Cohiba

Cohiba – B.H.K 56

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Je suis un peu froid de prime abord sur ces cigares, déjà les 52 et 54 m’ont beaucoup déçu de part une linéarité vraiment agaçante,mais aussi parce que je me sens un peu victime du marketing du bling quand j’achète ces cigares là. D’aucun pense que la passion n’est pas à l’aise avec la  gestion, il en ressort quand même qu’avec le B.H.K 56 on se demande si le cigare est un produit exceptionnel, vendu pour une feuille supplémentaire dite rarissime sur le plan de tabac (pas tant que ça vue la production…) ou si on fait face à un Siglo VI augmenté.

D’un point de vue cigaristique, Cohiba peut produire des cigars exceptionnels : Siglo VI Gran Reserva, Double Corona, Sublimes, Pyramides; mais elle peut aussi produire des cigares terriblement pénibles : Genios est le premier qui me vient à l’esprit.

Qu’en est-il de ce seigneur de la havane ?

En premier lieu, la bête est impressionnante. Une exécution parfaite, pas loin d’être un des plus beaux cigares que j’ai vu passer. On est loin de l’approximation cubaine, il est lisse, bien rempli, ferme, il sent bon l’épice et le cuir, jusqu’à la teinte, tout sent la justesse et ka qualité de fabrication. La perilla sur le bout ajoute un côté insolite. Le cepo est un peu gros, mais ça semble être la mode. La bague est simplement bling, et on se sent pendant quelques secondes en le portant à la bouche un peu kéké.

A cru, les arômes sont déjà riches, mais plus fin que la gamme 1942. On retrouve du végétal, de l’épicé et du torréfié, mais surtout un arôme présent et déjà riche.

L’allumage confirme : les premières bouffées sont douces, suaves, mais riches. C’est déjà étonnament large et bon et on se laisse emporter. J’ai ouvert à l’emporte piéce, et je dois dire que le tirage est très juste, avec un bon volume, et une fumée très odorante.

Sur l’ensembe de ceux que j ‘ai fumé, le premiers tiers se met en place toujours correctement, très fin, des aôrmes torréfiés, briochés, très crémeux. La cape est bien grasse, et laisse un goût assez prononcé sur les lèvres. En bref, on tire de grandes et lentes bouffées et on s’extasie.

Au fur et à mesure la puissance monte. Et là, la jeunesse peut trahir le BHK.Sur certains, il s’agit juste de plus de puissance, et d’une bonne linéarité avec des arômes qui se fondent, pour d’autre, un dégazage devenait nécéssaire pour ôter un peu d’amertume. Mais rien de bien grave au final.

C’est un brûle doigt, rasasiant, qui finit sur une belle puissance et un torréfié gourmand.

Vous l’aurez compris, autant les 52 et 54 m’ont déçu, autant le 56 me ravi. Reste le prix, indécent, et c’est un plaisir à considérer avec parcimonie, ou pour ceux qui peuvent, un excès à s’autoriser. Je suis vraiment charmé par la finesse de arômes dégagés et la qualité de ce cigare.

Cohiba – Corona Especiales

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Un beau palma, fin et élégant que j’ai découvert récemment sur les conseils d’un autre fumeur.

J’avoue qu’étant grand fan du Siglo IV et un peu ecoeuré par les brises machoires minuscules qui sortent en ce moment, à croire que le cigare devient un concours de grandes gueules à petits calibres, je trouve ces modules séduisants.

Un peu de finesse dans ce monde de brutes. Mais je deviens réactionnaire : un peu marre de cette mode débile des petits gros et autres short bidules; et de tous ces cigares qui en faisant mal au porte monnaie, donne plus l’impression d’avoir acheté des boules de geisha que des vitoles.

Il présente une belle cape, soyeuse, mais je dois dire que pour un Cohiba, je m’attendais à mieux en qualité de finition : un peu nervuré, pas vraiment tendu, et un peu mou. Sur l’ensemble, ils ont tous présenté un tirage léger, cubain, qui manque un peu d’ouverture à mon goût et les mêmes caractéristiques de roulage. D’aucun me dirait que ça dépend des boites, mais dans ces niveaux de gamme, ça me sembe toujours hallucinant de se dire que si on tombe sur une mauvaise boite « c’est le jeu ma bonne lucette ».  Ok qu’on puisse acheter 2/3 cigares pour se faire une idée..Mais de là à acheter 3 boites, c’est différent.

Le démarrage est très végétal, épicé, avec une typicité cohiba – moins crémeux et ronds que d’autres modules de la gamme. Il est bien dans l’esprit de la boutique, avec un démarrage plus rugueux que d’autres modules, probablement du fait de son cepo plus fin. Dans le désordre, il y a des notes végétales et de cèdre.

Très rapidement, le torréfié fait son apparition et rend cette vitole intéressante. Le tirage très cubain ainsi que palette me font penser à un hybride entre un Reyes et un Siglo IV. Et doucement, le végétal se fond avec le torréfié durant un second tiers très agréable. Ce qui rend l’expérience moins agréable est la construction : la cendre est légére, et parfois hazardeuse, mais rien de bien gênant pour un cigare, mais un peu plus quand on sait que c’est un cohiba censé représenter le haut du pavé Cubain et que l’on compare avec le soin qu’apporte des marques moins prestigieuses sur d’autres terroirs à leur fabrication.

Le cigare va evoluer sur un palette principalement torréfiée sur le dernier tiers, qui est très agréable, non dénué de puissance et qui laisse de belle notes en bouche.

Au final, un bon moment, un cigare très tea-time, pas extrêmement rassasiant, et suffisamment fin pour plaire à un amateur de cubain.
Je regrette vraiment une construction en deça de ce que Cohiba sait faire, si on compare ce module à la gamme Siglo ou même au simple Robusto, on est très loin du compte. Et ça joue car vu le tarif affiché (naturellement un tarif de Cohiba), c’est très décevant et surtout on trouvera mieux chez ERDM ou encore La Gloria Cubana.

Malgré ses qualités aromatiques, j’ai une impression très mitigée. Je ne peux m’empêcher d’être déçu pour un Cohiba et de trouver que la qualité de roulage est médiocre. Et la qualité d’un cigare est aussi visuelle, et ce plaisir est un peu absent. Un découverte que je suis content d’avoir faite mais de là à la renouveler…