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H.Upmann – Magnum 50

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Un cigare si l’en est magnifique, fut le défunt Magnum 50, édition limitée de 2005. quel bonheur de voir en 2008 sortir ce magnum 50 en édition classique.

Il faut dire qu’il a une gueule d’aristo, avec un cepo de 50, et ses 16 centimètres. Il est beau, voir magnifique, imposant, lisse, tendu, délicieusement souple. Et ceux qui avaient pu se coller dans les papilles l’édition limitée savent que l’on parlait là d’un grand cigare. Cette édition est donc la promesse d’un grand cigare rendu public, d’un moment d’exception en édition illimitée.

Vox populi s’éléve cependant pour montrer sa déception, ce magnum 50 semble être distant de l’EL. Voir pire, il serait quelconque. D’aucun disent qu’il ne s’agit pas du même et qu’il est une grande déception. En même temps j’ai appris à me méfier de ces avis où il suffit que quelques leader d’opinion disent c’est merveilleux pour que la cohorte de suivante acclame pour la réclamation de faveurs.

En scrutant les vitrine de la civette, je me suis rendu compte qu’il me restait celui là. Je ne le connais pas, je ne l’ai pas gouté. Et ce  qui ne gâche rien, c’est une vieille boite. Le civetier me dit que c’est le meilleur Upmann et qu’il ne comprend pas pourquoi les gens n’en achétent pas plus.

Dirait Coluche, « Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison. ». Je prends la poignée de mag 50 de sa boite de 2008 et je me décide à me fatiguer la machoire avec ce barreau. Rien que posé sur le présentoir, il est beau. Il n’y a rien à dire. Ca fait envie.

Bizarrement il ne sent pas. Il dégage très peu d’arômes à cru, et il est quand même très souple, ce qui sur un module de ce cepo là m’a invariablement laissé penser que je venais de signer un bis repetita d’Edmundo. (Un cigare montecristo déstiné aux gens qui n’apprècient pas le cigare)

Je ne vais pas en faire une longue complainte, mais je voudrais surtout remercier un pote de m’avoir téléphoné pendant que je fumais, l’ennui fut relatif.

Ce cigare a des qualités savoriques proches du néant. Il est trop doux, le tirage est bien celui d’un edmundo, trop large, trop ample et le cigare pas assez rempli. Les saveurs sont tellement discrêtes qu’il n’y a que la linéarité.

Autant j’aurai compris ce cigare dans la gamme Montecristo, autant chez Upmann, ça fait tâche. Quant à la civette, et bien son avis lui appartient.

Soyons abrupte : ce cigare est cher, il n’est pas particuliérement bon, et si il croise votre route, pour quelques euros de plus, préférez le Sir Winston, ou pour quelques euros de moins, préférez le Magnum 46. Rien à tempérer, à ce prix là, c’est une escroquerie  – on est mais alors à des années lumières de l’EL 2005, donc c’est de la pure récupération marketing.

A vendre, Magnum 50 H.Upmann, Jamais servis, Neuf, sous emballage. A négocier.

Cuaba – Generosos

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Cuaba est une marque un peu à part, ou du moins c’est la perception qu’elle donne. Encensée par certains, décriée par d’autres, elle est à part déjà pour la forme de tous les modules. Chez cuaba, pas de churchill ou de corona, que du Figurado, de tailles plus ou moins importante.  En termes de vente, elle reste relativement confidentielle.

Pour ma part, j’aime bien le module (figurado) qui est agréable à fumer et la saveur cuaba. La dimension du generosos (13 cm pour un cepo au max de 42) est abordable, avec un temps de dégustation équivalent à un robusto. Il est plutôt équilibré. En main, il est d’une cape grasse et foncée, le cigare restant relativement ferme. A cru, le Cuaba sent bon la terre humide et le cuir, et à cru, le bois précieux est déjà présent, ainsi qu’un tirage très important.

Pour le décapiter, j’ai pour habitude de procéder comme pour un torpedo, et j’allume le pied sans coupe – je sais que certains fumeurs de cuaba coupent aussi le pied, je n’aime pas.

Le démarrage sur ce « capuchon » est donc particulier puisqu’il offre une forme de « mise en bouche » rapide, dans laquelle il y a déjà d’exceptionnelles notes de bois précieux, très complexes et riches, et surtout, au début réel du premier tiers, il y a déjà de la puissance. Sur l’exemplaire que j’ai fumé et dont je parle aujourd’hui, j’ai eu la profonde impression d’avoir un cigare démarrant sur un divin. Une puissance suffisante, des saveurs complexes, bien que limitées au bois précieux, tirant sur l’ambre, gourmandes. La saveur m’a fait saliver ! Et c’est notable. Le seul point noir est un tirage trop ouvert, qui pourra rendre le cigare un peu « viril » pour les jeunes fumeurs, mais qui donne de la mache.

Le second tiers est une évolution importante, car – alors que déjà très savoureux – le p’tit bout se complexifie encore, en faisant apparaitre des notes suaves et mielleuse, il est plus long, plus complexe. Pour faire simple : c’est le kif fait cigare ! C’est gourmand, c’est puissant, et il y a suffisamment de longueur pour pouvoir s’interroger longtemps sur la complexité de la saveur.

Le dernier tiers est une puissance sauvage, peut être un peu trop vu le tirage, mais il se fume à se bruler.

Au final, ce cigare s’est montré être d’une évolutivité remarquable – la linéarité n’existe pas dans le generosos, d’une puissance soutenue – et parfois ça fait du bien, et d’une qualité arômatique remarquable – et c’est bien tout le bonheur du cigare.

A noter aussi, privilègier les boites agées, ce cigare jeune souffre de son tirage et d’un excès de puissance. Le temps l’arrondi, et sur ce point, au moins, le consensus est acquis.