Cigare

CAO – La Traviata

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Je suis dans ma période de relecture intense de l’oeuvre de Saser-Masoch, et comme je suis interpellé par la recherche quasi morbide de la souffrance comme chemin au plaisir ultime qu’est arrivée une idée (stupide) : peut-être qu’en fumant un mélange de ce que j’aime de moins en moins, je trouverai le plaisir ultime du cigare ou alors je serai plongé dans une mélancolie que même un sport largos r&j pourrait guérir.

Bref, j’ai choisi de me transformer en fumeur de cigare croisé libriste alsaco, sauf que j’ai pas le toscano monté en série (faut quand même pas déconner !)
J’ai extirpé de mon humidaube ce cigare à la bague odieuse, ou plutôt j’ai extirpé un cigare emballé sous cellophane, comme si le contact des doigts poisseux des vendeurs était pire que celui des torcedors, ou alors qu’un flip flap nettoyé à l’anti fongique.
Déjà, rien que ça, ce cellophane, espèce de préservatif protégeant des moments de plaisirs transmissibles me dérange.

Bref.

Le cigare est assez banal, pas super beau, mais correct. Faut dire à sa décharge que je l’ai jeté dans la cave après achat il y a facilement plus d’un an et que l’envie ne m’a jamais saisi. Pire, pour être honnête, du jour où je l’ai acheté, je m’attendais à ce qu’il rejoigne ce stock d’infumables, composé de faux, des cadeaux des copains qui ont un copain qui, de camacho et mis à distance respectable des caves et armoires. Rien qu’à l’odeur (du tabac brun) je sens que je suis sur le fils caché du cortes et de la goldo.
Aujourd’hui, je me rends compte que dans ces goût qui peuvent sembler un peu obtus, finalement, il y a du bon sens. Ce cigare a le goût du tabac brun, pas une once de finesse, et force est de dire qu’il ne donne guère envie d’y passer du temps ou du plaisir. Cela aurait pu être magnifique : un cigare par un temps agréable, dehors après la pluie.
Non, il me laisse dans la bouche ces relents de tabac que j’ai connu dans ma période de fumeur de clopes, un goût qui hésite entre le terreux et le tabac brun, proche de l’Aja 17 fort. (Les connaisseurs comprendront)

Ils ont fait apparemment plusieurs modules, et c’est pas cher. En même temps, à ce tarif là, je connais des Por Laranaga bien meilleurs. Et plutôt que de se tartiner du casse noisette, autant aller chercher un peu de pain d’épice et de torréfié dans des vrais bons cigares. Un super partagas, un monte carlo, un majestic, un palma….

Probablement des plus indulgents le diront « sans prétention », « bon rapport qualité prix ». Ils peuvent et ce serait vrai. De là à dire qu’il est bon, ils ne peuvent pas : ce n’est pas vrai.

Disons que vu le prix, on a juste moins de remords de l’abandonner.  

Sur ce, je pars dans un fumoir me réconcilier avec l’alcool et le cigare !

Bolivar – Gigantes

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Voilà c’est fait. J’ai croisé le fer avec une légende. De mémoire je n’en avais fumé qu’un seul, il y a longtemps.

Récemment, j’ai fumé beaucoup de Bolivar, comme un revirement brutal de goûts, moi qui d’habitude aime les marques douces et arômatiques – San Cristobal, Hoyo, Vega Robaina.
Et là, une révélation suite à quelques Belicosos de la même marque, suivis de quelques Immensas.

En fait j’aime chez Bolivar ce côté franc, rustique et simple : difficile d’allumer un Bolivar et de se demander quelle marque on fume. Ce côté cèdre et épicé et cette force immédiate sont plaisantes.

J’ai profité de ce cigare aujourd’hui accompagné d’un pote, après un repas arrosé d’un gigondas (donc un vin qui ‘pèse’) des familles, donc il fallait un peu de jus et un peu de corps pour nous réveiller le palais un peu endormi.
On en a discuté pendant le repas, et finalement le consensus s’est fait sur ce cigare, dont nous avons trouvé une belle paire à la Civette du Parc à Saint Maur. Agréable car vieux, venant d’un cab de 50 et immédiatement fumables.
C’était un vrai bonheur : fermes car bien remplis, odorants, d’une couleur qui n’est guère marketing, bref un cigare de fumeur de cigare, qui donne envie et promet de grandes choses.
L’allumage est doux, avec un démarrage tout en douceur. La typicité Bolivar est déjà présente, mais très suave. L’épice domine le terreux, les arômes sont en place rapidement, et le cigare déroule, comme un bon gros pépère.
Je ne regrette absolument d’avoir pris toute la fin du cab et qu’il m’en reste quelques exemplaires. Chacun s’avère de belle construction et que ce soit moi ou un ami, chaque cigare était bon. 
Voilà un classique cubain, bien nait, un peu ‘force tranquille’ et très juste. Voilà le bon mot. C’est un cigare que je trouve être dans la justesse : évolution, force non écrasante, arômes présents, longueur.
Ces modules Julieta N°2 méritent le détour, car malgrè l’image puissante des cigares Bolivar, le module pparvient à donner un vrai caractère au cigare qui finalement ne devient réellement puissant que sur sa belle fin. – Bref à un moment où tous les fumeurs n’ont pas nécessairement envie d’aller plus loin.