien sur, comme tout ce qui touche aux plaisirs, j’ai essayé de comprendre en achetant n’importe quoi. Heureusement, une bonne âme passa, m’expliqua que ce cigare qui me semblait bon ne l’était pas et me fit découvrir un nouveau monde grâce à  ce qu’il nomma un « Fuente ». J’en suis revenu avec ma première boite. Le churchill d’Arturo Fuente fut le premier cigare de mon initiation.  C’est ce cigare :
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Par chance, mon « maitre » m’a montré comment le couper, et comment l’allumer. Il m’a montré le rythme, et surtout ce soir là, j’ai découvert comment pendant plus d’une heure il est possible d’éveiller ses sens à des arômes fins, et de contempler ces belles volutes. C’est vraiment une chance. Se faire guider et découvrir. J’ai découvert ce soir là des saveurs que je ne connaissais pas, difficilement descriptible d’ailleurs. Mais là où je croyais à une fumée acre, épaisse, j’ai trouvé une fumée ronde, gourmande, et des saveurs.

De retour chez moi, j’ai décidé d’acheter une cave. Forcémment, j’ai trouvé le moyen d’acheter une cave et des cigares. Je ne savais pas que j’étais sur le point de découvrir le Sir Winston, le lusitanias, l’épicure, ou encore plus récemment, le Edge.

Aujourd’hui, une dizaine d’années ont passé. J’ai découvert d’autres cigares, d’autres terroirs, d’autres saveurs, mais la passion reste la même.

Mon cigare aujourd’hui, c’est celui que je partage avec mes amis, amateurs ou curieux occasionnels, c’est celui que je regarde vieillir dans ma cave.

Le cigare est un luxe oui. Mais pas le luxe vulgaire qu’affiche le monde actuel. Le cigare, c »est le luxe et le privilége de s’accorder du temps, c’est le luxe d’avoir le temps.

Je n’ai pas la technicité ni les mots de beaucoup d’amateurs, tout comme j’aime le vin sans pour autant verser dans l’oenologie. Je voudrai partager ma passion avec tout le monde avec mes mots et mes impressions : mes cigares, leurs volutes et la contemplation.

F.