Articles par Volutes

Nicarao – Anno VI Pyramide

Ca faisait longtemps que je n’avais pas posté sur du non-cubain. Alors aujourd’hui, c’est Nicaragua. J’avais acheté ces pyramides au Club Nicarao – Bref, Art Tabac il y a un an, ne connaissant pas. J’étais assez partagé, mes copains fumeurs me disant « pas terrible » et le web encensant cette marque.

Je suis toujours assez méfiant des effets parnugiens des communautés qui tendent à rendre tout cigare exceptionnel, jusqu’à ce qu’il finisse lapidé sur la place publique.

Comme si c’était une règle du Nicaragua, c’est un cigare roulé très bien, avec une cape soyeuse et légérement nervurée. D’avoir fait un pyramide est une bonne idée, c’est un format extrêmement agréable. J’ai noté cependant sur les cinq exemplaires une cape très fragile et fine, qui a tendance à se fissurer ou a se décoller. Rien de très grave, mais pour ceux qui ont l’habitude de palper et tripoter leurs cigares, attention à les traiter avec douceur et délicatesse; je les ai trouvé pour ma part beaucoup plus fragile que les autres peuplant ma cave nicaragua.

Les bagues sont juste hideuses, je ne comprends pas le ton sur ton des verts, ça donne un côté Naturalia au cigare, et je n’aime pas. Bon après ça reste une bague, donc et ça s’enléve et on s’en fout ! Mais je trouve qu’elle ne valorise pas vraiment le produit.

Je le coupe relativement court, le tirage de ces cigares est extrêmement juste, et je redoute l’effet cheminé. A cru, le cigare est très arômatiques, du boisé, de l’olégineux, c’est franc et présent – et plaisant d’ailleurs.

Le premier tiers est surprenant, plein de rondeur, quasiment sucré, très porté sur le boisé, le patissier, et plein de goût. Sur le registre, il m’a fait penser au Vegafina by Seija, en plus abouti, plus franc. L’arôme à cru se confirme, c’est plaisant, ça se fume facilement, et a proprement parlé je suis bien plus séduit par ce Nicarao que par un Cain ou un Oliva.

Le cigare reste relativement linéaire et avec peu d’évolution, à noter que l’ouverture modifie considérablement l’expérience, et que trop ouvert, le cigare devient vite asséchant et piquant. – et c’est plus un mauvais réflexe pour un fumeur de pyramide qu’un défaut du cigare. Cette linéarité pour moi est plus une régularité : la combustion est bonne, quelques récupérations de ça et là, mais dans l’ensemble, c’est une cendre blanche immaculée et légére.

Le dernier tiers est un concentré de saveurs et de cuir, une belle puissance, il est gourmand, patissier. Il se fume jusqu’aux doigts. C’est d’ailleurs assez surprenant comme finish, mais c’est une bonne surprise.

J’aime finalement beaucoup ce cigare, et cerise sur le gâteau, il est très abordable comparé à ses copain de cuba de même format, et clairement supérieur à ses comparses dominicains.

Un bon cigare à découvrir, car ce cigare sent l’envie de bien faire, la passion et rien que ça mérite l’attention des afficionados !

Montecristo – Montecristo N°1

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Un cervantes d’une marque que je redécouvre ces derniers temps, j’ai pu attraper une boite de ces n°1, qui m’ont attiré après avoir découvert avec gourmandise l’especial n°2, j’ai trouvé que ces modules longs et fins semblaient assez compatible avec la douceur montecristo.

J’ai envie de dire « comme d’habitude », ce cigare est bien roulé, irréprochable, avec une cape soyeuse, pas vraiment grasse, légérement souple. Là encore, sur la boite, une grande homogénéité des vitoles, et pas de buches. Ce sont des cigares jeunes (2011) et je trouve que les Montecristo se portent mieux jeunes qu’âgés, le côté fruité de la jeunesse donne un peu plus de kick à des arômes souvent légers.

J’aime aussi ce format, lonsdale, fin et élégant, qui se fume facilement.

A cru, ce cigare est surprenant : c’est boisé, très boisé, sous bois, fongique, humus. C’est une balade dans les sous bois après la pluie. Une saveur quasi automnale et ancienne. Un côté nature morte qui est agréable.

Le tirage est juste, ouvert au v-cut, que je finis par apprécier pour ces vitoles fines.

Les premières bouffées sont conformes à la sensation à cru : c’est un arôme franc et direct très boisé, très fongique, et une touche d' »ancien », de poussiéreux, mais sans être désagréable. Je le trouve assez loin des arômes discrets de son frangin le n°2, beaucoup plus franc. Le terreux arrive rapidement après quelques centimètres,

Les arômes s’intensifient, la puissance augmente, et je la trouve particulièrement équilibrée, ni débordante. Il y a de la justesse, le cuir arrive, avec des notes oléagineuses agréables.  Ce que j’aime, même si je ne suis pas fan de la saveur boisée et terreuse, c’est le côté juste de ce cigare. Il y a un bon équilibre entre la puissance délivrée et la finesse des arômes.

Le final est rasasiant, plein de cuir, de noisette et un côté poussiéreux, agréable, des arômes riches – qui m’ont d’ailleurs fait penser à une autre lonsdlae, le Molinos Sancho Panza.

Ce cigare ne m’a pas laissé indifférent et c’est une saveur particuliére, qui peut déplaire, mais ciselée et bien présente qu’il délivre.

Je trouve qu’il accompagne formidablement un fin de diner léger avec un thé vert sencha ou une infusion de thym (cette dernière étant un accord des plus agréable avec ce cigare) ou simplement une eau minérale.

Un cigare que je conseille donc à tout fumeur de cigare qui cherche un montecristo con cojones; bien plus assumé que le n°2, plus de caractère que ce que je connais de la gamme et beaucoup de goût.