Cain – F 660 Straight

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Un beau cigare, massif, long et épais, d’allure maduro parfaite, ferme, bien plein. Il a une senteur animale, du foin, du cuir, de l’étable. Tout de go, avec son pied bagué de rouge, il a de la gueule et roule des mécaniques.

Je l’ai fumé en la compagnie agréable d’un ami,  et d’une autre amie : une bouteille de crocquignol, l’excellent vin de pays coteaux du salagou du Mas Fabregous, Un vin simple, sans fioriture, bien vinifié et qui nous a suivi depuis ma première tentative de gnocchi tomates / basilic / parmesan entiérement « fait main », bref, le « gnocchi da Freddo :.IMG_0430[1]

Merci de ne pas remarquer que je n’ai aucun talent pour la présentation

Nous avions envie d’un moment entre potes, après ce qui fut déclaré une « bonne bouffe », et de mouler paisiblement en extérieur.

En ouvrant ma cave « nouveautés », j’ai repéré ce Cain, qui m’a semblé, beau, gourmande et un parfait remplaçant de tiramisu pour ceux qui n’ont pas le palais sucré et une bonne petite bouteille à finir.

Nous avons donc décapité ces beaux cigares, et là première inquiétude : le tirage est très cubain, et je crains que cela soit du à un remplissage conséquent du cigare.

L’allumage confirme cela, même à la torche l’allumage prend du temps, et semble laborieux (pour tous les fumeurs).

Les premières bouffées arrivent, et le cigare semble lancé. La saveur est intéressante, une belle saveur de cuir, matinée d’épices, mais déroutante : à voir le though guy qu’est ce cigare, on s’attend à en prendre plein la gueule, et là c’est plutôt discrétion et douceur – je tiens à préciser que je documente rarement mes découvertes, au sens où je préfére me forger mon avis que d’être influencé. Le cigare est intéressant, le tirage devient plus régulier passé 1/2 cm, le cigare ronronne est se met en place. La puissance arrive doucement et on arrive rapidement à une belle mache, peut être un peu courte, mais sympathique.

Et malheureusement, cela s’arrêtera là. Ce cigare est intéressant par sa construction, mais il reste très linéaire, trop linéaire. Il y a quasiment le premier centimêtre et le reste du cigare. Autant que dans une discussion entre pote qui dure, ce cigare passe, mais il ne restera pas dans les annales. Deux dégazages semble faire revenir un peu de torréfié, mais cela reste volatile. Même le dernier tiers est stupéfiant de douceur, et les saveurs sont devenues réellement très courtes en bouche.

Autre point, Monsieur faisant sa taille, les machoires fatiguent un peu. Il n’est pas écoeurant, mais non plus très rassasiant, très loin de la sensation d’un gros module comme un Lusi.

Dans son registre, Nicaragua si je ne m’abuse, il lui manque un truc, soit une palette de saveurs plus large, soit plus d’évolution dans la puissance. En le comparant avec un « concurrent » direct, le Muchacha Pitbull, il semble un peu plus timoré et moins savoureux.

Il reste néanmoins un cigare extrêmement agréable, bien fait, mais trop long, je serai tenter de me replier vers le module inférieur, qui devrait délivrer plus de puissance  et durer moins longtemps.

Content d’avoir trouvé un cigare agréable, mais il reste au final un gros dur au coeur de bisounours.

Quai d’Orsay – Embajador

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Au délà du cigare en lui même, acheter cet Embajador est vraiment pour moi une expérience et à plusieurs titres :

– depuis quelques temps, nous sommes (et nous, ce sont les fumeurs de cigares, pas les tycoons en mal de reconnaissance sociale, pas les frimeurs en souffrance et tout ce pan marginal du cigare qui produit 99,9% de la mauvaise image du cigare en général) entrés dans une logique commerciale bizarre où « on » nous créé des Editions Régionales et Editions Limitées, parfois sans intérêt, aux prix franchement surévalués. L’interêt semble être davantage de ‘financiariser’ le cigare, et de faire du trading de vitoles ‘rares’ et ‘vintage’, ce qui me semble être le strict opposé moral et comportemental des fumeurs de cigares que je connais. Je trouvais déjà litigieux certains prix (comme BHK par exemple) où ça devient franchement ridicule de voir un produit cubain (avec ce que l’on connait des opinions politiques) vendu exclusivement à des élites financiéres du globe, mais là c’est limite de la création d’inflation à la demande.

– depuis quelques temps, le cigare devient comme tout produit que l’on vend comme un produit luxe un objet de satisfecit immédiat, et donc on le fume vite. C’est là qu’interviennent des cigares insignifiants que je nomme les Short Machins, où beaucoup essayent de trouver trois tiers, mais qui sont en réalité des cigares sushis. Si un débutant devait me demander comment aborder le cigare, je lui dirai déjà qu’il doit trouver le temps, et quoi qu’on en dise ou pense, commencer petit n’est pas le meilleur moyen de découvrir ce merveilleux univers. 
Le petit cigare est très rarement exceptionnel, souvent il chauffe, souvent la puissance est mal contrôlée ou écrasante et on en ressort au bout de 30 minutes avec un rapport tabac / saveur très disproportionné.

Quand le mélange, où la féé marketing se pense sur le berceau du short machin, on devine ce qu’il arrive souvent, nous découvrons Talleyrand fait cigare. c’est cher, c’est souvent bien présenté, c’est petit et c’est décevant au fumage.

Car c’est aussi ça le truc énervant : ils sont affreusement chers.

Bref, ce robusto (pas si petit que ça, ouf), qu’en est-il ? 
Soyons honnête, il n’est pas mauvais. C’est un quai d’orsay, et je pense du bien d’avoir des gammes comme cellle là ou Hoyo qui propose des cigares doux, plus appropriés à certains moments.

Il est dans la lignée Quai d’Orsay, brioché, rond, boisé, doux, et il est agréable à fumer. C’est un petit imperiales en quelques sorte. C’est donc un Quai d’Orsay banal. Mouai, à 12 € 90 piéce. C’est très cher. Je dirai même plus : c’est du vol. Un demi imperiales presqu’au prix du vrai; on est à 4€ du Lusithanias, ou du Sir Winston.

Dans l’expérience, je l’ai fumé en préparant un apéro dinatoire, en sirotant une moresque, et franchement, rien de fabuleux. Comme je l’ai dit plus haut, c’est un Quai d’Orsay sans rien de particulier.

Quand je lis : « Cette édition limitée est l’aboutissement d’un travail de plusieurs années avec Habanos »  par Antoine Bathie (directeur cigares premium d’Imperial Tobacco). J’ai envie de lui dire :

– Soit Imperial Tobacco et Habanos ont de sévéres problèmes de productivité ou sont remplis de gens dénués de talent
– Soit, tu nous prends nous fumeur véritablement pour des cons, voir pire, tu nous ignores, au profit de l’économie cigaristique. Tu vends hors de prix des produits pas terribles à des gens qui n’y comprennent rien, mais qui achéterons une boite numérotée, qui vaudra de l’argent demain (et plus, que le cigare aussi se décomplexe, et inventon le multi trading facility du cigare bordel, il doit bien y avoir un marché encore juteux quelque part dans le monde pour s’en foutre plein les fouilles avec la paresse intellectuelle de faire des produits pas terribles mais vendable, bref d’être médiocre mais avec des billets dans les poches.)

Enfin synthétiquement, cher Antoine, comme tu semble être persuadé que nous allons gober cett odieuse sentence qui ressemble plus à une éjaculation du cervelet d’un consultant en communication qu’à l’esprit passionnel et entrepreneurial d’un Cyril Pelletier ou d’un Didier Houvenaghel : Et mon cul c’est du poulet ???????

L’embajador est une arnaque cigaristique. Imaginons que je prenne du coca, que je le mette dans des bouteilles améliorées d’une bague « édition locale » d’une contenance 50% inférieure, pour un prix équivalent en disant que le nombre de bouteilles est limité. Et voilà la nouvelle recette destinée au marché Français. A croire que BHL s’est reconvertit en consultant marketing…. A défaut, l’embajador peut servir de plug biais à la découverte de nouvelles sensations.

Pour rester dans l’esprit de la clientéle de ces produits et dans l’esprit de franche camaraderie cigaristique qui semble animer les « créateurs » de ces ignominies, reco négative, et moi je shorte.