Cigare

Partagas – Serie D EL 2010

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Visuellement très beau, chaque exemplaire de la boîte est quasiment oscuro, gras, avec des bagues légérement vieillies – même si elle occupe un espace un peu trop important.

Au nez, c’est un cuir franc, viril, avec un toucher un peu souple, bien rempli, et une cape soyeuse. Le tirage, ouvert à l’emporte piéce s’annonce juste correct – un peu comme d’habitude sur un partagas j’ai envie de dire et à cru il me fait penser à un 8-9-8 varnished.

Ce module Especial me semble un peu coincé entre le 8-9-8 et le D4 d’ailleurs. L’allumage donne des notes très fines, très douces, dans un registre typique Partagas : sous bois, légérement fongique, oléagineux. Le mélange est très agréable, et dégage de bons arômes, sans agresser. Au bout de quelques centimétres, il rappelle son nom : Partagas. La puissance devient plus soutenue, avec l’apparition de notes poivrées, mais sans perdre en complexité.

Vers la moitié, un peu d’amertume arrive, vite supprimée par un dégazage, et le cigare ronronne dans le cuir et le torréfié, avec une belle longueur, quoi que la mache manque un peu, avec un tirage un peu trop serré à mon goût.

Voilà en tous les cas un beau et bon ciagre, que je vais laisser probablement maturer encore quelques mois avant d’y revenir. En tous points meilleur de le E2, c’est un espèce de brutasse D4 qui parfois se transgenre en 8-9-8.

Un autre question différente pour moi est son « rang » d’EL…Je sais que c’est à la mode, je sais que le marketing de la globalisation du cigare est en route, mais je ne lui trouve rien d’exceptionnel, pour moi il tient le rang d’un bon cigare de production normale et je trouve anormal que sur des cigares vendu comme étant le haut du panier, on soit confronté à des problèmes de tirage.

Le amateurs de partagas y trouveront leur compte probablement, mais sans vraiment plus de plaisir qu’un 8-9-8 et sans avoir l’impression de fumer du « neuf » chez Partagas.

Un demi-succès pour moi.

Montecristo – Maravilla

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En cette fin d’année chargée, le repos est enfin venu et j’ai choisi de m’offrir un moment d’exception avec un cigare d’exception. Autant dire que j’ai toussé, car ceux qui me connaissent savent que je ne partage pas le plaisir général de fumer du Montecristo, un registre souvent boisé / terreux, qui ne m’intéresse guère – et me décoit souvent.

Tous m’ont plus ou moins déçu ; le « monte 2 », l’edmundo, l’open, le petit edmundo. Le gran reserva, oui plus fin – mais quelle débauche de moyens pour trouver un cigare de qualité !

Ce maravilla est un cigare d’un autre temps. Un double robusto, à cape lisse, finement nervuré, bien rempli, avec une nette odeur de cuir et de boisé à cru. Le tirage à cru est cubain : ni ouvert, ni bouché, mais finalement sur ce cigare juste suffisant. C’est un superbe déboite mandibules, qui va prendre une bonne 1h30 à 2h à fumer.

A l’allumage c’est la surprise. Le cigare embaume l’atmosphère, la fumée à des notes oléagineuses et boisées, c’est l’extase pour les yeux, le nez et la bouche.

Ce cigare n’a pas de tiers, c’est une symphonie. Chaque bouffée amène un flot d’arômes très large et très fin. Je sais que je fume un Montecristo, mais la finesse est telle, que je suis ravi de trouver enfin un Monte qui m’enchante. La saveur est partagée entre un boisé très long, qui se termine sur des notes fongiques, et un terreux épicé. Au fur et à mesure de son évolution, les notes oléagineuses viennent s’ajouter et ajoute encore à un arôme riche.

Ce qui surprend plus que tout, c’est un côté crémeux indéfinissable. La fumée est une soie, douce, en volume suffisant, et les arômes ont une telle longueur.

Malgré une taille imposante, il se fume facilement, à s’en bruler les doigts avec une combustion parfaite.

Je vais conclure en disant que sur ma dizaine d’années de fumeur de cigare, ce cigare est le plus grand que j’ai fumé. Clin d’oeil du sort, c’est un Montecristo.

Comme dirait un pote « J’y pensais encore en m’endormant ».

Que dire de plus ? Que malheureusement, il est dur à trouver, voir introuvable, ce qui rend cette rencontre rare, et un moment d’exception, que je vous conseille aujourd’hui d’avoir à la Maison des Centraliens, actuellement le meilleur fumoir de Paris, et de laisser Nader, brillant barman du lieu, trouver l’accord à réaliser.