Nicaragua

Tatuaje – Gran Cojonu

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Amis du cigare discret, passes ton chemin ! Voilà un déboite machoire signé Pete Johnson. Un cigare aussi imposant (Cepo de 60, longueur d’un churchill) que beau : une superbe cape foncée, tendue, lisse, ferme. Son pied qui laisse la cape se finir sans coupe ajoute un peu de chien à une pièce qui n’en manque déjà pas. A noter d’ailleurs que le nicaragua n’en fini pas de me charmer avec ses pièces dodues et bien réalisées.

J’ai trouvé ces pièces au Drugstore des champs, où un charmant jeune vendeur officie avec le plus grand soin et la plus grande dévotion (Al). D’emblée, il donne envie, il met en appêtit. A côté, un partagas D4 fait demi corona , et il envoie le Libertador au module raisonnable. Bref,avoir du temps, une machoire d’acier, et probablement une bonne envie de fumer.

La bête à cru est faite de cuir et de terre, et le fuma crudo laisse passer des épices très marquée et une saveur douçâtre. Le bougre semble quand même promettre du lourd ! A cru, vu le cepo, j’ai peur que le tirage soit une cheminée, mais il n’en est rien. Il ventile correctement et sagement.

L’allumage est très discret, inutile de rappeler que les gros modules sont souvent doux, mais dès les premières bouffées, il y a ‘à manger et à boire’. Le volume de fumée est super agréable, et surtout juste, avec un épicé particulier qui n’a pas grand chose à voir avec le cubain. Beaucoup plus simple, mais diablement efficace et ample, Pour faire sourire certain, c’est un miel de citronnier qui me vient à l’esprit. Une épice suave, très longue en bouche et fine.  Il reste cependant en deça du Gran Cojonu 2003 que j’avais fumé, moins savorique.

La combustion est un modèle : une fumée légére et odorante, une cendre blanche immaculée, compacte et légére. la combustion est aussi esthétique que le cigare. Rapidement du torréfié vient se méler à la partie,  et au fil du temps, du terreux, mais cependant pas abondant, qui donne une saveur simple, rustique et longue en bouche;

Un seul regret : une grosse linéarité. J’ai trouvé les arômes vites mis en place, mais un peu invariant au long du cigare. La puissance évolue peu, mais à la fin du premier tiers, il y en a suffisamment, après tout la puissance n’est pas une mention obligatoire.

Une petite déception car il m’a moins emballé que son cousin, mais un très beau et bon cigare, peut être un peu rugueux pour un débutant, mais qui a une vraie personnalité et de très haute qualité !

Une marque que je vais continuer d’explorer et qui promet beaucoup de belles surprises !

Cain – F 660 Straight

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Un beau cigare, massif, long et épais, d’allure maduro parfaite, ferme, bien plein. Il a une senteur animale, du foin, du cuir, de l’étable. Tout de go, avec son pied bagué de rouge, il a de la gueule et roule des mécaniques.

Je l’ai fumé en la compagnie agréable d’un ami,  et d’une autre amie : une bouteille de crocquignol, l’excellent vin de pays coteaux du salagou du Mas Fabregous, Un vin simple, sans fioriture, bien vinifié et qui nous a suivi depuis ma première tentative de gnocchi tomates / basilic / parmesan entiérement « fait main », bref, le « gnocchi da Freddo :.IMG_0430[1]

Merci de ne pas remarquer que je n’ai aucun talent pour la présentation

Nous avions envie d’un moment entre potes, après ce qui fut déclaré une « bonne bouffe », et de mouler paisiblement en extérieur.

En ouvrant ma cave « nouveautés », j’ai repéré ce Cain, qui m’a semblé, beau, gourmande et un parfait remplaçant de tiramisu pour ceux qui n’ont pas le palais sucré et une bonne petite bouteille à finir.

Nous avons donc décapité ces beaux cigares, et là première inquiétude : le tirage est très cubain, et je crains que cela soit du à un remplissage conséquent du cigare.

L’allumage confirme cela, même à la torche l’allumage prend du temps, et semble laborieux (pour tous les fumeurs).

Les premières bouffées arrivent, et le cigare semble lancé. La saveur est intéressante, une belle saveur de cuir, matinée d’épices, mais déroutante : à voir le though guy qu’est ce cigare, on s’attend à en prendre plein la gueule, et là c’est plutôt discrétion et douceur – je tiens à préciser que je documente rarement mes découvertes, au sens où je préfére me forger mon avis que d’être influencé. Le cigare est intéressant, le tirage devient plus régulier passé 1/2 cm, le cigare ronronne est se met en place. La puissance arrive doucement et on arrive rapidement à une belle mache, peut être un peu courte, mais sympathique.

Et malheureusement, cela s’arrêtera là. Ce cigare est intéressant par sa construction, mais il reste très linéaire, trop linéaire. Il y a quasiment le premier centimêtre et le reste du cigare. Autant que dans une discussion entre pote qui dure, ce cigare passe, mais il ne restera pas dans les annales. Deux dégazages semble faire revenir un peu de torréfié, mais cela reste volatile. Même le dernier tiers est stupéfiant de douceur, et les saveurs sont devenues réellement très courtes en bouche.

Autre point, Monsieur faisant sa taille, les machoires fatiguent un peu. Il n’est pas écoeurant, mais non plus très rassasiant, très loin de la sensation d’un gros module comme un Lusi.

Dans son registre, Nicaragua si je ne m’abuse, il lui manque un truc, soit une palette de saveurs plus large, soit plus d’évolution dans la puissance. En le comparant avec un « concurrent » direct, le Muchacha Pitbull, il semble un peu plus timoré et moins savoureux.

Il reste néanmoins un cigare extrêmement agréable, bien fait, mais trop long, je serai tenter de me replier vers le module inférieur, qui devrait délivrer plus de puissance  et durer moins longtemps.

Content d’avoir trouvé un cigare agréable, mais il reste au final un gros dur au coeur de bisounours.