Cubain

R&J – Roméo N°3 Tubos, et la shortification

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Pousse au vice notoire, le fait d’avoir proche de soi un fumeur de cigare qui aime aussi la parlotte.

C’est ainsi que fréquentant depuis quelques mois les pavés à milf que sont les champs dans cette bonne vieille Paris, il se peut que je passe débaucher l’ami Emmanuel pour shortifier après une dure journée de labeur. Ce néologisme, issu du premier consumé de la sorte, décrit simplement le fait de s’en glisser un petit dans le buffet en papotant, le tout en profitant de la terrasse du bar – restaurant situé juste après le drugstore qui faute de nous faire houspiller par les clients nous a semblé être « cigar friendly ».

Pour Shortifier ce soir là, Emmanuel a choisi des roméo N°3 Tubos. Je n’ai rien contre, vu que je ne connais foutrement rien à tous ces petits modules. Mais je fais confiance au nouvel homme de l’art. Après avoir écumé quelques tubes, nous en trouvons deux sympas. J’avoue que je trouve toujours ces petits modules d’apparence frustrante.

Après avoir essuyé une peu de germaniité (pour ceux qui ne suivent pas, c’est une étape – bien que désagréable – obligatoire à une shortification) nous prenons la direction de la sortie, on trouve deux chaises, deux coupes de champagne rosé et on s’attaque aux petits roméo.

De prime abord, je dois qu’au nez, on reconnait immédiatement la patte R&J. Boisé, poivré, légèrement suave. Je suis assez surpris des arômes de ce petit gars. Ca me semble plus prometteur que le short, et l’allumage confirme. C’est pas le grand cigare dont on va éjaculer des lignes entières de jouissance olfactive, mais par consensus, pour une soirée, une coupe et une discussion entre copain, il est franchement honnête. Pas excessif de puissance (bien vu la taille), un peu de rondeur, du goût.

Ca calmera pas les grosses faims, ça mettra eventuellement en appêtit. En tous les cas, on fume du roméo, ça envoie un boisé poivré tout du long, le combusation fut nickel chrome, le tirage juste et les arômes présents. Le tout a un prix très léger. J’y reviendrai avec plaisir un de ces quatres. Et la combinaison avec un Taittinger Rosé était bien belle.

Partagas – Germaine et le Short

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Ne soyons ni faux derche ni bégueule, jusqu’à présent, je trouvais le short médiocre, un peu comme une entrée de gamme cigaristique qu’on propose aux débutants, un peu comme si de boire du beaujolais mal vinifié (quand il l’est;..) permettait de se découvrir une passion dans l’oenologie.

J’avoue ne jamais avoir copris ces histoires de vieillissement de short, que je voyais un peu comme une geekerie, ces genre d’expériences fumeuses que l’on mène sur du matériel d’entrée de gamme et qui par mythe transcende même le haut du pavé et réservées aux plus virtuels d’entre nous.

Bref, un avis pas hyper positif et un intérêt mou pour cette vitole – déjà elle se nomme « short ».

Remontant les champs après une petite journée, je me sens passer au drugstore, serrer la pogne d’Emmanuel, le sympathique jeune vendeur et en profiter pour m’acheter quelques vitoles. Emmanuel a d’ailleurs une triple qualité :
1 – Il bosse bien, l’accueil est sympathique et dans la mesure du possible il renseigne
2 – Il est patient, et il gére des cas…sympathiques – si pas sociaux type caviar
3 – Il travaille de concert avec une cossarde qui semble agitée d’un syndrome des jambes sans repos ainsi que d’un intérêt pour son cigare qui est proche de l’insomniaque devant histoires naturelles. Je pense que son prénom (disons Germaine) pourrait être anglicisé de façon à produire un ité, comme Germainité, définissant l’attitude du vendeur qui n’aime ni son métier, ni d’ailleurs les clients.

Je crois sans mentir que c’est la première fois que je vois un mec vouloir rentrer dans le walk in alors qu’il est plein (5 personnes) en disant ‘C’est pour acheter une boite’. Einstein, si tu me lis – ce qui m’étonnerait.

Passé ce tohu bohu, et avoir trompé l’attente en regardant la cave à vin, d’un entendu et d’un ennui sans nom, Emmanuel peut enfin prendre sa première pause, difficile avec un collègue qui est là 1 minute sur 2, et me propose un petit Short.

C’est avec le même entrain que sa collègue nous encaisse – si c’était un mec, je me serais presqu’attendu à ce qu’elle se gratte le matos de nonchalance- et sa seule recommandation et de ne pas rester seule trop longtemps et 30 minutes max.

Bref, arrivés dehors, on se trouve une petite terrasse juste à côté et on s’enfourne les shorts. Bref je vais pas en faire une éloge, mais stricto sensu :
1 – C’est un partagas
2 – En discutant avec un pote en terrasse avec un kawa ou autre, ça se fume.
3 – Ca produit un volume de fumée sympathique qui perturbe la scéance canapé comptoir des gigis peuplant la faune locale.

Voilà. C’est pas hyper fin, c’est même rustique, mais la fuma partagas est là. Un peu de puissance, des arômes fongiques, de cuir, bref, il fait le job. Il n’a pas vraiment d’évolution, en même temps vu la taille du truc, ce serait de l’ordre d’une évolution toutes les trois bouffées.

Là où je mets un bémol, c’est que ça se fume en 35 minutes, le temps de pétasser entre burnes, et ça, c’est dangereux.
Voilà pas que la folle enrage son ‘imitvuiton’ au poigné que la fuma dure 35 minutes et pas 30 minutes. Moi j’ai envie de te dire cocotte, le short, c’est un short finger dans ta face.

Et merci Emmanuel pour cette drolatique expérience ! Promis, j’achète une boite et on lui fait le coup tous les soirs de novembre !