Quai d’Orsay

Quai d’Orsay – Embajador

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Au délà du cigare en lui même, acheter cet Embajador est vraiment pour moi une expérience et à plusieurs titres :

– depuis quelques temps, nous sommes (et nous, ce sont les fumeurs de cigares, pas les tycoons en mal de reconnaissance sociale, pas les frimeurs en souffrance et tout ce pan marginal du cigare qui produit 99,9% de la mauvaise image du cigare en général) entrés dans une logique commerciale bizarre où « on » nous créé des Editions Régionales et Editions Limitées, parfois sans intérêt, aux prix franchement surévalués. L’interêt semble être davantage de ‘financiariser’ le cigare, et de faire du trading de vitoles ‘rares’ et ‘vintage’, ce qui me semble être le strict opposé moral et comportemental des fumeurs de cigares que je connais. Je trouvais déjà litigieux certains prix (comme BHK par exemple) où ça devient franchement ridicule de voir un produit cubain (avec ce que l’on connait des opinions politiques) vendu exclusivement à des élites financiéres du globe, mais là c’est limite de la création d’inflation à la demande.

– depuis quelques temps, le cigare devient comme tout produit que l’on vend comme un produit luxe un objet de satisfecit immédiat, et donc on le fume vite. C’est là qu’interviennent des cigares insignifiants que je nomme les Short Machins, où beaucoup essayent de trouver trois tiers, mais qui sont en réalité des cigares sushis. Si un débutant devait me demander comment aborder le cigare, je lui dirai déjà qu’il doit trouver le temps, et quoi qu’on en dise ou pense, commencer petit n’est pas le meilleur moyen de découvrir ce merveilleux univers. 
Le petit cigare est très rarement exceptionnel, souvent il chauffe, souvent la puissance est mal contrôlée ou écrasante et on en ressort au bout de 30 minutes avec un rapport tabac / saveur très disproportionné.

Quand le mélange, où la féé marketing se pense sur le berceau du short machin, on devine ce qu’il arrive souvent, nous découvrons Talleyrand fait cigare. c’est cher, c’est souvent bien présenté, c’est petit et c’est décevant au fumage.

Car c’est aussi ça le truc énervant : ils sont affreusement chers.

Bref, ce robusto (pas si petit que ça, ouf), qu’en est-il ? 
Soyons honnête, il n’est pas mauvais. C’est un quai d’orsay, et je pense du bien d’avoir des gammes comme cellle là ou Hoyo qui propose des cigares doux, plus appropriés à certains moments.

Il est dans la lignée Quai d’Orsay, brioché, rond, boisé, doux, et il est agréable à fumer. C’est un petit imperiales en quelques sorte. C’est donc un Quai d’Orsay banal. Mouai, à 12 € 90 piéce. C’est très cher. Je dirai même plus : c’est du vol. Un demi imperiales presqu’au prix du vrai; on est à 4€ du Lusithanias, ou du Sir Winston.

Dans l’expérience, je l’ai fumé en préparant un apéro dinatoire, en sirotant une moresque, et franchement, rien de fabuleux. Comme je l’ai dit plus haut, c’est un Quai d’Orsay sans rien de particulier.

Quand je lis : « Cette édition limitée est l’aboutissement d’un travail de plusieurs années avec Habanos »  par Antoine Bathie (directeur cigares premium d’Imperial Tobacco). J’ai envie de lui dire :

– Soit Imperial Tobacco et Habanos ont de sévéres problèmes de productivité ou sont remplis de gens dénués de talent
– Soit, tu nous prends nous fumeur véritablement pour des cons, voir pire, tu nous ignores, au profit de l’économie cigaristique. Tu vends hors de prix des produits pas terribles à des gens qui n’y comprennent rien, mais qui achéterons une boite numérotée, qui vaudra de l’argent demain (et plus, que le cigare aussi se décomplexe, et inventon le multi trading facility du cigare bordel, il doit bien y avoir un marché encore juteux quelque part dans le monde pour s’en foutre plein les fouilles avec la paresse intellectuelle de faire des produits pas terribles mais vendable, bref d’être médiocre mais avec des billets dans les poches.)

Enfin synthétiquement, cher Antoine, comme tu semble être persuadé que nous allons gober cett odieuse sentence qui ressemble plus à une éjaculation du cervelet d’un consultant en communication qu’à l’esprit passionnel et entrepreneurial d’un Cyril Pelletier ou d’un Didier Houvenaghel : Et mon cul c’est du poulet ???????

L’embajador est une arnaque cigaristique. Imaginons que je prenne du coca, que je le mette dans des bouteilles améliorées d’une bague « édition locale » d’une contenance 50% inférieure, pour un prix équivalent en disant que le nombre de bouteilles est limité. Et voilà la nouvelle recette destinée au marché Français. A croire que BHL s’est reconvertit en consultant marketing…. A défaut, l’embajador peut servir de plug biais à la découverte de nouvelles sensations.

Pour rester dans l’esprit de la clientéle de ces produits et dans l’esprit de franche camaraderie cigaristique qui semble animer les « créateurs » de ces ignominies, reco négative, et moi je shorte.

Quai d’Orsay – Imperiales

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Quai d’Orsay est une marque à part dans l’univers Cubain. Ils sont souvent présentés comme des cigares de débutant du fait de leur douceur, principe un peu réducteur, la douceur ne signifiant pas nécessairement un manque de complexité ou une qualité moindre.

La douceur est aussi en mon sens une caractéristique appréciable dans un cigare si elle n’est pas une source de frustration et ce serait lassant de ne trouver que de la qualité dans la puissance.

L’imperiales est un cigare de belle construction, le cigare est toujours ferme, très finement nervuré, avec une belle cape claro. A cru, il sent le foin, l’étable, et le tirage est très cubain. La bague est sobre, je lui trouve un aspect combinant bien sobriété et gourmandise.

L’allumage est facile et très doux, quasiment trop même. Il démarre sur des notes boisée, et évolue vite vers le patissier et le grillé. L’évolution est douce, réguliére et la combustion est sans faille. Le tirage peut être un peu étroit.

C’est un cigare que j’apprècie dans les belles journées autour d’un café, avec lequel je trovue qu’il se marie bien.

Depuis que je connais ce cigare, malheureusement, j’ai aussi expérimenté des exemplaires bouchés, souvent au niveau du pied qu’une coupe franche libère, et une grande fragilité de la cape (attention à ceux qui aiment « tripoter de la vitole » en la fumant).

C’est effectivement une belle initiation a un des modules les plus intéressants dans le cigare, le churchill, et un cigare abordable en termes d’équilibre saveur / puissance. Peut être un amateur chevrronné manquera de puissance ou sera frustrant si seul. C’est un cigare mondain, au sens où on l’apprécie en compagnie, en partage, qui passe bien avec un alcool d’apéritif, ou dansun déjeuner en extérieur. Je trouve qu’il a un côté passe partout très plaisant.